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Faire bénir un chapelet : à qui le demander, ce que la bénédiction change

Un chapelet se fait bénir par un prêtre, sans formalité ni tarif. Ce que la bénédiction change au statut de l'objet, ce qu'elle ne change pas, et pourquoi nous n'expédions aucun chapelet béni.

Mis à jour le 11 min de lecture

Sommaire
  1. La réponse en cinq lignes
  2. Ce qu'est une bénédiction
  3. À qui la demander
  4. Comment la demander
  5. Ce que la bénédiction ne change pas
  6. Ce qu'elle change
  7. Pourquoi nous n'expédions aucun chapelet béni
  8. Le chapelet béni par le pape
  9. Ce que cette page ne dit pas

Un chapelet se fait bénir par un prêtre.

La demande ne coûte rien, elle ne suppose aucune formalité, et elle ne produit pas ce qu'on lui prête souvent.

Cette page répond à quatre questions : à qui s'adresser, comment faire, ce que la bénédiction change, ce qu'elle ne change pas.

Elle dit aussi pourquoi vous ne trouverez ici aucun chapelet vendu béni.

La réponse en cinq lignes

  • Tout prêtre peut bénir un chapelet. Aucune source que nous avons consultée ne range cette bénédiction parmi celles qui sont réservées au Pontife romain ou aux évêques.
  • Aucune formalité n'est prévue. À la sacristie après la messe, à l'accueil de la paroisse, au cours d'un pèlerinage.
  • Elle ne se facture pas. Nous n'avons trouvé aucun texte d'Église qui prévoie un tarif pour la bénédiction d'un objet de piété.
  • Un chapelet non béni se prie de la même façon. La bénédiction ne conditionne pas la prière.
  • L'ordre des opérations : on achète, puis on fait bénir. Le recueil qui fixe les indulgences écrit que celle qui est attachée à l'usage d'un objet de piété cesse quand cet objet est vendu. Nous n'expédions donc aucun objet béni.

Ce qu'est une bénédiction

Le mot dit le geste.

Le lexique de liturgie publié par le service national de la pastorale liturgique et sacramentelle reprend la définition de Dom Robert Le Gall, tirée de son Dictionnaire de liturgie (Éditions CLD), qui part de l'étymologie : « Acte de bien (bene, en latin) dire (dicere, dictio) ou de dire du bien ».

Le glossaire de l'Église catholique en France en donne la forme concrète : « Courte prière, souvent accompagnée d'un geste, ordinairement un signe de croix, par laquelle on invoque Dieu Père, Fils et Saint Esprit. »

Le Code de droit canonique définit le genre auquel elle appartient, les sacramentaux.

Canon 1166 : « Les sacramentaux sont des signes sacrés par lesquels, d'une certaine manière, à l'imitation des sacrements, sont signifiés et obtenus à la prière de l'Église des effets surtout spirituels. »

Le Catéchisme y range les bénédictions au numéro 1671 : « Parmi les sacramentaux figurent d'abord les bénédictions (de personnes, de la table, d'objets, de lieux). » Et il distingue, au numéro 1672 : « Certaines bénédictions ont une portée durable : elles ont pour effet de consacrer des personnes à Dieu et de réserver à l'usage liturgique des objets et des lieux. »

Le texte qui s'applique ensuite à l'objet lui-même est le canon 1171.

À qui la demander

Ministre Ce que le droit prévoit
Prêtre « Tout prêtre peut donner les bénédictions, sauf celles qui sont réservées au Pontife Romain ou aux Évêques » (canon 1169 § 2)
Diacre « Le diacre peut donner seulement les bénédictions qui lui sont expressément permises par le droit » (canon 1169 § 3)
Laïc Certains sacramentaux, « selon les règles des livres liturgiques », « au jugement de l'Ordinaire du lieu », par des « laïcs ayant les qualités voulues » (canon 1168)

Aucune des sources que nous avons consultées ne range la bénédiction d'un objet de piété parmi celles qui sont réservées au Pontife romain ou aux évêques. Un prêtre suffit, quel qu'il soit.

Pour le diacre, le droit renvoie à une liste : il donne les bénédictions « expressément permises ».

