Dévotion

La prière de Fatima au chapelet : texte et place

Publié le 11 min de lecture

Sommaire
  1. En bref
  2. La prière de Fatima, texte entier
  3. D'où vient la prière de Fatima
  4. Comment prier le chapelet de Fatima
  5. Prier le rosaire de Fatima
  6. Prier le chapelet avec Notre-Dame de Fatima
  7. Ajoutez-la dès votre prochaine dizaine
  8. Questions fréquentes
  9. Ajoutez-la dès la prochaine dizaine

La prière de Fatima se dit à la fin de chaque dizaine du chapelet, juste après le Gloire au Père. Elle commence par « Ô mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés ». Elle est rattachée aux apparitions de 1917 à la Cova da Iria, au Portugal. Elle est facultative : aucun texte du magistère ne promulgue cette formule, les livrets qui l'impriment ne s'accordent pas mot pour mot, et Jean-Paul II décrit seulement, à cet endroit du chapelet, « une oraison jaculatoire, qui varie suivant les circonstances ».

En bref

  • Sa place : après le Gloire au Père, à la fin de chacune des cinq dizaines.
  • Son texte est donné en entier plus bas, dans la forme reçue en français.
  • Son origine : les apparitions de 1917 à Fatima, au Portugal.
  • Elle est facultative. Un chapelet dit sans elle est un chapelet entier.
  • Aucun texte romain ne fixe son texte, et les versions imprimées varient d'un livret à l'autre. Nous le disons parce que c'est vrai.

La prière de Fatima, texte entier

Le texte

Prière de Fatima
Ô mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l'enfer,
conduisez au ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.

C'est la forme de l'usage courant, et ce n'est pas la seule. Le livret du rosaire publié par l'Église catholique en France imprime « conduisez toutes les âmes au ciel » là où beaucoup disent « conduisez au ciel toutes les âmes », avec des points-virgules à la place des virgules. Aucune de ces versions n'est fautive, parce qu'aucune n'a été fixée par un texte officiel. Le fond, lui, ne bouge pas : trois demandes, le pardon, la préservation et le salut de toutes les âmes, celles qui ont le plus besoin de miséricorde en premier.

Où elle se place exactement

À la toute fin de la dizaine, après le Gloire au Père, avant d'annoncer le mystère suivant. Pas avant le Notre Père, pas entre les Je vous salue Marie. Si vous priez à plusieurs, c'est souvent la personne qui a mené la dizaine qui la commence, et l'assemblée qui la reprend. Le Gloire au Père qui la précède est détaillé dans le Gloire au Père du chapelet, avec sa propre précision de texte, et le Notre Père d'ouverture dans le chapelet et le Notre Père.

Ce qu'aucun texte officiel ne fixe

Autant le dire franchement, parce que beaucoup de pages l'écrivent à l'envers. Aucun texte du magistère ne promulgue cette formule. Les pages du Vatican consacrées au rosaire ne la citent pas : elles écrivent seulement que « pour chaque dizaine du chapelet, on peut ajouter une invocation », sans en préciser le contenu. L'Église catholique en France, elle, l'imprime dans son livret du rosaire, mais elle en donne deux à cet endroit sans les hiérarchiser, la seconde étant « O Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous ». Et Jean-Paul II, au numéro 35 de Rosarium Virginis Mariae, constate : « Dans la pratique courante du Rosaire, la doxologie trinitaire est suivie d'une oraison jaculatoire, qui varie suivant les circonstances. » La prière de Fatima est l'une de ces oraisons. Un usage, pas une règle.

D'où vient la prière de Fatima

Les apparitions de 1917

Le 13 mai 1917, trois enfants gardent des troupeaux à la Cova da Iria, près de Fatima. Les apparitions se poursuivent les mois suivants. Deux des trois voyants, François et Jacinthe Marto, ont été béatifiés au sanctuaire par Jean-Paul II le 13 mai 2000, puis canonisés au même endroit par le pape François le 13 mai 2017, pour le centenaire.

L'apparition de juillet

C'est à l'apparition du 13 juillet 1917 que la tradition rattache cette prière. Le dossier publié par Rome en 2000 reproduit le récit de sœur Lucie, la troisième voyante : « La première fut la vision de l'Enfer. Notre-Dame nous montra une grande mer de feu ». C'est de cette apparition que viennent les demandes de réparation attachées à Fatima. La prière de Fatima met en mots cette intercession pour les pécheurs, à l'endroit du chapelet où elle tient en deux lignes. Le récit vient des mémoires de sœur Lucie et non d'un acte du magistère : c'est pourquoi le texte circule sans version de référence.

