Gloire au Père : texte et place dans le chapelet
Sommaire
- En bref
- Le texte du Gloire au Père
- Où le Gloire au Père se place dans le chapelet
- Ce qui se dit juste après
- Pourquoi une louange à la Trinité dans une prière mariale
- Gloire au Père et Gloire à Dieu, deux prières différentes
- Le mystère change avec le jour, le Gloire au Père ne change pas
- Questions fréquentes
- Ne le dites pas comme une fin de dizaine
Le Gloire au Père se dit à la fin de chaque dizaine du chapelet, après les dix Je vous salue Marie. Dans l'usage français, il revient une fois de plus à l'ouverture, après les trois premiers Je vous salue Marie : on le dit donc six fois sur un chapelet de cinq dizaines. La formule reçue est : « Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit, comme il était au commencement, maintenant et toujours, pour les siècles des siècles. Amen. » Aucun texte du magistère ne la fixe en français : c'est l'usage.
En bref
- Le Gloire au Père ferme la dizaine : un Notre Père, dix Je vous salue Marie en méditant le mystère, un Gloire au Père.
- Une seule phrase, puis Amen : « Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit, comme il était au commencement, maintenant et toujours, pour les siècles des siècles. Amen. »
- Aucun texte du magistère ne fixe cette formule en français. C'est un usage, et il change d'une source à l'autre : le Vatican en imprime une autre version.
- La liturgie des Heures dit autre chose à la même place : « au Dieu qui est, qui était et qui vient ». Les deux sont justes, chacune chez elle.
- Jean-Paul II écrit qu'« il est important que le Gloria, sommet de la contemplation, soit bien mis en relief dans le Rosaire ».
Le texte du Gloire au Père
Une seule phrase, puis Amen. Elle nomme d'abord les trois Personnes, puis elle dit que cette gloire ne commence pas avec nous et ne s'arrêtera pas après nous. Ni demande, ni intention, ni mention de nos besoins.
La version dite au chapelet
C'est la formulation reçue dans l'usage français, celle qu'on entend dans les groupes de chapelet.
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit,
comme il était au commencement, maintenant et toujours,
pour les siècles des siècles.
Amen.
Un point mérite d'être dit franchement : aucun texte du magistère ne fixe cette formule en français. L'Église catholique en France la nomme dans son livret du Rosaire sans en donner le texte. Le Vatican, lui, en imprime une autre version sur sa page du Rosaire : un point après « Saint-Esprit », qui en fait deux phrases au lieu d'une, et « et dans les siècles des siècles » en clôture. C'est un usage reçu, pas un texte officiel.
La version entendue aux offices
Si vous priez les vêpres, les complies ou une petite heure, la fin n'est pas la même. La liturgie des Heures emploie cette traduction :
Gloire au Père, et au Fils et au Saint-Esprit,
au Dieu qui est, qui était et qui vient,
pour les siècles des siècles.
Amen.
Vous la lisez sur le site de l'AELF, en tête de l'office, juste après le verset « Dieu, viens à mon aide ». Les laudes font exception : l'office s'y ouvre par l'invitatoire, sans ce verset ni la doxologie. Beaucoup la découvrent en priant avec une communauté religieuse et croient s'être trompés. Ce sont deux traductions d'une même louange : celle du chapelet au chapelet, celle de l'office à l'office. Dans un chapelet récité à plusieurs, on prend celle du groupe, dès la première dizaine.
Où le Gloire au Père se place dans le chapelet
Le Gloire au Père n'est pas une prière ajoutée au chapelet : il en est une pièce, et il revient à deux endroits.
À l'ouverture, dans l'usage français
L'Église catholique en France donne cet ordre pour commencer : le signe de croix, le Credo du chapelet sur la croix, le Notre Père du chapelet, trois Je vous salue Marie, un Gloire au Père. Ce premier Gloire au Père se dit donc avant la première dizaine.
Cette ouverture est un usage, pas une règle universelle. Le Vatican commence autrement sur sa page du Rosaire : le signe de croix, « Dieu viens à mon aide », puis la doxologie de l'office. Ni Credo, ni Notre Père, ni les trois Je vous salue Marie.
