Le scapulaire du Carmel : ce qu'il est, comment le recevoir
Sommaire
En bref
- Le scapulaire du Carmel est un habit religieux réduit : deux morceaux d'étoffe brune reliés par des cordons, portés sur les épaules.
- Il ne s'achète pas comme on achète un bijou : il se reçoit par imposition d'un prêtre, une seule fois, qui inscrit le fidèle à la confrérie.
- Depuis 1910, il peut être remplacé par une médaille, mais la première imposition doit se faire avec l'étoffe.
- La vision de saint Simon Stock (1251) relève de la tradition, pas de l'histoire établie : aucun document contemporain ne l'atteste.
- Scapulaire et rosaire sont les deux dévotions mariales que l'Église lie le plus souvent l'une à l'autre.
On le voit sous la chemise de certains fidèles, deux carrés de laine brune sur des cordons. Beaucoup en ont entendu parler sans savoir ce que c'est ni comment on l'obtient.
Ce n'est pas un objet qu'on achète et qu'on met. C'est un habit religieux réduit, et il se reçoit.
Ce que c'est, matériellement
Le scapulaire d'origine est une pièce de l'habit monastique : une longue bande d'étoffe passée par-dessus la tête, tombant devant et derrière, que le moine portait pour travailler. Le mot vient du latin scapulae, les épaules.
Le scapulaire des laïcs en est la réduction : deux petits rectangles de laine brune, reliés par deux cordons, l'un reposant sur la poitrine, l'autre dans le dos. Il se porte sous les vêtements.
La couleur brune est celle du Carmel. D'autres scapulaires existent, bleu de l'Immaculée Conception, rouge de la Passion, noir des Servites, mais le brun du Mont-Carmel est de loin le plus répandu.
Comment on le reçoit
C'est le point que la plupart des pages omettent, et c'est le seul qui compte vraiment.
Le scapulaire s'obtient par imposition, un geste bref accompli par un prêtre ou un diacre selon la formule du rituel. Cette imposition inscrit celui qui le reçoit dans la confrérie du scapulaire du Mont-Carmel. Elle n'a lieu qu'une fois dans une vie, à la différence de la bénédiction d'un objet, traitée dans faire bénir un chapelet.
Ensuite, le fidèle peut remplacer un scapulaire usé par un neuf lui-même, sans nouvelle cérémonie. Ce n'est pas l'étoffe qui est bénie une fois pour toutes, c'est la personne qui a été agrégée.
Un scapulaire acheté et porté sans imposition reste un objet de piété. Il ne rattache à aucune confrérie.
La médaille scapulaire
Beaucoup de fidèles la portent sans en connaître le statut exact.
En 1910, saint Pie X a autorisé le remplacement de l'étoffe par une médaille portant le Sacré-Cœur d'un côté et la Vierge de l'autre. Elle doit être bénie.
Une réserve importante : la première imposition doit se faire avec le scapulaire de tissu. La médaille vient ensuite, en remplacement, pour ceux que l'étoffe gêne. Ce n'est pas une porte d'entrée, c'est une commodité.
L'origine : ce qui est établi, ce qui ne l'est pas
La tradition rapporte que la Vierge est apparue à saint Simon Stock, supérieur des carmes, le 16 juillet 1251 à Cambridge, et lui a remis le scapulaire.
Il faut être honnête sur ce point : aucun document du XIIIe siècle n'atteste cette vision. Les premiers récits datent de la fin du XIVe siècle, plus de cent ans après. Des historiens carmes eux-mêmes le reconnaissent.
Cela ne disqualifie pas la dévotion, qui est authentiquement approuvée par l'Église et portée par des siècles de pratique. Cela invite seulement à ne pas présenter comme un fait historique ce qui relève de la tradition. La fête de Notre-Dame du Mont-Carmel, le 16 juillet, reste au calendrier.
Quant au « privilège sabbatin », qui promettrait une délivrance du purgatoire le samedi suivant la mort, le Saint-Siège a demandé dès le XVIe siècle qu'il ne soit pas prêché sous cette forme. Ce qui est enseigné est plus sobre : celui qui porte le scapulaire fidèlement et vit chrétiennement se confie à la protection de Marie.
Scapulaire et rosaire
Les deux dévotions sont traditionnellement associées, et l'Église les cite souvent ensemble comme les deux formes de piété mariale les plus répandues chez les fidèles.
Elles se ressemblent par leur logique : un objet simple, une pratique régulière, aucune performance. Le rosaire occupe les mains et la mémoire, le scapulaire se porte et ne demande rien. L'un et l'autre installent une fidélité plutôt qu'un exploit.
Sur la place du rosaire dans cette famille, voyez pourquoi prier le chapelet et comment porter un chapelet.
Ce qu'il engage
Le porter suppose trois choses simples, demandées à celui qui le reçoit : le porter continuellement, vivre chastement selon son état de vie, et réciter une prière mariale quotidienne, souvent le chapelet ou l'office.
Ce ne sont pas des conditions de validité au sens juridique. C'est l'engagement que l'on prend, et il se tient dans la durée plutôt que dans l'intensité.
Où s'adresser
Auprès de sa paroisse, ou d'un couvent de carmes. L'imposition prend une minute et ne demande aucune démarche administrative.
Nous ne vendons pas de scapulaires. Si vous cherchez un objet de prière à garder sur vous au quotidien, un dizainier tient dans une poche et accompagne la prière mariale que le scapulaire suppose. Nos chapelets couvrent la forme complète, et l'un d'eux porte le signe marial en médaille plutôt qu'en croix : le brin du chapelet de l'Immaculée Conception se termine par une médaille ovale.
Peut-on acheter un scapulaire et le porter ?
Faut-il refaire imposer un scapulaire usé ?
La médaille remplace-t-elle le scapulaire ?
L'apparition à saint Simon Stock est-elle historique ?
Nos sources
- Catéchisme de l'Église catholique, n° 1667-1670 (sacramentaux) (nouvelle fenêtre)
- Décret de saint Pie X sur la médaille scapulaire (1910) (nouvelle fenêtre)
- Calendrier romain général, Notre-Dame du Mont-Carmel (16 juillet) (nouvelle fenêtre)
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Le recevoir, et ce qu'il suppose
Il ne s'achète pas comme un objet de piété : il se reçoit, une seule fois, et il engage une prière quotidienne.
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Il se reçoit par imposition, pas en boutique
Un prêtre ou un diacre le pose selon la formule du rituel, une seule fois dans une vie, et c'est ce geste qui inscrit à la confrérie du Mont-Carmel, pas l'étoffe. Ensuite on remplace soi-même un scapulaire usé, sans nouvelle cérémonie. Nous n'en vendons pas : adressez-vous à votre paroisse ou à un couvent de carmes, l'imposition prend une minute. Sur l'origine, soyons exacts : aucun document du XIIIe siècle n'atteste la vision de saint Simon Stock, les premiers récits datent de la fin du XIVe.
Voir les chapeletsUne prière mariale quotidienne, souvent le chapelet
C'est l'un des trois engagements demandés à celui qui le reçoit, avec le port continuel et la vie chaste selon son état. Scapulaire et rosaire sont d'ailleurs les deux dévotions mariales que l'Église cite le plus souvent ensemble : même logique d'un objet simple et d'une pratique régulière, qui installent une fidélité plutôt qu'un exploit.
Voir les chapeletsUn dizainier tient dans une poche
Il accompagne la prière mariale que le scapulaire suppose, sans rien demander d'autre, et il se prie en déplacement là où le chapelet complet demande de s'asseoir. Une dizaine se dit en trois minutes et demie, sans sortir d'objet visible.
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