Le signe de croix
Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen.
Un chapelet catholique standard compte 59 grains : 53 grains d'Ave et 6 grains de Pater, disposés en 5 dizaines.
Le crucifix et la médaille de jonction ne sont pas des grains : c'est cette convention qui donne le compte de 59.
Ils se répartissent en deux parties : 5 sur la chaînette de tête, 54 dans la boucle.
Cette page donne le détail pièce par pièce, et les endroits où les documents d'Église ne disent pas la même chose.
| Pièce | Nombre | Ce qui s'y dit |
|---|---|---|
| Crucifix | 1, hors compte | Signe de croix, puis « Je crois en Dieu » |
| Grain de Pater, bas de la chaînette de tête | 1 | Notre Père d'ouverture |
| Grains d'Ave, chaînette de tête | 3 | Trois « Je vous salue Marie » |
| Grain de Pater, haut de la chaînette de tête | 1 | Notre Père de la première dizaine |
| Médaille de jonction | 1, hors compte | Aucune prière dans les documents cités |
| Grains d'Ave, boucle | 50 | Dix « Je vous salue Marie » par dizaine |
| Grains de Pater, boucle | 4 | Notre Père des dizaines 2 à 5 |
| Total des grains | 59 | 53 grains d'Ave et 6 grains de Pater |
Le compte se vérifie dans les deux sens, et il tombe juste.
Grains d'Ave : 3 sur la chaînette de tête plus 50 dans la boucle, soit 53.
Grains de Pater : 1 en bas de la chaînette, 1 en haut, 4 dans la boucle, soit 6.
Total : 59 grains, dont 5 sur la chaînette de tête et 54 dans la boucle.
Six gros grains, cinq dizaines : c'est là que le compte surprend, parce que la boucle n'en contient que quatre.
Deux endroits de l'objet l'expliquent.
Il ne reste donc que quatre gros grains dans la boucle, pour les dizaines 2, 3, 4 et 5.
Ajoutez celui du haut de la chaînette et celui du bas, qui porte le Notre Père d'ouverture : six.
Le total ne suffit pas à décrire l'objet.
Ce qu'il faut lire, c'est la disposition : le nombre de grains sur la chaînette, et le nombre de gros grains dans la boucle.
Ces deux nombres suffisent à savoir si vous tenez un chapelet standard ou un autre objet.
Il ferme la chaînette de tête et sert de point de départ.
Le document du diocèse de Nantes place sur lui le signe de croix et le « Je crois en Dieu ».
Il n'entre pas dans le compte des grains.
C'est la partie qui pend sous la médaille et se termine par le crucifix.
Elle porte cinq grains : un grain de Pater, trois grains d'Ave, un grain de Pater.
Les trois documents diocésains qui décrivent l'objet lui donnent tous les trois cinq grains.
Nantes écrit « suivie de 5 perles », Versailles « une croix introduite par 5 grains ».
Le schéma du diocèse de Périgueux et Sarlat en dessine cinq lui aussi.
Elle sert d'entrée dans la prière, et elle donne son gros grain à la première dizaine.
Ce sont les 53 petits grains, groupés par dix dans la boucle et par trois sur la chaînette.
Ce sont eux que les doigts parcourent le plus longtemps, et c'est là que se joue la prise en main.
Les six gros grains ne servent pas seulement à porter le Notre Père.
Ils rendent la dizaine lisible sous les doigts : vous butez sur le gros grain, la dizaine est finie.
La cinquième fait exception, puisqu'elle s'achève sur la médaille.
Les documents diocésains les désignent par leur écart plutôt que par leur taille.
Le diocèse de Nantes écrit « 1 perle plus espacée », celui de Versailles « un grain séparé ».
Selon les modèles, ils se distinguent aussi par la taille, la forme ou la matière.
Elle relie les deux extrémités de la boucle et les attache à la chaînette de tête.
Aucun des documents diocésains cités ici ne lui attribue de prière.
L'image qu'elle porte varie d'un modèle à l'autre, sans rien changer à la structure de l'objet.
Le document du diocèse de Nantes donne la marche à suivre grain par grain :
Un point mérite d'être relevé : à Nantes comme à Paris, le Gloire au Père n'a pas de grain à lui.
Il se dit sans support, à la fin des trois Ave et à la fin de chaque dizaine.
Le diocèse de Paris met le Notre Père « sur le Premier grain ».