Puis à la fin de chaque dizaine
Vient ensuite le corps du chapelet, cinq fois de suite. Le Vatican l'écrit ainsi : « Notre Père, 10 Je vous salue Marie (en méditant le mystère), Gloire au Père. » Cette position de clôture explique pourquoi tant de gens le récitent vite. Jean-Paul II invite à l'inverse, nous y venons plus bas.
Combien de fois en tout
| Moment | Nombre de Gloire au Père |
|---|---|
| Ouverture, après les trois Je vous salue Marie (usage français) | 1 |
| Fin de chaque dizaine | 1, soit 5 en tout |
| Un chapelet de cinq dizaines | 6 |
| Un rosaire (quatre chapelets, vingt dizaines) | 20, plus une ouverture par chapelet dit séparément |
Six, quelle que soit l'ouverture suivie : celle du Vatican comporte elle aussi une doxologie. Le compte du rosaire dépend de votre pratique : dit d'une traite, il n'a qu'une ouverture ; réparti sur la journée, le rosaire complet en compte quatre.
Ce qui se dit juste après
Dans beaucoup de groupes, la dizaine ne s'arrête pas au Gloire au Père. Jean-Paul II le constate : « Dans la pratique courante du Rosaire, la doxologie trinitaire est suivie d'une oraison jaculatoire, qui varie suivant les circonstances. » L'Église catholique en France en donne deux à cet endroit, sans les classer : l'une liée aux apparitions de Fatima, l'autre adressée à Marie conçue sans péché.
Celle de Fatima n'a pas de texte fixé : sa formulation change d'un livret à l'autre, jusque dans le document de l'Église catholique en France cité en sources. Voici celle de l'usage courant :
Ô mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l'enfer,
conduisez au ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.
Elle reste facultative, et ni l'une ni l'autre ne remplace le Gloire au Père : elles viennent après lui. Le détail est dans notre article sur la prière de Fatima au chapelet.
Pourquoi une louange à la Trinité dans une prière mariale
Le chapelet s'adresse à Marie : pourquoi y glisser une louange au Père, au Fils et à l'Esprit ? Jean-Paul II y répond dans Rosarium Virginis Mariae, sa lettre apostolique du 16 octobre 2002, au paragraphe qu'il intitule « Le Gloria ».
Il écrit d'abord : « La doxologie trinitaire est le point d'arrivée de la contemplation chrétienne. » La dizaine ne se termine donc pas sur Marie, elle aboutit par elle à la Trinité. Il ajoute : « Il est important que le Gloria, sommet de la contemplation, soit bien mis en relief dans le Rosaire. »
Et il précise : « la glorification trinitaire après chaque dizaine, loin de se réduire à une rapide conclusion, acquiert une juste tonalité contemplative ». La consigne porte sur le rythme. Un Gloire au Père expédié en trois secondes fait perdre à la dizaine son point d'arrivée.
Gloire au Père et Gloire à Dieu, deux prières différentes
Ce texte se cherche aussi sous la forme « gloire à dieu chapelet ». Les deux prières commencent par le même mot, mais ce sont deux textes distincts, et le second ne se dit pas au chapelet.
Le Gloire à Dieu, ou Gloria, est l'hymne de la messe :
Gloire à Dieu, au plus haut des cieux,
Et paix sur la terre aux hommes qu'il aime.
Nous te louons, nous te bénissons,
nous t'adorons,
Nous te glorifions, nous te rendons grâce,
pour ton immense gloire,
Seigneur Dieu, Roi du ciel,
Dieu le Père tout-puissant,
Seigneur, Fils unique, Jésus Christ,
Seigneur Dieu, Agneau de Dieu,
le Fils du Père,
Toi qui enlèves les péchés du monde,
prends pitié de nous
Toi qui enlèves les péchés du monde,
reçois notre prière,
Toi qui es assis à la droite du Père,
prends pitié de nous
Car toi seul es saint,
Toi seul es Seigneur,
Toi seul es le Très-Haut,
Jésus Christ, avec le Saint-Esprit
Dans la gloire de Dieu le Père.
Amen.
Si vous cherchez le texte à réciter après les dix Je vous salue Marie, c'est le Gloire au Père.
Le mystère change avec le jour, le Gloire au Père ne change pas
Le Gloire au Père est le même toute la semaine et à toutes les dizaines. Ce qui change, ce sont les mystères du chapelet que l'on médite pendant les Je vous salue Marie.