Le rituel qui contient ces formulaires est le Livre des bénédictions.

Nous ne l'avons pas consulté, et nous n'affirmons donc pas ce qu'il prévoit pour les objets de piété.

Un autre texte en vigueur, celui qui fixe les indulgences, nomme pourtant le diacre à propos des objets de piété : il attache une indulgence partielle à l'usage d'un objet de piété dûment béni par tout prêtre ou tout diacre (Enchiridion indulgentiarum, concession 14 § 2).

Nous rapportons ce que ce texte écrit, sans en tirer la liste des bénédictions permises au diacre.

« Peut-on bénir son chapelet soi-même ? »

La question est posée souvent, et elle mérite une réponse qui ne tranche pas plus que les textes.

Le Catéchisme pose le principe au numéro 1669 : « des laïcs peuvent présider certaines bénédictions ».

Il pose la limite dans la même phrase : « plus une bénédiction concerne la vie ecclésiale et sacramentelle, plus sa présidence est réservée au ministère ordonné ».

Le canon 1168 ajoute deux conditions cumulatives pour les laïcs : les règles des livres liturgiques, et le jugement de l'Ordinaire du lieu, c'est-à-dire l'évêque.

Ce n'est donc pas une décision personnelle.

Nous ne savons pas si le rituel prévoit une forme confiée à un laïc pour les objets de piété.

La voie sûre tient en une phrase : demandez à un prêtre.

Prier sur son chapelet reste possible, c'est autre chose qu'une bénédiction donnée au nom de l'Église.

Comment la demander

Le droit ne prévoit aucune démarche particulière. Dans l'usage :

  • à la sacristie, à la fin de la messe ;
  • à l'accueil de la paroisse ou au presbytère ;
  • au cours d'un pèlerinage, d'une retraite, d'une messe de fête ;
  • lors de la visite d'un prêtre à domicile.

Présentez l'objet, dites que c'est un chapelet. Plusieurs objets peuvent être présentés ensemble, y compris pour des personnes absentes.

Sur le geste lui-même, la fiche de repères pratiques publiée par le service national de la pastorale liturgique et sacramentelle, tirée du livre Les bénédictions de Ludovic Frère, décrit ce qui se fait : « inviter la personne à prendre bien en main l'objet à bénir, lui tenir la main au moment de la bénédiction et tracer un beau signe de croix sur l'objet ».

Elle ajoute que « le geste peut s'accompagner d'eau bénite », sans que les circonstances s'y prêtent toujours.

La même fiche relève que ces demandes sont fréquentes, « surtout dans les sanctuaires ».

Ce que la bénédiction ne change pas

Catéchisme, numéro 1670 : « Les sacramentaux ne confèrent pas la grâce de l'Esprit saint à la manière des sacrements, mais par la prière de l'Église ils préparent à recevoir la grâce et disposent à y coopérer. » La bénédiction n'est pas un sacrement, et le chapelet béni n'en devient pas un.

Le même texte nomme la déviation qui guette, au numéro 2111 : « La superstition est la déviation du sentiment religieux et des pratiques qu'il impose.

Elle peut affecter aussi le culte que nous rendons au vrai Dieu, par exemple, lorsqu'on attribue une importance en quelque sorte magique à certaines pratiques, par ailleurs légitimes ou nécessaires. » Le numéro se termine ainsi : « Attacher à la seule matérialité des prières ou des signes sacramentels leur efficacité, en dehors de dispositions intérieures qu'ils exigent, c'est tomber dans la superstition. »

Un chapelet béni ne protège de rien, n'attire rien, n'agit pas de lui-même.

Un client l'écrit dans un avis : « pas de magie du tout, la Foi ».

Trois conséquences pratiques.

  • Un chapelet non béni se prie exactement de la même façon. Rien dans la prière ne suppose que l'objet ait été béni.
  • La bénédiction ne rend pas une prière plus valide.
  • Elle ne dit rien de la qualité de l'objet. Un chapelet mal monté reste mal monté une fois béni. Le montage, le nombre de grains et leur disposition se jugent avant : voir combien de grains sur un chapelet, et leur disposition.