Puis, « sur les trois grains suivants : trois Je vous salue Marie et le Gloire au Père ».
Une précision de vocabulaire : la même prière est appelée « Gloire à Dieu » à Nantes et « Gloire au Père » à Paris.
Cette page décrit l'objet et son compte. Le détail de la prière elle-même est traité à part.
« Grain » et « perle » désignent la même pièce.
Les deux se rencontrent dans les documents d'Église : Nantes écrit « perles », Paris et Versailles « grains ».
Il n'y a pas de mot fautif. Nous écrivons « grains », parce que ce mot distingue le mieux l'Ave du Pater.
Les trois documents diocésains qui décrivent l'objet s'accordent sur la chaînette de tête, à cinq grains.
Ils divergent sur deux points : le nombre de gros grains de la boucle, et la prière du grain du haut.
Diocèse de Nantes. Sa phrase sur la boucle :
« 5 séries de 10 perles correspondant à "Je vous salue Marie", séparées par 1 perle plus espacée correspondant au "Notre Père" ».
Cinq séries séparées par un grain, cela fait quatre grains dans la boucle.
Diocèse de Versailles. Sa phrase sur le même sujet :
« Le chapelet chrétien se compose de 5 séries de 10 grains, enfilés les uns derrières les autres »,
« chaque série étant suivie d'un grain suivie d'un grain séparé ».
La formule est dupliquée telle quelle sur la page, nous la citons sans la corriger.
Chaque série suivie d'un grain, cela en ferait cinq dans la boucle.
Aucun des deux documents ne publie de total, et les additions qui suivent sont les nôtres.
La description de Nantes, prise entière, donne 59 grains : cinq sur la chaînette, cinquante-quatre dans la boucle.
La page de Versailles donne la même chaînette, « une croix introduite par 5 grains », mais une boucle de cinquante-cinq.
Ses deux phrases, mises bout à bout, donnent 60 grains, un total que la page n'écrit nulle part.
Nous ne recomposons pas un objet en additionnant deux phrases prises séparément sur une même page.
Nous signalons la divergence, et nous décrivons l'objet tel qu'il est fabriqué et tel que nous le comptons.
Le fabricant italien Ghirelli donne le même compte : « 59 beads, a joiner medal, and a crucifix ».
Soit 59 grains, une médaille de jonction et un crucifix, ces deux dernières pièces hors du compte.
Cette latitude n'a rien d'anormal : aucun texte du magistère ne fixe le nombre de grains ni leur répartition.
Le magistère règle l'indulgence, la liturgie et la doctrine.
Le compte des grains relève de l'usage, attesté par les fabricants et par la littérature de dévotion.
C'est pour cette raison que nous publions la disposition, et pas seulement le total.
La seconde divergence porte sur le grain qui touche la médaille, en haut de la chaînette.
Le diocèse de Nantes lui attribue le Notre Père : ses deux gros grains sont « 2 perles plus espacées pour "Notre Père" ».
Le schéma du diocèse de Périgueux et Sarlat lui attribue le Gloire au Père.
Sa légende porte, de la croix vers la médaille : « 1 Notre Père », « 3 Je vous salue Marie », « 1 Gloire au Père ».
Son texte donne pourtant le même total : « Le chapelet est composé d'une croix et de 59 grains ».
Le même schéma place aussi le Gloire au Père sur les grains séparés de la boucle.
Dans cette lecture, le Notre Père de chaque dizaine se dit sans grain à lui.
L'article « Chapelet » de Wikipédia lit comme Périgueux : « un Gloire au Père (le dernier grain avant la boucle) ».
Nous ne tranchons pas, parce que les textes qui feraient autorité ne tranchent pas.
Les deux documents du Saint-Siège qui traitent du rosaire ne descendent pas jusqu'au grain.
Rosarium Virginis Mariae décrit les prières une à une, et son numéro 36 ne parle que de l'instrument.
Son numéro 37 note même que « les manières d'introduire le Rosaire sont variées, selon les différents contextes ecclésiaux ».
Il ajoute que « ces formes et d'autres semblables sont des usages également légitimes ».
Le Directoire sur la piété populaire et la liturgie traite du Rosaire à ses numéros 197 à 202.
Il recommande la prière, propose un rite de bénédiction des chapelets, et ne décrit jamais l'objet.