Ce que l'Église a reconnu, et ce qu'elle n'a pas fixé

L'Église a reconnu ces apparitions le 13 octobre 1930, par la lettre pastorale de l'évêque de Leiria, béatifié puis canonisé deux des voyants, et publié en 2000 le dossier complet du secret de Fatima. Elle n'a jamais promulgué de formule de prière. Une révélation reconnue n'oblige personne, et un usage né d'elle reste un usage. Vous pouvez donc l'adopter en confiance ; et si vous ne la dites pas, vous n'avez rien retranché à votre chapelet.

Comment prier le chapelet de Fatima

La dizaine, prière par prière

Le Vatican résume la dizaine ainsi : on annonce le mystère, on médite un bref instant, puis un Notre Père, dix Je vous salue Marie, un Gloire au Père. La prière de Fatima vient se poser à la suite. Voici l'ordre complet, tel qu'on le dit en France.

Rang Ce qu'on dit Statut
1 Annonce du mystère Structure
2 Bref temps de méditation Structure
3 Un Notre Père Structure
4 Dix Je vous salue Marie Structure
5 Un Gloire au Père Structure
6 La prière de Fatima Usage, facultatif

Les cinq premières lignes sont le chapelet lui-même, décrit tel quel par le Vatican. La sixième est l'ajout. La même logique vaut pour l'ouverture, signe de croix et Credo du chapelet, et pour la prière après le rosaire : usages français, largement reçus, jamais obligatoires. Si vous ajoutez une intention à chaque dizaine, voyez aussi la clausule du chapelet, qui répond au même besoin par un autre chemin.

Il n'y a donc pas de chapelet de Fatima à part : la prière s'ajoute sur celui que vous tenez déjà. Si vous cherchez le vôtre, nos chapelets sont classés par forme, par matière et par couleur, pour choisir sur des critères clairs.

Le Gloire au Père qui la précède

Gloire au Père
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit,
comme il était au commencement, maintenant et toujours,
pour les siècles des siècles.
Amen.

Même honnêteté ici : c'est l'usage français du chapelet, et non un texte promulgué. Le Saint-Siège en donne d'ailleurs, sur sa page du Rosaire, une version qui diffère par la ponctuation et par la fin, « et dans les siècles des siècles » au lieu de « pour les siècles des siècles ». Attention aussi à ne pas le confondre avec la doxologie de la liturgie des Heures, « au Dieu qui est, qui était et qui vient » : le Saint-Siège l'emploie d'ailleurs à l'ouverture du chapelet, sur cette même page, mais pas à la fin des dizaines. Les deux sont justes, chacune à sa place. Pour la forme latine des prières de la dizaine, voyez le chapelet en latin.

Prier le rosaire de Fatima

Rosaire ou chapelet, la prière ne change pas

Un chapelet est de cinq dizaines, le rosaire complet en compte vingt. La prière de Fatima se dit à chaque dizaine, donc cinq fois dans un chapelet, vingt fois dans un rosaire. Elle ne change ni de texte ni de place selon la série méditée. Le cadre général est posé dans le rosaire de Marie, et la liste des séries dans les mystères du chapelet.

Quels mystères, quel jour

La question revient toujours, et la réponse a changé. Jean-Paul II rappelle en 2002 l'usage reçu : « le lundi et le jeudi sont consacrés aux mystères joyeux, le mardi et le vendredi aux mystères douloureux, le mercredi, le samedi et le dimanche aux mystères glorieux ». Puis il propose de déplacer au samedi la deuxième méditation des mystères joyeux, et conclut : « Ainsi, le jeudi reste opportunément libre pour la méditation des mystères lumineux. » La répartition des mystères dans la semaine a donc changé en 2002, avec la lettre apostolique Rosarium Virginis Mariae.

Jour Depuis 2002 Avant 2002
Lundi Joyeux Joyeux
Mardi Douloureux Douloureux
Mercredi Glorieux Glorieux
Jeudi Lumineux Joyeux
Vendredi Douloureux Douloureux
Samedi Joyeux Glorieux
Dimanche Glorieux Glorieux

Deux jours seulement ont bougé, le jeudi et le samedi. Le vendredi est douloureux dans les deux répartitions, sans exception, parce qu'il est le jour de la Passion. Ceux qui suivent encore l'usage antérieur ne se trompent pas. Pour la série du jour, voyez le chapelet du jour, et pour la structure de chaque série les 5 mystères du rosaire.

