Le signe de croix : le geste, son sens, son origine
Sommaire
En bref
- Le signe de croix se trace front, poitrine, épaule gauche, épaule droite chez les catholiques latins.
- Les orthodoxes et les catholiques de rite byzantin vont de droite à gauche : ce n'est pas une erreur, c'est un autre usage, plus ancien.
- Il ouvre et ferme le chapelet, et c'est le premier geste du croyant, avant même le Credo.
- Son attestation est très ancienne : Tertullien le décrit déjà vers l'an 200.
- Ce n'est pas un geste magique : c'est une profession de foi trinitaire faite avec le corps.
C'est le geste que l'on fait sans y penser, au début et à la fin de la prière. Et c'est précisément pour cela qu'il mérite qu'on s'y arrête une fois.
Le signe de croix dit deux choses à la fois : la Trinité, par les paroles, et la croix, par le tracé. Les deux mystères centraux de la foi, en trois secondes.
Comment il se fait
Dans le rite latin, celui de l'Église catholique en Occident :
- La main droite ouverte touche le front : « Au nom du Père »
- Puis la poitrine, au niveau du sternum : « et du Fils »
- Puis l'épaule gauche : « et du Saint »
- Puis l'épaule droite : « Esprit »
- Les mains se joignent : « Amen »
Il n'y a pas de règle sur la position des doigts dans le rite latin. La main ouverte est l'usage le plus courant.
Pourquoi les orthodoxes font l'inverse
C'est la question la plus posée, et la réponse surprend : le sens droite-gauche est le plus ancien.
Les Églises d'Orient, orthodoxes et catholiques de rite byzantin, vont du front à la poitrine, puis de l'épaule droite vers l'épaule gauche. Elles joignent en outre trois doigts, pouce, index et majeur, pour la Trinité, et replient les deux autres sur la paume pour les deux natures du Christ.
L'Occident a fait le même geste jusqu'au Moyen Âge, puis l'a inversé, notamment parce que le prêtre bénissait l'assemblée de sa gauche vers sa droite et que les fidèles, lui faisant face, ont fini par reproduire ce qu'ils voyaient.
Aucun des deux sens n'est correct contre l'autre. Ce sont deux traditions.
Le petit signe de croix
Il en existe une seconde forme, plus discrète, et elle a sa place précise.
Avec le pouce, on trace une petite croix sur le front, sur les lèvres et sur le cœur. C'est le geste fait à la messe avant la lecture de l'Évangile, et il dit : que cette Parole soit dans mon intelligence, dans ma bouche et dans mon cœur.
C'est aussi le signe tracé sur le front d'un enfant au baptême, et que beaucoup de parents refont le soir.
Son ancienneté
Le geste est attesté bien avant les grands conciles.
Tertullien, écrivain chrétien de Carthage, écrit vers l'an 200 dans son traité De corona que les chrétiens marquent leur front du signe de la croix à chaque déplacement, en entrant et en sortant, en s'habillant, en se mettant à table. Il le décrit déjà comme une habitude ancienne, dont il dit qu'elle vient de la tradition et non de l'Écriture.
Ce n'était alors qu'une petite croix sur le front. Le grand signe, du front aux épaules, s'est répandu plus tard.
Sa place dans le chapelet
Le chapelet s'ouvre et se ferme par le signe de croix, sur la croix de l'objet lui-même.
L'ordre est le suivant : signe de croix, puis Credo sur la croix, puis le premier Notre Père. Nous détaillons cette ouverture dans l'article sur le Credo, et le déroulé complet dans le chapelet mode d'emploi.
Beaucoup de fidèles embrassent la croix du chapelet avant de commencer. C'est un usage, pas une obligation.
Ce qu'il n'est pas
Il faut le dire nettement, parce que la confusion existe.
Le signe de croix n'est pas une formule de protection qui agirait par elle-même. Le Catéchisme de l'Église catholique le classe parmi les sacramentaux (nos 1667 à 1670) : des signes sacrés qui disposent à recevoir la grâce, mais qui ne la produisent pas à la manière des sacrements.
Autrement dit : il engage celui qui le fait. Il ne contraint pas Dieu.
Quand le faire
L'usage traditionnel est large : au réveil et au coucher, avant et après les repas, en entrant dans une église, devant un crucifix, avant une épreuve, en passant devant un cimetière, au début et à la fin de toute prière.
Rien de tout cela n'est obligatoire. L'idée est ailleurs : c'est un geste qui replace le corps dans la prière, et qui permet de commencer autre chose que ce qu'on faisait avant.
Un geste, un objet
Le signe de croix se fait sans rien tenir. Mais beaucoup le font sur la croix de leur chapelet ou sur celle qu'ils portent, et cela change la densité du geste.
Nos chapelets portent tous une croix ou un crucifix, nos dizainiers aussi : sur le dizainier de poche en verre, elle a quatre voies égales. Pour le port au quotidien, voyez comment porter un chapelet.
Dans quel sens faire le signe de croix ?
Pourquoi les orthodoxes font-ils l'inverse ?
Qu'est-ce que le petit signe de croix ?
Le signe de croix protège-t-il ?
Nos sources
- Catéchisme de l'Église catholique, n° 2157 et 1667-1670 (nouvelle fenêtre)
- Tertullien, De corona, chap. 3 (vers 200) (nouvelle fenêtre)
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Le geste, le sens, la place
Trois secondes qui disent la Trinité par les paroles et la croix par le tracé.
1/3 Ce que vous cherchez…
2/3 Vous le faites…
3/3 Le petit signe de croix, front, lèvres et cœur…
Front, poitrine, épaule gauche, épaule droite
Dans le rite latin, main droite ouverte : « Au nom du Père » au front, « et du Fils » à la poitrine, « et du Saint » à l'épaule gauche, « Esprit » à l'épaule droite, puis les mains se joignent sur « Amen ». Il n'y a pas de règle sur la position des doigts, la main ouverte est l'usage le plus courant.
Voir les chapeletsLe sens droite-gauche est le plus ancien
Les Églises d'Orient vont du front à la poitrine, puis de l'épaule droite vers la gauche, en joignant trois doigts pour la Trinité et en repliant les deux autres pour les deux natures du Christ. L'Occident a fait le même geste jusqu'au Moyen Âge avant de l'inverser. Aucun des deux sens n'est correct contre l'autre, ce sont deux traditions.
Voir les chapeletsIl ouvre et ferme le chapelet, sur la croix de l'objet
L'ordre est simple : signe de croix, Credo sur la croix, premier Notre Père. Beaucoup embrassent la croix du chapelet avant de commencer, c'est un usage et pas une obligation. Un dizainier se prie de la même façon, en plus court, quand la main n'est pas libre.
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