Ce que la divergence ne change pas : l'objet, son compte et la place de ses pièces.
Cinq grains sur la chaînette, cinquante-quatre dans la boucle, 59 en tout, dans les deux lectures.
Ce qui change, c'est le nom des prières portées par les six gros grains, jamais leur nombre.
La notice de Wikipédia demande d'ailleurs à être lue en entier, et pas seulement sur ce grain.
Elle place aussi un gros grain en tête de chacune des cinq dizaines : « le grain isolé ».
Cela ferait cinq grains sur la chaînette et cinq gros grains dans la boucle, soit 60 grains.
C'est le total de la lecture assemblée de Versailles, et nous ne le retenons pas davantage, par la même règle.
Wikipédia est une encyclopédie collaborative, pas une source d'Église : nous ne la citons que pour signaler les lectures.
Deux chapelets peuvent afficher le même total sans avoir la même structure, ni compter les mêmes pièces.
L'exemple le plus net est celui des Sept Douleurs.
| Objet | Total | Disposition |
|---|---|---|
| Chapelet standard | 59 grains | 53 grains d'Ave et 6 grains de Pater, en 5 dizaines, dont 5 grains sur la chaînette de tête |
| Chapelet des Sept Douleurs | 59 éléments | 52 grains et 7 médailles, en 7 septénaires |
| Chapelet des Larmes de Sang | 49 grains | 7 groupes de 7, aucun Ave Maria |
Le chapelet des Sept Douleurs aligne le même nombre de pièces que le standard, 59, et ce n'est pas le même objet.
Ses 59 pièces sont 52 grains et 7 médailles, réparties en sept septénaires au lieu de cinq dizaines.
Le standard, lui, compte 59 grains et n'a qu'une médaille, celle de jonction, qui ne sépare aucune dizaine.
Des indulgences ont été accordées à cette dévotion par Benoît XIII le 26 septembre 1724, puis par Clément XII en décembre 1734.
Les valeurs chiffrées attachées à ces deux actes ne sont plus le droit en vigueur.
La constitution apostolique Indulgentiarum doctrina de Paul VI, du 1er janvier 1967, l'écrit à sa norme 4.
L'indulgence partielle y est désignée « uniquement par les mots "indulgence partielle" ».
Et cela « sans y ajouter un nombre de jours ou d'années déterminé ».
Ces concessions sont donc des faits historiques, et nous ne les écrivons pas au présent.
La date exacte du décret de 1734 varie d'une source à l'autre, et le statut de cette dévotion demande un examen à part.
Les deux sont traités dans le chapelet des Sept Douleurs.
Le chapelet des Larmes de Sang, lui, ne comporte aucun Ave Maria : 49 grains en sept groupes de sept.
Sur son statut, il faut être exact : le culte privé a été autorisé et un imprimatur a été donné le 8 mars 1931.
Mais les apparitions ne sont pas reconnues par l'Église.
Un imprimatur autorise l'impression d'un texte, il ne reconnaît pas une apparition.
La forme du chapelet vient d'un nombre, et ce nombre est celui des psaumes.
Jean-Paul II l'écrit dans Rosarium Virginis Mariae, lettre apostolique du 16 octobre 2002.
Au numéro 19, la prière « s'organisa à partir du nombre 150, correspondant à celui des Psaumes ».
Cinq dizaines font cinquante Ave.
Trois fois cinq dizaines font cent cinquante Ave, autant que de psaumes : de là vient l'objet à cinq dizaines.
La part que le chapelet représente dans le rosaire dépend ensuite du compte retenu.
Le même texte propose cinq mystères lumineux en plus des quinze existants, au même numéro 19.
Il les laisse « à la libre appréciation des personnes et des communautés ».
Sur quinze dizaines, un chapelet est le tiers du rosaire.
Sur vingt, il en est le quart, et c'est le compte que retient le diocèse de Nantes.
Il écrit : « Le rosaire est un ensemble de chapelets regroupant 20 mystères. »
Ce que recouvre chacun des deux mots est traité dans chapelet ou rosaire.
Le même texte dit à quoi servent les grains, à son numéro 36.
Le chapelet y est un « instrument servant à compter, qui scande la progression de la prière ».
Il « évoque le chemin incessant de la contemplation et de la perfection chrétiennes ».
C'est un instrument de comptage, et c'est ce qui explique que son compte, lui, ne bouge pas.
