Pratique

Comment porter un chapelet et où le ranger

Publié le 10 min de lecture

Sommaire
  1. En bref
  2. Comment se porte un chapelet
  3. Ce que l'Église prévoit pour le chapelet, et ce qu'elle ne prévoit pas
  4. Où mettre son chapelet quand on ne prie pas
  5. Une dizaine, pour que le chapelet porté serve
  6. Questions fréquentes
  7. Le meilleur endroit reste celui d'où il sort le plus souvent

Un chapelet se porte d'abord dans la main : c'est un instrument de prière, fait pour être tenu grain après grain. Le reste du temps, il se garde sur soi, dans une poche ou un sac, ou se range chez soi là où l'on prie. Aucun texte de l'Église n'impose ni n'interdit de le porter au cou : elle a prévu un rite pour bénir les chapelets, aucun pour les porter. La seule limite qu'elle pose est nette : un objet de piété n'est pas un talisman.

En bref

  • Dans la main pendant la prière, sur soi ou rangé le reste du temps. Il n'y a pas d'autre règle.
  • Le Directoire sur la piété populaire ne fixe pas d'endroit : il mentionne les usages en place, à la maison, en pendentif, conservé sur soi.
  • Pour le scapulaire du Carmel, l'Église a prévu un rite d'imposition ; pour le chapelet, un rite de bénédiction, rien sur la manière de le porter.
  • L'indulgence attachée à un objet béni tient à son usage pieux, pas au fait de l'avoir sur soi.
  • Porté comme porte-bonheur, il sort de sa fonction : les objets de culte « ne doivent pas être considérés comme un talisman ».

Comment se porte un chapelet

La question en recouvre deux : comment le tenir quand on prie, et où le mettre le reste du temps.

Dans la main, pendant la prière

Dans l'usage courant, on le tient entre le pouce et l'index, et l'on avance d'un grain à chaque prière achevée : le doigt garde le compte pour que la tête n'ait pas à le garder. Aucun texte ne fixe cette prise, elle vient de la pratique. Ce que l'Église catholique en France en dit tient à sa fonction : « l'objet de piété utilisé pour guider cette prière ».

On part de la croix, on passe la branche, on entre dans la couronne, la disposition des grains suivant l'ordre des prières : voir notre page sur les grains de chapelets. Le Directoire sur la piété populaire rappelle au numéro 197 que la méditation du Rosaire « exige que le rythme soit calme et que l'on prenne son temps ».

Sur soi, en dehors de la prière

Une poche, un sac, un étui, une boîte à gants. Le Directoire, au numéro 18, parle des images et des objets « destinés à la dévotion privée et personnelle », et mentionne au passage ceux que l'on conserve sur soi : il décrit un usage en place, il ne prescrit rien de plus. C'est la manière la plus utile : un chapelet qu'on a sur soi sert quand la journée laisse un creux. Voir le port du chapelet.

Au poignet et au doigt

Beaucoup portent un dizainier, cette forme courte à dix grains qui tient au poignet ou se glisse au doigt : elle permet une dizaine là où l'objet complet serait encombrant. Aucun texte ne prescrit ni n'interdit cette manière de faire. Voir le dizainier de prière et la bague dizainier.

Ce que l'Église prévoit pour le chapelet, et ce qu'elle ne prévoit pas

Le port au cou est la variante la plus posée en question, et celle où circulent le plus d'affirmations fausses. Reprenons ce qui est écrit.

Au cou : aucun texte ne l'interdit, aucun ne le prescrit

Aucun texte du magistère n'interdit de porter un chapelet au cou. Aucun ne le prescrit non plus. Ce que le Directoire décrit au numéro 206 concerne les médailles : « Les fidèles aiment beaucoup porter sur eux, presque toujours attachées au cou, des médailles portant l'image de la Bienheureuse Vierge Marie. Ce geste de dévotion constitue de leur part un témoignage de foi. » Rien de tel n'est écrit pour le chapelet.