Ce qu'elle change

Elle change le statut de l'objet, et ce statut oblige celui qui le possède.

Canon 1171 : « Les choses sacrées qui sont destinées au culte divin par une dédicace ou une bénédiction seront traitées avec respect et ne seront pas employées à un usage profane ou impropre, même si elles sont la propriété de personnes privées. »

Deux membres de phrase portent tout : « un usage profane ou impropre », et « même si elles sont la propriété de personnes privées ».

Le fait que l'objet vous appartienne ne le fait pas sortir de la règle.

Elle fait aussi entrer l'objet dans une liste courte.

L'Enchiridion indulgentiarum, le recueil publié par la Pénitencerie apostolique qui fixe les indulgences en vigueur, écrit à sa norme 15 : « Christifidelis indulgentiam consequi valet si devote utitur aliquo ex sequentibus pietatis obiectis, rite benedicto: nempe crucifixo vel cruce, corona, scapulari, numismate. » Soit : le fidèle peut obtenir une indulgence s'il use avec dévotion de l'un des objets de piété suivants, dûment béni, à savoir un crucifix ou une croix, un chapelet, un scapulaire, une médaille.

Le texte est publié en latin, la traduction est la nôtre, et le mot latin corona désigne ici le chapelet.

Le verbe compte. Le fidèle « use » de l'objet, et il en use « avec dévotion », devote utitur.

L'indulgence tient à cet usage, elle n'est pas déposée dans la matière.

Le Catéchisme, au numéro 2111 cité plus haut, dit la même chose par l'autre bout.

Pourquoi nous n'expédions aucun chapelet béni

Certains cherchent à acheter un chapelet déjà béni. Nous n'en proposons pas, et voici sur quoi repose ce choix.

Il faut dire d'abord ce que le Code écrit et ce qu'il n'écrit pas.

Le Code ne contient pas la phrase « un objet béni ne peut pas être vendu ».

La seule interdiction de vente qu'il pose en toutes lettres vise les reliques, au canon 1190 § 1 : « Il est absolument interdit de vendre des saintes reliques. » Pour les objets bénits, il n'existe pas d'article équivalent.

Un autre texte, lui, nomme la vente.

L'Enchiridion indulgentiarum écrit à sa norme 16 § 2 : « Indulgentia adnexa usui pietatis obiecti tunc tantum cessat, cum idem obiectum prorsus desinat esse vel vendatur. » Soit : l'indulgence attachée à l'usage d'un objet de piété cesse seulement lorsque ce même objet cesse entièrement d'exister ou est vendu.

La formule est exclusive, tunc tantum, « seulement alors » : la norme connaît deux cas de cessation, la destruction complète et la vente.

Ce texte règle l'indulgence attachée à l'usage de l'objet. Il ne dit pas ce que devient la bénédiction elle-même.

Un chapelet béni avant de vous être vendu vous arriverait donc privé de cette indulgence, la vente l'ayant fait cesser. Nous n'expédions donc aucun chapelet béni, et nous ne faisons bénir aucun objet avant de l'expédier. D'autres maisons demandent la bénédiction une fois la vente conclue, avant l'envoi : dans cet ordre, la vente précède la bénédiction.

Notre choix n'invalide pas le leur.

La conséquence pour vous tient dans l'ordre des opérations. On achète le chapelet, puis on le fait bénir. Nos chapelets et nos dizainiers partent tous non bénis.

Le chapelet béni par le pape

La demande existe, et elle se traite avec les textes.

Sur le ministre, rien ne change : le canon 1169 § 2 réserve certaines bénédictions au Pontife romain et aux évêques, et nous n'avons pas trouvé la bénédiction des objets de piété dans cette réserve.

Sur les indulgences, le texte en vigueur distingue les deux cas, et il le fait sur un point précis.

L'Enchiridion indulgentiarum, à sa concession 14, accorde une indulgence plénière au fidèle qui, en la solennité des saints apôtres Pierre et Paul, use avec piété d'un objet de piété défini par la norme 15 et béni par le Souverain Pontife ou par un évêque, en y ajoutant une formule légitime de profession de foi (§ 1).