Nous n'établissons pas ici la date à laquelle la forme à cinq dizaines s'est fixée.
Les sources que nous avons lues ne la donnent pas, et nous préférons laisser le trou visible.
Deux avertissements.
Les petites pièces métalliques parfois intercalées entre les grains ne reçoivent aucune prière dans les documents cités.
Nous ne les comptons pas comme des grains.
Et un total différent ne veut pas dire un objet défectueux : il veut dire, le plus souvent, un autre chapelet que le standard.
Nous écrivons le nombre de grains et leur disposition partout où nous décrivons un chapelet.
Le total, la répartition en grains d'Ave et en grains de Pater, la chaînette de tête et la boucle.
Le total seul ne dit pas quel objet vous tenez, c'est la disposition qui le dit.
Les autres pages de documentation sont rassemblées sur le blog. Nos collections de chapelets et de dizainiers sont en cours de constitution.
Prier maintenant
Le compte se voit mieux qu'il ne se lit. Suivez le fil : chaque grain s'allume avec la prière qu'il porte.
0 grain sur 59
Sur le crucifix
Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen.
Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre. Et en Jésus-Christ, son Fils unique, notre Seigneur, qui a été conçu du Saint-Esprit, est né de la Vierge Marie, a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli, est descendu aux enfers, le troisième jour est ressuscité des morts, est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant, d’où il viendra juger les vivants et les morts.
Je crois en l’Esprit Saint, à la sainte Église catholique, à la communion des saints, à la rémission des péchés, à la résurrection de la chair, à la vie éternelle. Amen.
Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal. Amen.
Je vous salue, Marie, pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes, et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit, comme il était au commencement, maintenant et toujours, pour les siècles des siècles. Amen.
En fin de dizaine, elle se dit la main entre deux grains, sans support à elle.
On nomme le mystère à voix haute ou en pensée, puis on entre dans la dizaine.
Salut, ô Reine, Mère de miséricorde, notre vie, notre douceur et notre espérance, salut ! Enfants d’Ève, exilés, nous crions vers vous. Vers vous nous soupirons, gémissant et pleurant dans cette vallée de larmes.
Ô vous, notre avocate, tournez vers nous vos regards miséricordieux. Et après cet exil, montrez-nous Jésus, le fruit béni de vos entrailles. Ô clémente, ô miséricordieuse, ô douce Vierge Marie.
La main est revenue à la grosse médaille, là où le premier mystère avait été énoncé. La boucle est fermée.
De la médaille, on redescend la chaînette : le gros grain, les trois petits, le gros grain, et l’on revient au crucifix. C’est là que l’on fait le signe de croix qui clôt le chapelet, le même que celui du début.
Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen.
Cinq dizaines, cinquante « Je vous salue Marie ». Beaucoup ajoutent, après chaque dizaine, le « Ô mon Jésus » de Fatima, et une prière aux intentions du Saint-Père. Demain, la série de mystères aura changé.
Le même guide en PDF, quatre pages à imprimer : le schéma, les prières en entier et les mystères de chaque jour. Ou voir les chapelets.
Barre d’espace ou flèche droite pour avancer.
En trois questions
Trois questions sur votre façon de prier, et le rayon qui vous correspond.
Question 1 sur 3
Où priez-vous le plus souvent ?
Combien de temps avez-vous, d’habitude ?
Qu’attendez-vous de l’objet ?
Ce qu’il vous faut
Les cinquante-neuf grains comptent à votre place : la main sait toujours où elle en est, et les cinq dizaines se suivent sans y penser. C’est l’objet fait pour une prière posée, d’une traite.
Comptez vingt minutes pour les prières seules, davantage avec l’annonce des mystères.
Ce qu’il vous faut
Dix grains et une croix, dans une poche. Une dizaine se dit en trois minutes et demie, et cinq passages font le chapelet entier : c’est l’objet de ceux qui prient par morceaux, là où ils sont.
Il ne se voit pas, et il ne casse pas au fond d’un sac.
Ce qu’il vous faut
Vos réponses ne penchent d’aucun côté, et c’est l’usage le plus répandu : le chapelet reste à la maison pour le temps qu’on lui donne, le dizainier suit dans la poche pour celui qu’on prend en route.
Si vous devez commencer par un seul, prenez le dizainier : il ne vous empêchera jamais de dire les cinq dizaines.
Dernière vérification le
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