Pratique

Comment choisir son chapelet : les quatre critères qui comptent vraiment

Matière, taille des grains, montage, longueur : ce qui se sent à l'usage quand on prie tous les jours, et ce qui ne change rien malgré ce qu'on lit.

Publié le 6 min de lecture

Sommaire
  1. En bref
  2. La taille des grains
  3. Le montage, qui décide de la durée de vie
  4. La longueur et le poids
  5. La matière, et ce qu'elle change réellement
  6. Ce qui ne compte pas
  7. Questions fréquentes
  8. Le seul test qui vaut

En bref

  • Aucun texte de l'Église ne prescrit une matière, une couleur ou un prix. Le choix est entièrement libre.
  • Quatre critères se sentent à l'usage : la taille des grains, le montage, la longueur et le poids.
  • Le montage est ce qui décide de la durée de vie de l'objet, bien avant la matière.
  • Un chapelet qu'on emporte partout n'est pas le même qu'un chapelet qu'on garde sur une table de nuit.
  • Si vous hésitez encore après avoir lu ceci, prenez du bois à grains de 8 mm : c'est le choix qui déçoit le moins.

Il n'existe aucune règle sur le chapelet qu'on doit choisir. Ni le Code de droit canonique ni la lettre apostolique de Jean-Paul II sur le rosaire ne prescrivent de matière, de couleur ou de forme. Ce qui distingue un bon chapelet d'un mauvais est donc entièrement pratique : il tient en main, il ne casse pas, et on le retrouve quand on le cherche. Les quatre critères qui suivent sont ceux qui se remarquent après un mois d'usage quotidien.

La taille des grains

C'est le critère qu'on sent en premier et celui qu'on regarde en dernier. Les grains d'un chapelet courant mesurent entre 6 et 8 millimètres.

En dessous de 6, les doigts glissent d'un grain à l'autre sans les distinguer, et on perd le compte dès qu'on prie sans regarder.

Au-dessus de 10, le chapelet devient long et encombrant, mais chaque grain se sent nettement.

Le bon repère n'est pas l'esthétique, c'est la main. Une main large ou peu mobile a besoin de grains de 8 à 10 millimètres.

Une main d'enfant se contente de 6.

Quelqu'un qui prie les yeux fermés, en marchant ou en voiture, a intérêt à monter d'un cran par rapport à ce qu'il choisirait en le regardant en boutique.

Le montage, qui décide de la durée de vie

Deux montages existent, et c'est là que se joue la durabilité, pas dans la matière des grains.

Sur chaîne Sur cordon
Tenue rigide, les grains restent espacés souple, les grains coulissent légèrement
Point de rupture un maillon s'ouvre le cordon s'use aux nœuds
Réparation se referme à la pince, chez soi se renoue, mais le fil entier finit par lâcher
En poche s'emmêle davantage se plie et se range mieux
Durée typique plusieurs années un à trois ans en usage quotidien

Aucun des deux n'est supérieur dans l'absolu. La chaîne convient à un chapelet qu'on garde, le cordon à un chapelet qu'on emporte.

Dans les deux cas, un chapelet casse à ses jonctions et non à ses grains, ce qui veut dire qu'il est presque toujours réparable.

La longueur et le poids

Un chapelet complet fait cinquante-neuf grains, ce qui donne une boucle de 40 à 55 centimètres selon la taille des grains. C'est long.

Posé sur une table de nuit ou glissé dans un sac, cela ne pose aucun problème.

Dans une poche de pantalon, cela devient une masse qui s'emmêle.

Le poids suit la matière : le bois et le plastique se font oublier, le verre et la pierre naturelle se sentent en fin de dizaine, le métal plein tire sur les doigts.

Ce n'est pas un défaut, c'est même ce que certains recherchent, parce qu'un chapelet lourd reste présent dans la main.

Mais c'est à savoir avant d'acheter.

Quand le dizainier est le meilleur choix

Si le chapelet doit vivre dans une poche, dans une voiture ou au poignet, le dizainier règle le problème : dix grains et une croix, on dit le chapelet entier en cinq tours.

On ne perd rien de la prière, on perd seulement le repère visuel des dizaines, ce qui demande de compter les tours.

