Pratique

Dizainier : le prier, le porter, le comprendre

Publié le 11 min de lecture

Sommaire
  1. En bref
  2. Dizainier : signification du mot
  3. Comment prier le dizainier
  4. Les prières du dizainier, en entier
  5. Porter un dizainier
  6. Questions fréquentes
  7. La dizaine du jour est déjà une prière entière

Un dizainier est un chapelet réduit à une seule dizaine : dix grains, un grain isolé, une croix ou une médaille. On le prie exactement comme une dizaine du chapelet, soit un Notre Père, dix Je vous salue Marie et un Gloire au Père, en méditant un mystère. Il se porte au poignet, au doigt ou dans une poche, à portée de main dans la journée. Il ne remplace pas le chapelet : il rend praticable la dizaine qu'on aurait sinon remise à plus tard.

En bref

  • Le dizainier porte une dizaine, c'est-à-dire un cinquième du chapelet et un vingtième du rosaire.
  • La prière est la même que sur un chapelet : Notre Père, dix Je vous salue Marie, Gloire au Père.
  • Ce que l'Église fixe, c'est la dizaine. La forme de l'objet, elle, n'est fixée par aucun texte.
  • La répartition des mystères par jour de la semaine a changé en 2002.
  • Prier une seule dizaine n'est pas une prière au rabais. Paul VI écrit que le fidèle doit se sentir devant le Rosaire « sereinement libre ».

Dizainier : signification du mot

Le mot vient de dizaine, et c'est tout ce qu'il dit : l'objet porte les grains d'une dizaine, pas ceux d'un chapelet entier. Il isole l'unité de base du Rosaire, celle sur laquelle tout le reste est construit. Paul VI décrit cette structure dans Marialis Cultus en 1974, avant l'ajout des mystères lumineux : le nombre de cent cinquante Je vous salue Marie y est « subdivisé en dizaines se référant à chacun des mystères ». La dizaine n'est pas un morceau détaché d'un ensemble, c'est le module qui compose l'ensemble.

Ce que le mot ne dit pas

Aucun texte du magistère ne définit le dizainier, pas plus qu'il ne fixe un nombre de grains pour le chapelet. Ce qui est défini, c'est la dizaine comme unité de prière. Le reste relève de l'usage : un dizainier se monte en anneau, en bracelet ou en cordon fermé, avec ou sans grain isolé bien marqué. Nous détaillons les configurations dans notre page sur les grains de chapelets, et le vocabulaire dans celle sur le nom des petits chapelets.

Dizainier ou chapelet, ce qui change vraiment

Rien dans la prière, tout dans le comptage. Sur un chapelet, la couronne compte les cinq dizaines pour vous : vous savez où vous en êtes en touchant les grains isolés. Sur un dizainier, chaque tour vous ramène au point de départ, et c'est vous qui tenez le compte si vous en enchaînez plusieurs.

Jean-Paul II rappelle dans Rosarium Virginis Mariae que le chapelet est « l'instrument traditionnel pour la récitation du Rosaire », et met en garde contre « une pratique par trop superficielle » qui le réduirait à « un simple instrument servant à compter ». Le dizainier hérite de la même ambiguïté. Voir aussi la différence entre chapelet et rosaire et notre page sur ce qu'est un dizainier.

Comment prier le dizainier

La marche à suivre est courte, et elle ne change pas selon la forme de l'objet.

La dizaine, dans son ordre

Trois éléments, toujours les mêmes : un Notre Père, dix Je vous salue Marie récités en méditant le mystère, un Gloire au Père. Voilà le noyau. Tout ce qui vient avant ou après relève de l'usage, souvent excellent, mais ne fait pas la validité de la prière.

Sur le dizainier Ce qu'on dit Statut
La croix ou la médaille Le signe de croix, puis l'annonce du mystère médité Usage
Le grain isolé Un Notre Père Structure de la dizaine
Les dix grains Dix Je vous salue Marie, en méditant le mystère Structure de la dizaine
De retour au départ Un Gloire au Père Structure de la dizaine
Après le Gloire au Père La prière de Fatima, quand on l'ajoute Usage, facultatif

Le Credo, le Notre Père d'ouverture et les trois Je vous salue Marie appartiennent à l'entrée du chapelet dans l'usage français. Un dizainier ne les porte pas, et n'en a pas besoin : la dizaine commence au Notre Père.