La comparaison avec le scapulaire est parlante : celui du Carmel est « une forme réduite de l'habit religieux » des frères du Mont Carmel, et il est « imposé au cours de la célébration d'un rite particulier, déterminé par l'Église » (n. 205). Le texte s'arrête là : il dit d'où vient l'objet et comment on le reçoit, pas comment le porter. Pour le chapelet, l'Église propose un rite de bénédiction (n. 198), c'est-à-dire un geste sur l'objet, pas sur la façon de l'arborer. Notre page dédiée reprend la question : peut-on porter un chapelet autour du cou.

La limite : le talisman

Là, le texte est explicite, et il ne vise pas que les médailles : il nomme aussi « les autres objets de culte ». La « médaille miraculeuse », écrit le Directoire, « comme les autres médailles de la Vierge ou les autres objets de culte, ne doit pas être considérée comme un talisman, ce qui conduirait les fidèles à une vaine crédulité » (n. 206). Il prévient plus haut que les gestes symboliques privés d'intériorité « risquent de devenir des coutumes vides de sens et, dans le pire des cas, de dégénérer en superstition » (n. 15).

Ce n'est pas une remontrance adressée à celui qui cherche un appui : quand on traverse quelque chose de dur, on veut tenir quelque chose. Mais le chapelet ne fait rien tout seul, et l'Église ne promet aucun résultat à celui qui le porte. La formule est de Paul VI, dans Marialis Cultus (n. 47) : sans la contemplation, « le Rosaire est un corps sans âme ». Jean-Paul II la reprend au paragraphe 12 de Rosarium Virginis Mariae. Voir à quoi sert un chapelet.

Ce que la bénédiction change, et ce qu'elle ne change pas

Un chapelet béni reste un objet de prière : ce qui ouvre l'indulgence, c'est l'usage, pas le port. La norme 15 de l'Enchiridion Indulgentiarum l'accorde au fidèle qui use avec dévotion d'un des objets de piété dûment bénis qu'elle énumère : le crucifix ou la croix, la corona, c'est-à-dire le chapelet, le scapulaire, la médaille. La concession 14 § 2 dit la même chose de l'objet béni par un prêtre ou un diacre : indulgence partielle à qui en use d'un esprit pieux. Le verbe ne change pas, user et non porter. La bénédiction se demande en paroisse et ne coûte rien : voir comment bénir un chapelet, et pourquoi elle ne s'achète pas avec l'objet sur notre page consacrée au fait d'acheter un chapelet béni.

Où mettre son chapelet quand on ne prie pas

Le Directoire ne légifère pas sur le rangement, il décrit ce qui se fait. Au numéro 18, en demandant aux Évêques et aux recteurs de sanctuaires de veiller à ce que les images sacrées destinées aux fidèles « ne dégénèrent ni dans la banalité, ni dans l'erreur », il les mentionne telles qu'on en use déjà : « exposées dans les maisons, ou portées en pendentif, ou encore conservées personnellement ». Le texte constate ces usages, il n'en fait pas une règle. Le choix reste donc large, et il vous revient.

Où le mettre Ce que ça change Ce qu'en dit un texte
Dans une poche, un sac Il est là au moment où la journée laisse un creux « Conservées personnellement » : usage mentionné par le Directoire pour les images et objets de la dévotion privée (n. 18)
Chez soi, là où l'on prie On le voit, donc on y pense « Exposées dans les maisons » : autre usage mentionné au même numéro (n. 18)
Autour du cou Signe visible, avec le risque du signe seul Décrit pour les médailles, « témoignage de foi » (n. 206). Rien pour le chapelet
Au poignet, au doigt Une dizaine reste possible partout Aucun texte, ni pour ni contre

Chez soi

Aucun texte ne fixe l'endroit. Rangé au fond d'un tiroir, un chapelet ne sert plus ; posé là où l'on s'assoit pour prier, il rappelle le rendez-vous. C'est un point pratique, pas une règle, et il rejoint la question de quand prier le chapelet.

Sous l'oreiller, dans la voiture, dans le sac

Ces habitudes ne posent pas de problème en elles-mêmes ; ce qui en pose un, c'est l'intention qu'on y met. Le Directoire tranche à propos des rameaux bénis du dimanche des Rameaux, et le raisonnement vaut pour tout objet béni : ils « ne doivent pas être conservés en guise d'amulettes, ou dans le seul but d'obtenir une guérison, ou bien encore dans le but d'éloigner les esprits mauvais », de telles attitudes « relèveraient sans doute de la superstition » (n. 139). Voir dormir avec un chapelet sous l'oreiller.