Il accorde une indulgence partielle au fidèle qui use avec piété d'un tel objet dûment béni par tout prêtre ou tout diacre (§ 2).

Voilà ce que le texte dit, et rien de plus : le chapelet béni par le prêtre de votre paroisse ouvre l'indulgence partielle attachée à son usage ; le chapelet béni par le pape ou par un évêque ouvre en outre, un jour de l'année et sous condition d'une profession de foi, une indulgence plénière.

Ce que nous ne pouvons pas établir : les conditions pratiques dans lesquelles le pape bénit les objets présentés lors d'une audience.

Nous n'en écrivons donc rien.

Et nous ne proposons aucun objet présenté comme béni par le pape.

Ce que cette page ne dit pas

  • Ce que le Livre des bénédictions, le rituel officiel, prévoit pour les objets de piété, et notamment s'il confie une forme au diacre ou à un laïc. Nous ne l'avons pas consulté.
  • Les conditions pratiques dans lesquelles le pape bénit les objets présentés lors d'une audience. Nous ne les avons pas établies.
  • Ce que devient la bénédiction elle-même quand l'objet est détruit ou vendu. La norme 16 § 2 règle l'indulgence attachée à l'usage de l'objet, elle ne règle pas la bénédiction, et nous n'avons pas trouvé de texte qui le fasse.

D'autres questions sur l'objet et sur la prière sont traitées dans les pages de ce blog, notamment ce que désignent les mots chapelet et rosaire.

Ce qui change, ce qui ne change pas

Ce qu’une bénédiction change

La confusion est répandue, et le Catéchisme la nomme. Voici les deux colonnes, chacune appuyée sur un texte.

Ce que ça change

  • Le statut de l’objet, et ce statut oblige celui qui le possède.Catéchisme de l’Église catholique
  • Une indulgence partielle est attachée à l’usage d’un objet de piété dûment béni.Manuel des indulgences, concession 14
  • L’objet devient un sacramental, c’est-à-dire un signe qui dispose à recevoir la grâce.Catéchisme, sur les sacramentaux

Ce que ça ne change pas

  • Ce n’est pas un sacrement, et le chapelet béni n’en devient pas un.
  • Un chapelet béni ne protège de rien, n’attire rien, n’agit pas de lui-même.
  • L’indulgence tient à l’usage qu’on en fait, elle n’est pas déposée dans la matière.Manuel des indulgences
  • Elle cesse si l’objet est vendu, ou s’il cesse entièrement d’exister. Un maillon décroché n’y change rien.Manuel des indulgences, norme 16 § 2

Le Catéchisme nomme la déviation au numéro 2111 : « Attacher à la seule matérialité des prières ou des signes sacramentels leur efficacité, en dehors des dispositions intérieures qu’ils exigent, c’est tomber dans la superstition.

»

En trois questions

Chapelet ou dizainier ?

Trois questions sur votre façon de prier, et le rayon qui vous correspond.

  1. Où priez-vous le plus souvent ?

  2. Combien de temps avez-vous, d’habitude ?

  3. Qu’attendez-vous de l’objet ?

Ce qu’il vous faut

Un chapelet de cinq dizaines

Les cinquante-neuf grains comptent à votre place : la main sait toujours où elle en est, et les cinq dizaines se suivent sans y penser. C’est l’objet fait pour une prière posée, d’une traite.

Comptez vingt minutes pour les prières seules, davantage avec l’annonce des mystères.

Voir les chapelets

Ce qu’il vous faut

Un dizainier

Dix grains et une croix, dans une poche. Une dizaine se dit en trois minutes et demie, et cinq passages font le chapelet entier : c’est l’objet de ceux qui prient par morceaux, là où ils sont.

Il ne se voit pas, et il ne casse pas au fond d’un sac.

Voir les dizainiers

Ce qu’il vous faut

Les deux, et ce n’est pas un compromis

Vos réponses ne penchent d’aucun côté, et c’est l’usage le plus répandu : le chapelet reste à la maison pour le temps qu’on lui donne, le dizainier suit dans la poche pour celui qu’on prend en route.

Si vous devez commencer par un seul, prenez le dizainier : il ne vous empêchera jamais de dire les cinq dizaines.

Voir les dizainiers