Quel mystère méditer sur un dizainier

Un point à connaître avant de lire le tableau : la répartition des mystères par jour a changé en 2002. En publiant Rosarium Virginis Mariae le 16 octobre 2002, Jean-Paul II ajoute les cinq mystères lumineux et conseille de « déplacer au samedi la deuxième méditation hebdomadaire des mystères joyeux », si bien que « le jeudi reste opportunément libre pour la méditation des mystères lumineux ». Ceux qui suivent encore la répartition antérieure ne se trompent pas : ils suivent l'usage d'avant.

Jour Mystères depuis 2002 Mystères avant 2002
Lundi Joyeux Joyeux
Mardi Douloureux Douloureux
Mercredi Glorieux Glorieux
Jeudi Lumineux Joyeux
Vendredi Douloureux Douloureux
Samedi Joyeux Glorieux
Dimanche Glorieux Glorieux

Le vendredi est douloureux dans les deux répartitions, avant comme après 2002. Une réserve utile, posée par le Directoire sur la piété populaire : « la caractérisation liturgique d'un jour déterminé prévaut sur son rang dans la semaine ». Un vendredi qui tombe le jour de Noël appelle les mystères joyeux, pas les douloureux. Le détail jour par jour est dans notre page sur le chapelet du jour.

Prier plus d'une dizaine, ou s'arrêter à une seule

Cinq tours donnent un chapelet, vingt donnent le rosaire complet. Le seul travail supplémentaire est de retenir où vous en êtes, en changeant de mystère à chaque tour plutôt qu'en comptant les tours.

Jean-Paul II admet lui-même qu'on ne récite pas toujours tout. Dans Rosarium Virginis Mariae, il rappelle que le Rosaire « peut être récité intégralement chaque jour », puis constate que « beaucoup ne pourront en réciter qu'une partie, selon un certain ordre hebdomadaire ». Ce qu'il décrit là, c'est le chapelet de cinq dizaines dit chaque jour, une série de mystères après l'autre, plutôt que les vingt mystères d'un seul tenant. Il ne parle pas de la dizaine seule.

Le pas suivant, nous le prenons à notre compte : une dizaine dite dans la journée vaut mieux qu'un chapelet remis à un créneau qui ne viendra pas. Ce n'est pas une prière au rabais, c'est celle que vous pouvez tenir. Paul VI écrit dans Marialis Cultus que « le Rosaire est une prière excellente, au regard de laquelle le fidèle doit pourtant se sentir sereinement libre, invité à le réciter, en toute quiétude, par sa beauté intrinsèque ». Il n'y a ni quota ni dette. Le cas de ceux qui n'en disent que quelques-unes est traité dans notre page sur le fait de réciter les trois premières dizaines du chapelet. Sur ce qu'on regarde pendant qu'on récite, voir méditer le chapelet.

Les prières du dizainier, en entier

Le Notre Père et le Je vous salue Marie sont ceux que publie l'Église catholique en France, dans la traduction du Notre Père en vigueur depuis le 3 décembre 2017. Le Gloire au Père et la prière de Fatima qui suivent ne viennent pas de là : ils relèvent de l'usage, avec la réserve indiquée sous chacun.

Le Notre Père

Notre Père, qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses,
comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation
mais délivre-nous du Mal.
Amen

Le Je vous salue Marie

Je vous salue Marie, pleine de grâce ;
Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous pauvres pécheurs,
Maintenant et à l'heure de notre mort.
Amen

Le Gloire au Père

Cette courte louange trinitaire s'appelle une doxologie. Elle clôt la dizaine. Aucun texte romain n'en fixe la traduction française : la formule ci-dessous est celle de l'usage courant, et pas autre chose.

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit,
comme il était au commencement, maintenant et toujours,
pour les siècles des siècles.
Amen.

Attention à ne pas la confondre avec la doxologie de la liturgie des Heures, qui dit « au Dieu qui est, qui était et qui vient ». Les deux sont justes, chacune à sa place. Nous démêlons les versions dans notre page sur le Gloire au Père du chapelet.

La prière de Fatima, quand on l'ajoute

Beaucoup ajoutent, après le Gloire au Père, une invocation liée aux apparitions de Fatima en 1917. Elle est facultative, et elle relève elle aussi de l'usage.

Ô mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l'enfer,
conduisez au ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.

Ses variantes sont détaillées dans notre page sur la prière de Fatima du chapelet.

Porter un dizainier

C'est la raison d'être de l'objet : tenir sur soi sans gêner, pour que la dizaine se dise dans un temps mort de la journée plutôt que dans un créneau qu'on n'aura pas.

