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Clausule du chapelet : définition, place et texte

Publié le 11 min de lecture

Sommaire
  1. En bref
  2. Ce qu'est une clausule du chapelet
  3. D'où viennent les clausules
  4. Une clausule pour chacun des vingt mystères
  5. La clausule suit le jour, parce que le mystère suit le jour
  6. Les dire à plusieurs sans casser le rythme
  7. Questions fréquentes
  8. Essayez sur une seule dizaine

Une clausule est une courte phrase ajoutée après le nom de Jésus, dans le Je vous salue Marie, pour rappeler le mystère médité. On dit alors : « et Jésus, que vous avez conçu du Saint-Esprit, est béni. » Le Directoire sur la piété populaire y voit un élément ancien, jamais tout à fait disparu ; Jean-Paul II le qualifie en 2002 de « pratique louable, spécialement dans la récitation publique ». Aucun texte n'en fixe le libellé, mais le Directoire pose quatre critères : appropriée, la même pendant toute la dizaine, brève, fidèle à l'Écriture et à la liturgie.

En bref

  • La clausule se greffe sur le nom de Jésus, au milieu du Je vous salue Marie, et se dit aux dix grains de la dizaine.
  • Modèle courant en français : « ... et Jésus, [clausule], est béni. »
  • Elle change à chaque dizaine, avec le mystère. Cinq mystères, donc cinq clausules par chapelet.
  • Aucun texte ne l'impose : Paul VI la décrit, Jean-Paul II la juge louable, le Directoire y voit une aide de qualité. Personne ne la prescrit.
  • Aucune liste officielle. Les mystères lumineux, institués en 2002, n'ont aucune clausule venue de Rome.

Ce qu'est une clausule du chapelet

Le mot vient du latin clausula, la petite proposition qui termine une phrase. Dans le chapelet, c'est une phrase brève, greffée sur le nom de Jésus, qui nomme l'événement médité pendant la dizaine.

Où elle se place dans le Je vous salue Marie

Le texte de référence donné par l'Église catholique en France est celui-ci :

Je vous salue Marie, pleine de grâce ;
Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous pauvres pécheurs,
Maintenant et à l'heure de notre mort. Amen

Les deux textes romains disent la même chose de sa place. Le Directoire : la clausule « est constituée de quelques mots qui suivent le nom de Jésus, et ont un rapport avec le mystère énoncé ». Paul VI, vingt-sept ans plus tôt : « faire suivre le nom de Jésus, dans chaque Ave Maria, de la mention du mystère énoncé ». Elle vient donc immédiatement après « Jésus », et nulle part ailleurs.

Dans l'usage français, elle prend la place de « le fruit de vos entrailles ». La quatrième ligne devient : « Et Jésus, que vous avez conçu du Saint-Esprit, est béni. » En latin, la question ne se pose même pas : la première moitié de l'Ave Maria se termine sur le mot Iesus, et la clausule tombe à la suite sans rien déplacer. Si vous priez le chapelet en latin, vous verrez qu'elle s'y loge sans effort.

Ce que la clausule n'est pas

Elle ne remplace pas l'annonce du mystère en début de dizaine, elle la prolonge dans chaque Je vous salue Marie. Elle n'est pas non plus une méditation : elle sert à ce que la méditation du chapelet ne décroche pas entre le premier et le dixième grain.

D'où viennent les clausules

Un élément ancien que Rome ne date pas

Le Directoire sur la piété populaire et la liturgie, de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, daté du 17 décembre 2001, la présente au numéro 201 comme « cet élément ancien » qui n'a jamais complètement disparu, et note qu'« un certain nombre de Pasteurs et d'experts ont maintes fois suggéré de reprendre l'usage de la "clausule" ». C'est tout ce que disent les textes romains sur son origine : aucun ne nomme un inventeur, aucun ne donne une date. La clausule a vécu dans les livrets et les usages locaux, pas dans un décret.

Le cadre où elle se loge, lui, est daté. L'Église catholique en France écrit : « C'est à un chartreux, Dominique de Prusse (dès 1409 à Trèves) qu'il faut attribuer l'institution du Rosaire tel qu'on le connaît avec ses quinze mystères et ses cent cinquante "Je vous salue Marie". Jean-Paul II a rajouté en 2002 cinq nouveaux mystères. » Quinze, c'est donc la forme du rosaire avant l'ajout des mystères lumineux. Cette page date le rosaire, elle ne dit rien de la clausule. Nous revenons ailleurs sur l'origine du chapelet.