Un chapelet cassé, usé, ou trouvé

Un chapelet porté frotte, et le fil finit par céder. Aucun texte ne prescrit ce qu'il faut alors en faire ; le remplaçant, lui, se fait bénir à son tour, l'indulgence attachée à l'usage d'un objet cessant dès que cet objet est détruit ou vendu (Enchiridion Indulgentiarum, norme 16 § 2, en latin). Voir ce que signifie un chapelet qui se casse, comment purifier un chapelet, et ce que veut dire trouver un chapelet par terre.

Une dizaine, pour que le chapelet porté serve

Si vous l'avez sur vous, autant qu'il serve. Une dizaine tient en quelques minutes : un Notre Père, dix Je vous salue Marie en méditant un mystère, un Gloire au Père. La série de mystères dépend du jour de la semaine, et cette répartition a changé en 2002, quand Jean-Paul II a ajouté les mystères lumineux dans Rosarium Virginis Mariae ; ceux qui suivent la répartition antérieure ne sont pas dans l'erreur. Le détail est dans notre page sur le chapelet du jour.

Le Notre Père

Notre Père, qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses,
comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation
mais délivre-nous du Mal.
Amen

Le Je vous salue Marie

Je vous salue Marie, pleine de grâce ;
Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous pauvres pécheurs,
Maintenant et à l'heure de notre mort.
Amen

Le Gloire au Père

Cette formule est l'usage français reçu, et elle se donne comme tel : aucun texte du magistère ne la fixe en français, et le Saint-Siège, sur sa page du Rosaire, en imprime une version qui diffère par la ponctuation et par la fin.

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit,
comme il était au commencement, maintenant et toujours,
pour les siècles des siècles.
Amen.

Questions fréquentes

Comment mettre un chapelet ?

Dans la main pour prier : l'usage courant est de le tenir entre le pouce et l'index et d'avancer d'un grain à chaque prière. Le reste du temps, là où il reste accessible : une poche, un sac, un étui. Aucune manière n'est fautive tant que l'objet est traité comme un objet de prière, non comme un porte-bonheur.

Où mettre son chapelet ?

Aucun texte ne fixe d'endroit. Le Directoire sur la piété populaire mentionne, à propos des images et des objets de la dévotion privée, les usages en place : exposés dans la maison, portés en pendentif, conservés sur soi. Chez soi, le plus utile reste l'endroit où vous vous asseyez pour prier.

Le meilleur endroit reste celui d'où il sort le plus souvent

Poche, sac, table de chevet, poignet : le bon endroit est celui qui vous le remet dans la main. Prenez une dizaine aujourd'hui, avec celui que vous avez déjà.

Et si vous en cherchez un deuxième à garder sur vous, nos chapelets sont classés par forme, par matière et par couleur : c'est l'usage que vous en ferez, poche, poignet ou table de chevet, qui oriente le choix. Pour le poignet et le doigt, ce sont les dizainiers qu'il faut regarder, et le dizainier doigt en particulier : une seule pièce de métal, 4,4 cm, qui tient sur une phalange.

Ce qui se porte, et ce qui se prie

Un objet porté n'a pas les mêmes contraintes qu'un objet posé.

1/3 Où priez-vous le plus souvent ?

2/3 Combien de temps, en général ?

3/3 Ce qui compte le plus ?

Un chapelet de cinq dizaines

Les cinquante-neuf grains comptent à votre place : la main sait toujours où elle en est, et c'est ce qui permet de méditer le mystère au lieu de compter. C'est le format de la prière posée, à la maison comme à l'église.

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Un dizainier

Dix grains et une croix, dans une poche ou au poignet : une dizaine se prie en trois minutes et demie, sans sortir d'objet visible. C'est le format de la prière en déplacement, celle qui tient dans une journée de travail.

Voir les dizainiers

Les deux, et c'est l'usage le plus répandu

Le chapelet reste à la maison pour la prière posée, le dizainier suit dans la poche pour le reste. Si vous ne deviez en prendre qu'un pour commencer, prenez le chapelet : le dizainier s'ajoute ensuite sans rien remplacer.

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