Pratique

Offrir un chapelet : ce que le geste signifie, et comment choisir le bon

Offrir un chapelet se fait à toutes les étapes de la vie chrétienne, et rien ne l'interdit à qui ne pratique pas. Ce que le geste dit, et le seul piège à éviter.

Publié le 6 min de lecture

Sommaire
  1. En bref
  2. Ce que le geste signifie
  3. Les occasions
  4. Le seul piège : le chapelet déjà béni
  5. Comment le choisir sans se tromper
  6. Questions fréquentes
  7. Ce qu'il reste à faire après le cadeau

En bref

  • Oui, un chapelet s'offre, et c'est même l'un des cadeaux les plus anciens de la vie chrétienne.
  • Il n'y a aucune règle liturgique sur le fait de l'offrir : c'est un objet de piété, pas un sacrement.
  • Le seul vrai piège : un chapelet béni ne s'achète pas. On offre l'objet, la personne le fait bénir ensuite.
  • Les occasions classiques sont le baptême, la première communion, la profession de foi, la confirmation et le mariage.
  • Pour une main d'enfant, un dizainier vaut souvent mieux qu'un chapelet complet.

Offrir un chapelet est un geste libre, que rien dans le droit de l'Église n'encadre. Ce n'est pas un sacrement mais un sacramental, c'est-à-dire un objet de piété que l'Église bénit sans qu'il produise de lui-même un effet. On peut donc l'offrir à qui l'on veut, y compris à quelqu'un qui ne pratique pas. Une seule chose ne se fait pas : acheter un chapelet déjà béni, parce que la vente éteint la bénédiction.

Ce que le geste signifie

Un chapelet ne se donne pas comme un bijou.

Ce qu'on offre, c'est un objet qui sert à compter une prière, et la personne qui le reçoit comprend qu'on l'a pensée en train de prier.

C'est ce qui rend le cadeau plus engageant qu'un simple objet religieux, et c'est aussi ce qui fait hésiter.

Il n'y a pourtant rien à redouter.

Le chapelet fait partie de ce que l'Église appelle les sacramentaux, définis par le Code de droit canonique comme des signes sacrés institués pour préparer aux effets des sacrements.

Un sacramental n'oblige à rien, ne certifie rien de la personne qui le reçoit, et n'a aucun caractère solennel.

Offrir un chapelet, c'est offrir un outil, pas un examen de conscience.

À quelqu'un qui ne pratique pas

Rien ne l'interdit, et c'est une situation courante.

Un chapelet reçu d'une grand-mère ou d'un parrain reste souvent des années dans un tiroir avant d'être ouvert un jour de deuil ou d'inquiétude.

La question de savoir si l'objet est nécessaire pour prier se pose d'ailleurs dans l'autre sens : il ne l'est pas, et c'est justement ce qui rend le cadeau léger à recevoir.

À un enfant

C'est le cas le plus fréquent, et le seul où le choix de l'objet compte vraiment.

Un chapelet complet fait une cinquantaine de centimètres de cordon et cinquante-neuf grains : dans une petite main, c'est encombrant et ça casse. Le dizainier, dix grains et une croix, tient dans une poche et se referme sur le poignet.

Il permet de dire un chapelet entier en cinq tours, sans rien perdre de la prière.

Les occasions

Aucune de ces étapes n'impose de chapelet, mais toutes s'y prêtent, et c'est à ces moments-là que le cadeau est le mieux compris.

Occasion Âge habituel Ce qui convient
Baptême nourrisson un chapelet conservé par les parents, souvent en bois clair ou en nacre
Première communion 8 à 10 ans un dizainier, ou un chapelet à petits grains
Profession de foi 12 à 14 ans un chapelet complet, le premier qui servira vraiment
Confirmation adolescence un chapelet sobre, souvent choisi avec la personne
Mariage adulte un chapelet par époux, parfois assortis
Deuil adulte un chapelet remis avec discrétion, sans mot d'accompagnement long

Le seul piège : le chapelet déjà béni

C'est le point sur lequel une grande partie des boutiques est fausse, et il vaut la peine d'être dit clairement.

La bénédiction d'un objet de piété est liée à la personne qui le reçoit.

L'Enchiridion Indulgentiarum précise que l'indulgence attachée à un objet béni cesse dès lors que l'objet est vendu.

Autrement dit, un chapelet vendu comme « béni » ne l'est plus au moment où il change de main contre de l'argent.