La matière, et ce qu'elle change réellement

C'est le critère sur lequel on lit le plus de choses, et celui qui compte le moins pour la prière.

Aucune matière n'est prescrite ni recommandée par l'Église. Ce qu'elle change est concret et limité.

Le bois est léger, chaud au toucher, et se patine à l'usage. Il raye, mais la rayure se voit peu. C'est le choix par défaut le plus sûr.

Le verre et le cristal sont beaux à la lumière et parfaitement lisses, donc plus glissants. Ils cassent en tombant sur du carrelage.

La pierre naturelle est plus lourde, froide au départ puis tiède, et chaque grain est différent.

C'est aussi la catégorie où les appellations commerciales sont les plus floues, donc celle où il faut regarder les photos plutôt que le titre.

Le métal ne s'use pratiquement pas et supporte d'être porté. Il est bruyant et lourd, ce qui gêne pour prier en silence à côté de quelqu'un.

Ce qui ne compte pas

Trois idées circulent et n'ont aucun fondement. La couleur des grains n'a pas de signification liturgique.

Il n'existe pas de chapelet réservé aux hommes ou aux femmes.

Et un chapelet cher ne prie pas mieux qu'un chapelet à quelques euros : la manière de le tenir change davantage l'expérience que son prix. Une fois ces critères en tête, le catalogue se parcourt vite, puisqu'il reste à trancher entre deux ou trois modèles au lieu de cinquante.

Questions fréquentes

Quel chapelet choisir quand c'est le premier ?

Du bois, des grains de 8 millimètres, monté sur cordon.

C'est le format le plus courant, le plus léger, le moins cher à remplacer, et celui qui permet de découvrir ce qu'on aime avant d'investir dans un modèle durable.

Faut-il un chapelet en pierre naturelle ?

Non. La pierre est plus lourde et plus belle, mais elle n'apporte rien à la prière.

Elle vaut le coup si vous aimez sentir le poids dans la main, ou si le chapelet doit durer très longtemps.

Un chapelet en plastique est-il acceptable ?

Oui, sans réserve. Beaucoup de chapelets distribués dans les sanctuaires et à Lourdes sont en plastique.

La matière ne conditionne ni la validité de la prière ni la possibilité de faire bénir l'objet.

Combien de temps dure un chapelet ?

Un chapelet sur chaîne tient plusieurs années en usage quotidien, un chapelet sur cordon entre un et trois ans.

Dans les deux cas la rupture arrive à une jonction, et se répare.

Le seul test qui vaut

Prenez le chapelet que vous envisagez, fermez les yeux, et avancez de dix grains.

Si vous sentez chaque grain passer sans avoir à regarder, la taille est bonne. Si vous en sautez un, montez d'un millimètre.

Ce test dit en dix secondes ce qu'aucune fiche produit ne peut décrire.

En trois questions

Chapelet ou dizainier ?

Trois questions sur votre façon de prier, et le rayon qui vous correspond.

  1. Où priez-vous le plus souvent ?

  2. Combien de temps avez-vous, d’habitude ?

  3. Qu’attendez-vous de l’objet ?

Ce qu’il vous faut

Un chapelet de cinq dizaines

Les cinquante-neuf grains comptent à votre place : la main sait toujours où elle en est, et les cinq dizaines se suivent sans y penser. C’est l’objet fait pour une prière posée, d’une traite.

Comptez vingt minutes pour les prières seules, davantage avec l’annonce des mystères.

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Ce qu’il vous faut

Un dizainier

Dix grains et une croix, dans une poche. Une dizaine se dit en trois minutes et demie, et cinq passages font le chapelet entier : c’est l’objet de ceux qui prient par morceaux, là où ils sont.

Il ne se voit pas, et il ne casse pas au fond d’un sac.

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Ce qu’il vous faut

Les deux, et ce n’est pas un compromis

Vos réponses ne penchent d’aucun côté, et c’est l’usage le plus répandu : le chapelet reste à la maison pour le temps qu’on lui donne, le dizainier suit dans la poche pour celui qu’on prend en route.

Si vous devez commencer par un seul, prenez le dizainier : il ne vous empêchera jamais de dire les cinq dizaines.

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