Un dizainier porte dix grains et une croix.
On le prie en le faisant passer entre les doigts, un grain à la fois, et cinq tours disent un chapelet entier.
Cette page donne le geste, le calcul, et les endroits où les sources ne s'accordent pas.
Pour savoir ce qu'est l'objet, sa structure et son histoire, voyez qu'est-ce qu'un dizainier.
Le geste
Scoutopedia, l'encyclopédie scoute, décrit l'objet ainsi : « Le dizainier est un anneau constitué d'une croix et de 10 grains, que l'on fait glisser entre les doigts en récitant un Je vous salue, Marie pour chaque grain. Ces 10 prières peuvent être précédées d'un Notre Père, correspondant à la croix. »
Notez le « peuvent ». Dans cette description, le Notre Père sur la croix est un usage, pas une obligation.
L'article « Dizaine (religion) » de Wikipédia en français décrit une dizaine plus fournie : « un Notre Père, dix Je vous salue Marie et un Gloire au Père ».
C'est une ébauche sans aucune référence, nous la rapportons pour ce qu'elle est.
Les deux descriptions ne se recouvrent pas, et nous n'avons trouvé aucun texte d'Église qui tranche.
Scoutopedia décrit deux formes : « soit d'une seule pièce métallique entourée de 10 grains ou créneaux, soit d'un petit collier de 10 perles, souvent en bois ».
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L'anneau. Une pièce fermée, dix grains ou dix créneaux répartis sur le tour, une croix au sommet. On passe un doigt dans l'ouverture et on avance au pouce.
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Le cordon. Dix perles enfilées, souvent en bois, une croix au bout. Il se noue au poignet ou se glisse dans une poche.
Une variante régionale existe sous le même principe.
Wikipédia en français décrit le chapelet basque comme « un objet circulaire en bois ou en métal de 4 cm de diamètre environ avec un trou au milieu destiné à introduire un doigt », portant au sommet une croix qui symbolise le Notre Père et, sur le pourtour, dix petites sphères qui symbolisent chacune un « Je vous salue Marie ».
L'usage décrit est le même : un doigt dans l'ouverture, le pouce sur la croix, puis de sphère en sphère.
Cet article porte un bandeau « à sourcer » daté d'octobre 2015, nous le rapportons pour ce qu'il est.
Cinq tours font un chapelet
C'est le calcul que cette page existe pour poser.
| Ce que vous parcourez |
Ce que vous avez dit |
| Un tour de dizainier |
1 Notre Père et 10 « Je vous salue Marie » |
| Cinq tours |
5 Notre Père et 50 « Je vous salue Marie » |
Un chapelet standard porte 53 grains d'Ave et 6 grains de Pater, en 5 dizaines.
Cinquante de ces Ave et cinq de ces Pater forment les cinq dizaines. Cinq tours de dizainier les couvrent exactement.
Cette formule ne bouge pas d'un modèle à l'autre.
Le chapelet complet porte 59 grains : cinq sur la chaînette de tête, cinquante-quatre dans la boucle.
Les documents ne divergent pas sur ce compte, mais sur la prière que porte le cinquième grain de la chaînette.
| Ce que porte le cinquième grain de la chaînette |
Qui l'écrit |
Grains de la chaînette |
Grains de la boucle |
Total des grains |
| Le Notre Père de la première dizaine |
Diocèse de Nantes |
5 |
54 |
59 |
| Le Gloire au Père |
Diocèse de Périgueux et Sarlat |
5 |
54 |
59 |
La première lecture est celle du diocèse de Nantes.
Sa chaînette porte « 3 centrales pour "Je vous salue Marie", encadrées par 2 perles plus espacées pour "Notre Père" ».
Ce document ne donne pas de total.
La seconde est celle du diocèse de Périgueux et Sarlat, qui met un Gloire au Père sur ce cinquième grain.
Son texte l’écrit : « Le chapelet est composé d'une croix et de 59 grains qui correspondent chacun aux prières indiquées sur le schéma ».
Hozana compte les mêmes grains en tête, et les détaille un à un.
« Sur les 5 grains de l'extrémité : 1 Notre Père, 3 Je vous salue Marie (avec ou sans clausule), 1 Gloire au Père ».
Nous ne tranchons pas cette divergence, et les textes qui feraient autorité ne la tranchent pas non plus.
Cela ne change rien au calcul des cinq tours : les cinq dizaines valent 5 Notre Père et 50 « Je vous salue Marie ».
Cela change la façon de décrire l'objet quand on en commande un, où le total ne suffit pas et où il faut la disposition.
Ce que le dizainier ne porte pas, c'est l'ouverture du chapelet : le Notre Père du bas de la chaînette de tête et les trois « Je vous salue Marie » qui le suivent.
Le Credo sur le crucifix est, lui, un usage parmi d'autres.
Jean-Paul II le pose au numéro 37 de Rosarium Virginis Mariae : « dans certaines régions, on commence habituellement par l'invocation du Psaume 69[70] », « dans d'autres lieux, au contraire, le Rosaire débute par la récitation du Credo », et « ces formes et d'autres semblables sont des usages également légitimes ».
Sur un dizainier, ces prières se disent sans grain.
Le décompte pièce par pièce de l'objet complet est dans combien de grains sur un chapelet, et comment ils sont disposés.
Reste une question pratique : comment savoir à quel tour vous en êtes. Rien sur l'objet ne le dit.
Deux solutions existent, annoncer le mystère avant chaque tour, ou replier un doigt de la main libre à chaque tour terminé.
Nous n'avons trouvé aucun texte d'Église qui en prescrive une, ni aucune source qui documente laquelle est la plus répandue.
Quels mystères pour quel jour : voir les mystères du rosaire.
Où il se garde
L'anneau se passe au doigt et s'avance au pouce. Le cordon se noue au poignet ou se glisse dans une poche.
Dans les deux cas l'objet tient dans la main fermée, ce qui est la raison d'être du format : il se prie debout, en marchant, sans avoir à dérouler un chapelet entier.
Nos dizainiers sont ici : voir les dizainiers.