Le porter comme un rappel, pas comme une protection

L'Église connaît bien ce geste et le regarde avec bienveillance. À propos des médailles portées au cou, le Directoire sur la piété populaire écrit que ce geste « constitue de leur part un témoignage de foi, un signe de vénération », et que l'Église bénit ces objets « en rappelant qu'ils ont pour rôle de rappeler aux fidèles l'amour de notre Seigneur ». Rappeler : c'est le mot du texte.

Le même Directoire pose la limite là où il énumère ces gestes, dont « le fait de porter des médailles et des insignes » : « Sans cette dimension d'intériorité, les gestes symboliques risquent de devenir des coutumes vides de sens et, dans le pire des cas, de dégénérer en superstition. » Un dizainier au poignet qu'on ne prie jamais n'est pas un scandale, mais ce n'est plus un dizainier. La question se pose dans les mêmes termes pour le grand format : voir peut-on porter un chapelet autour du cou.

Bague dizainier : à quel doigt

Aucune règle liturgique ne l'impose, et aucun texte d'Église ne se prononce sur la question. Le seul critère est pratique : un doigt que le pouce atteint sans avoir à regarder. Le sujet est traité seul dans notre page sur la bague dizainier et le doigt.

Faut-il le faire bénir

Ce n'est pas obligatoire, et cela ne change rien à la validité de la prière. C'est simplement bon : le Directoire signale que l'Église « manifeste son estime à l'égard de la prière du saint Rosaire en proposant un rite de la Bénédiction des chapelets », et que la bénédiction des objets s'accompagne de celle des personnes qui prient avec.

Allez donc voir un prêtre ou un diacre dans votre paroisse, c'est gratuit. Et n'en cherchez pas un déjà béni : l'Enchiridion Indulgentiarum est explicite à la norme 16 § 2, l'indulgence attachée à l'usage d'un objet de piété cesse quand l'objet est vendu. La démarche complète est décrite dans notre page sur le fait de bénir un chapelet.

Questions fréquentes

Comment prier le dizainier ?

Annoncez le mystère du jour, dites un Notre Père sur le grain isolé, dix Je vous salue Marie sur les dix grains en gardant le mystère devant les yeux, puis un Gloire au Père. C'est fini. Pour le chapelet entier, refaites le tour cinq fois en changeant de mystère à chaque tour.

Peut-on porter un dizainier ?

Oui, et c'est fait pour. L'Église regarde ce geste comme un témoignage de foi, à condition qu'il reste un rappel et pas un porte-bonheur. Le Directoire sur la piété populaire est clair sur les deux versants : le geste est bon, il dégénère en superstition si l'intériorité disparaît.

Quelle est la signification du dizainier ?

Elle tient dans son format. Il isole la dizaine, module dont le chapelet et le rosaire sont faits, et il la met à portée de main. Sa signification est pratique avant d'être symbolique : rendre possible une prière courte, là où on se trouve.

La dizaine du jour est déjà une prière entière

Le plus simple est de commencer maintenant : regardez la série de mystères du jour dans le tableau ci-dessus, prenez le premier, et faites un tour. Si l'exercice tient une semaine, la question suivante n'est pas d'en faire plus mais de savoir quand le glisser dans la journée, ce que nous traitons dans quand prier le chapelet.

Reste à en avoir un à portée de main, puisque c'est toute la raison d'être de l'objet : c'est ce que rassemble notre collection de dizainiers. Les formes ne se valent pas à l'usage : le dizainier doigt tient sur une phalange, d'une seule pièce de métal, quand le dizainier paracorde se noue sur un cordon, sans maillon ni fermoir. Le format long, à cinq dizaines, est dans nos chapelets.

Dizainier ou chapelet, pour vous

Les deux se prient, mais pas dans les mêmes moments.

1/3 Où priez-vous le plus souvent ?

2/3 Combien de temps, en général ?

3/3 Ce qui compte le plus ?

Un chapelet de cinq dizaines

Les cinquante-neuf grains comptent à votre place : la main sait toujours où elle en est, et c'est ce qui permet de méditer le mystère au lieu de compter. C'est le format de la prière posée, à la maison comme à l'église.

Voir les chapelets

Un dizainier

Dix grains et une croix, dans une poche ou au poignet : une dizaine se prie en trois minutes et demie, sans sortir d'objet visible. C'est le format de la prière en déplacement, celle qui tient dans une journée de travail.

Voir les dizainiers

Les deux, et c'est l'usage le plus répandu

Le chapelet reste à la maison pour la prière posée, le dizainier suit dans la poche pour le reste. Si vous ne deviez en prendre qu'un pour commencer, prenez le chapelet : le dizainier s'ajoute ensuite sans rien remplacer.

Voir les chapelets