La conséquence est simple et ne complique rien : on achète le chapelet, on l'offre, et la personne le fait bénir ensuite. La bénédiction se demande à un prêtre, sans formalité, sans rendez-vous et sans tarif, souvent à la fin d'une messe.

Rien n'empêche d'ailleurs d'offrir le chapelet et de proposer d'accompagner la personne pour le faire bénir : c'est parfois le vrai cadeau.

Comment le choisir sans se tromper

Trois critères suffisent, et ils sont matériels.

La taille des grains. Entre six et huit millimètres pour un usage quotidien, davantage pour une main âgée ou peu mobile, moins pour un enfant.

C'est le seul critère qui se sent immédiatement à l'usage.

Le montage. Un chapelet monté sur chaîne se répare, un chapelet enfilé sur cordon casse à ses jonctions et se renoue.

Aucun des deux n'est meilleur, mais le cordon vieillit plus vite si on prie tous les jours.

La sobriété. Un chapelet offert sera regardé longtemps.

Les modèles très colorés ou très ornés plaisent au moment du cadeau et lassent ensuite.

Dans le doute, le bois ou une pierre sombre passent partout, à tout âge, et se salissent moins visiblement.

Si le choix reste ouvert, notre sélection de chapelets est classée par matière et par usage plutôt que par prix, ce qui est plus utile quand on choisit pour quelqu'un d'autre.

Questions fréquentes

Que signifie offrir un chapelet ?

Le geste dit qu'on pense à quelqu'un en train de prier, et qu'on lui donne de quoi le faire.

Il ne signifie ni un engagement, ni une attente, ni un jugement sur sa pratique.

C'est un cadeau d'usage, pas un cadeau symbolique au sens strict.

Peut-on offrir un chapelet à quelqu'un qui n'est pas croyant ?

Oui, rien ne s'y oppose. L'objet n'a aucun effet automatique et n'engage pas celui qui le reçoit.

La seule précaution est celle de toute relation : offrir un objet religieux à quelqu'un qui l'a explicitement rejeté est maladroit, pour des raisons humaines et non religieuses.

Faut-il offrir un chapelet béni ?

Non, et c'est même impossible à l'achat. La vente éteint la bénédiction.

On offre l'objet, la personne le fait bénir ensuite par un prêtre, gratuitement.

Peut-on offrir un chapelet d'occasion ou hérité ?

Oui, et c'est fréquent dans les familles. Un chapelet transmis n'a rien perdu de sa valeur d'usage.

S'il avait été béni, la bénédiction n'est pas éteinte par une transmission gratuite, contrairement à une vente.

Ce qu'il reste à faire après le cadeau

Une fois le chapelet offert, le plus utile n'est pas d'expliquer comment on prie, mais de laisser l'objet faire son travail.

Beaucoup de gens ouvrent leur premier chapelet des années après l'avoir reçu.

Si la question de la bénédiction se pose, elle se règle en cinq minutes à la sortie d'une messe.

En trois questions

Chapelet ou dizainier ?

Trois questions sur votre façon de prier, et le rayon qui vous correspond.

  1. Où priez-vous le plus souvent ?

  2. Combien de temps avez-vous, d’habitude ?

  3. Qu’attendez-vous de l’objet ?

Ce qu’il vous faut

Un chapelet de cinq dizaines

Les cinquante-neuf grains comptent à votre place : la main sait toujours où elle en est, et les cinq dizaines se suivent sans y penser. C’est l’objet fait pour une prière posée, d’une traite.

Comptez vingt minutes pour les prières seules, davantage avec l’annonce des mystères.

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Ce qu’il vous faut

Un dizainier

Dix grains et une croix, dans une poche. Une dizaine se dit en trois minutes et demie, et cinq passages font le chapelet entier : c’est l’objet de ceux qui prient par morceaux, là où ils sont.

Il ne se voit pas, et il ne casse pas au fond d’un sac.

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Ce qu’il vous faut

Les deux, et ce n’est pas un compromis

Vos réponses ne penchent d’aucun côté, et c’est l’usage le plus répandu : le chapelet reste à la maison pour le temps qu’on lui donne, le dizainier suit dans la poche pour celui qu’on prend en route.

Si vous devez commencer par un seul, prenez le dizainier : il ne vous empêchera jamais de dire les cinq dizaines.

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