Sur ce point, la répartition dans la semaine a changé en 2002. En instituant les mystères lumineux, Rosarium Virginis Mariae conseille de « déplacer au samedi la deuxième méditation hebdomadaire des mystères joyeux », le jeudi restant « libre pour la méditation des mystères lumineux ». Seuls ces deux jours ont bougé. Qui garde l'ancienne répartition ne se trompe pas : il suit l'usage antérieur, que la lettre de 2002 n'abolit pas mais réaménage.
Questions fréquentes
Quel est le texte exact du Gloire au Père au chapelet ?
« Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit, comme il était au commencement, maintenant et toujours, pour les siècles des siècles. Amen. » C'est l'usage français reçu. Aucun texte du magistère ne le fixe : il n'y a pas de version officielle dont les autres seraient fautives.
Le Gloire au Père se dit-il avant ou après les dix Je vous salue Marie ?
Après. L'ordre d'une dizaine est : un Notre Père, dix Je vous salue Marie en méditant le mystère, un Gloire au Père. Seul celui de l'ouverture fait exception : il ne suit que trois Je vous salue Marie.
Combien de fois dit-on le Gloire au Père dans un chapelet ?
Six fois sur un chapelet de cinq dizaines : une à l'ouverture, une à la fin de chacune des cinq, quelle que soit l'ouverture suivie. Sur un rosaire de vingt dizaines, vingt fois en fin de dizaine, plus les ouvertures.
Le « Gloria » du chapelet, est-ce le Gloire au Père ?
Oui. « Le Gloria » est le titre que Jean-Paul II donne au paragraphe consacré à cette prière dans Rosarium Virginis Mariae, et Gloria Patri en sont les deux premiers mots en latin. À ne pas confondre avec le Gloire à Dieu, l'hymne de la messe. Le texte latin est dans notre article sur le chapelet en latin.
Faut-il dire « comme il était au commencement » ou « au Dieu qui est, qui était et qui vient » ?
Les deux se disent. La première est la formulation du chapelet, la seconde celle de la liturgie des Heures. Prenez celle de ceux avec qui vous priez.
Ne le dites pas comme une fin de dizaine
Le réflexe est de le lâcher d'un souffle pour repartir sur le Notre Père suivant. La lettre de 2002 dit l'inverse, on l'a vu plus haut. Essayez au prochain chapelet : un silence après le dixième Je vous salue Marie, le Gloire au Père dit lentement, une respiration avant la dizaine suivante. La pièce à travailler ensuite, c'est le mystère : lui seul change avec le jour.
Ce rythme se tient plus facilement quand les doigts savent où ils en sont, sans avoir à compter : c'est tout le rôle du grain sous la main. Nos chapelets sont rangés par forme, par matière et par couleur, pour retrouver celui qui vous convient. Le repère qui compte ici est le gros grain qui suit la dixième Je vous salue Marie : sur le chapelet médaille, un disque plat gravé le remplace, et son relief se sent sous le pouce. Sur un dizainier, il n'y en a qu'un pour dix.
Nos sources
- Jean-Paul II, Rosarium Virginis Mariae, lettre apostolique du 16 octobre 2002 : paragraphes 34 (le Gloria), 35 (l'oraison jaculatoire finale) et 38 (la répartition dans le temps) (nouvelle fenêtre) source d'Eglise
- Vatican, Les mystères du saint Rosaire : la formule de la dizaine, l'ouverture donnée par le Saint-Siège, et la version du Gloire au Père imprimée par le Vatican (nouvelle fenêtre) source d'Eglise
- Église catholique en France, Le Rosaire : (PDF) : l'ordre des prières dans l'usage français et les deux invocations de fin de dizaine (nouvelle fenêtre) source d'Eglise
- AELF, office des vêpres : la doxologie de la liturgie des Heures, en tête de l'office. Les complies et les petites heures s'ouvrent de la même façon ; les laudes s'ouvrent par l'invitatoire (nouvelle fenêtre) texte liturgique
- Église catholique en France, Gloria, Gloire à Dieu : le texte de l'hymne de la messe (nouvelle fenêtre) source d'Eglise
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