Paul VI, en 1974

Au numéro 46 de l'exhortation apostolique Marialis cultus, Paul VI ne demande rien : il constate. « On sait que, précisément pour favoriser la contemplation et pour que l'intention corresponde aux paroles, on avait jadis l'habitude », écrit-il, « de faire suivre le nom de Jésus, dans chaque Ave Maria, de la mention du mystère énoncé. » Il précise dans la même phrase que « cette coutume existe encore en diverses régions ». Le verbe est au passé : Paul VI décrit un usage, il ne le recommande pas.

Jean-Paul II, en 2002

Jean-Paul II reprend le sujet dans Rosarium Virginis Mariae, au numéro 33. Il pose d'abord ce constat : « Le centre de gravité de l'Ave Maria, qui est presque comme une charnière entre la première et la seconde partie, est le nom de Jésus. » Il rappelle ensuite l'usage signalé par Paul VI, « donner du relief au nom du Christ, en ajoutant une clausule évocatrice du mystère que l'on est en train de méditer », et le juge en une phrase : « C'est une pratique louable, spécialement dans la récitation publique. »

Louable, jamais imposée. Aucun des deux papes ne la prescrit, et le Directoire n'en fait pas davantage : il y voit une aide, pas une obligation. Un chapelet sans clausules reste un chapelet entier.

Une clausule pour chacun des vingt mystères

Aucun texte du magistère ne fixe le libellé des clausules, et c'est pourquoi les listes trouvées en ligne ne coïncident jamais tout à fait. Le Directoire en donne en revanche les critères, au numéro 201 : « Une clausule appropriée, permanente pour chaque dizaine, brève dans son énoncé et fidèle à la Sainte Écriture et à la Liturgie, peut constituer une aide de qualité en vue de la prière méditée du saint Rosaire. » Quatre exigences, aucune formule imposée : ajustée au mystère, la même phrase pendant les dix grains, courte, fidèle à l'Écriture et à la liturgie. Les formulations ci-dessous sont les nôtres. Elles tiennent ces quatre critères et suivent les quatre séries dans l'ordre où le Vatican les publie. Prenez-les telles quelles, ou comme patron.

Série Mystère « et Jésus, ... , est béni »
Joyeux L'Annonciation que vous avez conçu du Saint-Esprit
La Visitation que vous avez porté chez Élisabeth
La Nativité à Bethléem que vous avez mis au monde à Bethléem
La Présentation au Temple que vous avez présenté au Temple
Le recouvrement au Temple que vous avez retrouvé parmi les docteurs
Lumineux Le Baptême au Jourdain qui a été baptisé dans le Jourdain
Les noces de Cana qui s'est manifesté aux noces de Cana
L'annonce du Royaume qui a annoncé le Royaume et appelé à la conversion
La Transfiguration qui s'est transfiguré devant ses disciples
L'institution de l'Eucharistie qui a institué l'Eucharistie
Douloureux L'agonie à Gethsémani qui a connu l'angoisse à Gethsémani
La flagellation qui a été flagellé
Le couronnement d'épines qui a été couronné d'épines
La montée au Calvaire qui a porté sa croix jusqu'au Calvaire
La mort en croix qui est mort sur la croix pour nous
Glorieux La Résurrection qui est ressuscité le troisième jour
L'Ascension qui est monté auprès du Père
La Pentecôte qui a envoyé l'Esprit Saint sur les Apôtres
L'Assomption qui vous a prise auprès de lui
Le Couronnement de Marie qui vous a couronnée de gloire

Le détail de chacun est dans notre article sur les 20 mystères du rosaire et leurs fruits.

Vouvoiement ou tutoiement, tenez la même ligne

Les jeux anciens circulent souvent au tutoiement, « que tu as conçu du Saint-Esprit », parce qu'ils accompagnent un Je vous salue Marie au tutoiement. Le texte de référence donné plus haut est au vouvoiement. Prenez la clausule dans la même personne que l'Ave que vous récitez, sinon la phrase se casse au dixième grain.