Prier le chapelet avec Notre-Dame de Fatima

Le sanctuaire porte le titre de Notre-Dame du Rosaire

Le détail se remarque peu et il dit beaucoup. Le lieu où Jean-Paul II a béatifié les deux enfants en 2000 s'appelle le sanctuaire de Notre-Dame du Rosaire de Fatima. Prier le chapelet avec Notre-Dame de Fatima n'est donc pas une dévotion à côté du rosaire : c'est le rosaire, sous le titre que le sanctuaire lui donne. Voyez Notre-Dame du Rosaire et prier Notre-Dame du Rosaire.

Les premiers samedis

Le dossier romain sur le message de Fatima cite, parmi les demandes reçues, « la communion réparatrice des premiers samedis ». Ce n'est pas un samedi isolé : le Directoire sur la piété populaire nomme cette dévotion « la pratique des Cinq premiers samedis du mois », au paragraphe 174, et précise au même endroit qu'il s'agit de « la communion sacramentelle des Cinq premiers samedis consécutifs ». Cinq mois de suite, donc. Cette pratique est associée à la consolation et à la réparation, et détaillée dans le chapelet de Fatima, consolation et réparation. Elle se prend seule ou avec la prière de fin de dizaine, l'une n'appelant pas l'autre.

Ce que cette prière demande, et ce qu'elle ne promet pas

Beaucoup arrivent ici en cherchant une prière qui marche, ou le chapelet le plus fort. La demande se comprend : on ne cherche pas ça quand tout va bien. Mais lisez le texte, il ne promet rien. Il demande. Il demande le pardon, la préservation, le salut des âmes. C'est même sa particularité : sur ses trois demandes, la dernière déborde celui qui prie, puisqu'elle porte sur toutes les âmes. Une prière n'est pas un levier qu'on actionne, c'est une relation qu'on tient. Nous développons ce point dans le chapelet puissant et pourquoi prier le chapelet. Pour porter une intention précise, voyez les intentions de prière pour le chapelet, le chapelet pour les âmes du purgatoire et le chapelet pour la paix dans le monde.

Ajoutez-la dès votre prochaine dizaine

Ne changez rien d'autre. Ce soir, dites votre chapelet comme d'habitude, et après le Gloire au Père de la première dizaine, ajoutez ces deux lignes. Vous verrez qu'elles referment la dizaine au lieu de la rallonger : elles donnent une fin nette à ce que vous venez de méditer, avant d'annoncer le mystère suivant. C'est souvent par elle qu'on entre dans un chapelet médité, puis dans l'habitude de réciter le rosaire tous les jours. Octobre, mois du rosaire, reste le moment où beaucoup s'y mettent.

Questions fréquentes

Comment prier le chapelet de Fatima ?

Comme un chapelet ordinaire, en ajoutant la prière de Fatima après le Gloire au Père de chacune des cinq dizaines. Il n'y a ni mystère propre, ni nombre de dizaines particulier, ni objet spécial. C'est le chapelet, avec une invocation de plus à chaque fin de dizaine.

Comment prier le rosaire de Fatima ?

De la même façon, sur les vingt mystères au lieu de cinq. La prière se dit alors vingt fois, une par dizaine. Son texte ne varie pas selon la série méditée.

Comment prier le chapelet avec Notre-Dame de Fatima ?

En priant le rosaire, tout simplement. Le sanctuaire de Fatima est dédié à Notre-Dame du Rosaire, et ce que Rome a publié du message tient dans un appel à la prière et à la réparation. Ajouter la prière de fin de dizaine suffit à rattacher son chapelet à Fatima.

Où se place exactement la prière de Fatima ?

Après le Gloire au Père qui clôt la dizaine, et avant l'annonce du mystère suivant. Jamais au milieu des Je vous salue Marie.

Ajoutez-la dès la prochaine dizaine

Il n'y a rien à préparer : dites votre dizaine comme d'habitude, et après le Gloire au Père, ajoutez les deux phrases données plus haut. Au bout de trois jours, elles viennent seules.

Aucun objet particulier n'est requis non plus, puisque c'est le chapelet ordinaire qui porte cette prière : nos chapelets sont classés par matière et par taille de grain, le chapelet de Fatima tenant son nom du lieu et non d'une disposition propre. Pour une dizaine dite en chemin, un dizainier suffit.