Les mystères lumineux et le rosaire de Jean-Paul II

Les mystères lumineux datent de 2002, et la lettre qui les institue ne propose aucune clausule. Rosarium Virginis Mariae ne prononce le mot qu'une seule fois, au numéro 33, pour juger la pratique louable, et n'en donne pas une. Ni le Directoire ni Marialis cultus n'en publient davantage. Les formules qui circulent pour ces cinq dizaines sont donc des compositions privées, les nôtres comprises : aucune n'est plus autorisée qu'une autre.

La clausule suit le jour, parce que le mystère suit le jour

Puisqu'elle nomme le mystère, la clausule change avec les mystères du chapelet, donc avec le jour. Sur ce point, la répartition a changé en 2002.

Rosarium Virginis Mariae rappelle d'abord l'usage reçu : « Selon l'usage courant, le lundi et le jeudi sont consacrés aux mystères joyeux, le mardi et le vendredi aux mystères douloureux, le mercredi, le samedi et le dimanche aux mystères glorieux. » En instituant les mystères lumineux, Jean-Paul II conseille de « déplacer au samedi la deuxième méditation hebdomadaire des mystères joyeux », le jeudi restant « libre pour la méditation des mystères lumineux ».

Jour Depuis 2002 Avant 2002
Lundi Joyeux Joyeux
Mardi Douloureux Douloureux
Mercredi Glorieux Glorieux
Jeudi Lumineux Joyeux
Vendredi Douloureux Douloureux
Samedi Joyeux Glorieux
Dimanche Glorieux Glorieux

Le vendredi est douloureux dans les deux colonnes, avant comme après 2002. Si quelqu'un annonce des clausules joyeuses un jeudi, il ne se trompe pas : il suit l'usage antérieur, que la lettre de 2002 réaménage sans l'abolir. Détail jour par jour dans notre article sur le chapelet du jour.

Les dire à plusieurs sans casser le rythme

Jean-Paul II vise d'abord la récitation publique, et c'est là que la clausule demande un peu d'organisation. Celui qui mène annonce le mystère, puis dit la clausule en entier dès le premier Je vous salue Marie et la répète telle quelle aux neuf suivants : le Directoire la veut « permanente pour chaque dizaine ». Là où le groupe se partage l'Ave, le meneur disant la première moitié et l'assemblée la seconde, elle revient forcément au meneur : elle est à l'intérieur de la première moitié.

Seul, elle ralentit simplement le débit, et rend visible le moment où l'attention est partie : on s'entend réciter le Je vous salue Marie du chapelet sans la phrase du mystère.

Questions fréquentes

C'est quoi une clausule dans le chapelet ?

Une courte phrase ajoutée après le nom de Jésus, à l'intérieur du Je vous salue Marie, qui rappelle le mystère médité pendant la dizaine. Exemple pour l'Annonciation : « et Jésus, que vous avez conçu du Saint-Esprit, est béni. »

Où place-t-on exactement la clausule ?

Juste après le nom de Jésus : le Directoire parle de « quelques mots qui suivent le nom de Jésus ». Dans l'usage français, cela revient à la quatrième ligne, à la place de « le fruit de vos entrailles ». Elle reste accrochée à ce nom, que Jean-Paul II appelle le centre de gravité de la prière.

Existe-t-il des clausules pour le rosaire de Jean-Paul II ?

Pas de sa main. Il institue les mystères lumineux en 2002 et juge la clausule louable, mais il n'en publie aucune. Celles qui circulent pour ces cinq dizaines sont des compositions privées, sans statut officiel.

Peut-on composer ses propres clausules ?

Oui, il n'existe pas de liste officielle. Le Directoire demande seulement qu'elle soit ajustée au mystère, la même pendant toute la dizaine, brève, et fidèle à l'Écriture et à la liturgie. En pratique : partez du nom du mystère et tournez-le en relative attachée à Jésus. Une clausule qui ne tient pas dans un souffle sera abandonnée à la troisième dizaine.

Essayez sur une seule dizaine

Inutile de reprendre tout un chapelet d'un coup. Prenez la première dizaine du prochain, une seule clausule, celle du mystère du jour, et dites-la dix fois. Vous saurez aussitôt si elle vous garde attentif ou si elle vous encombre. La suite se décide là, pas dans une liste.

Elle se dit grain après grain, ce qui suppose un chapelet dans la main : nos chapelets sont rangés par forme, par matière et par couleur. Pour l'essai sur une seule dizaine, un dizainier suffit : le dizainier doigt tient sur une phalange et ne se démonte pas, de quoi répéter dix fois la même clausule sans lâcher ce qu'on fait.