Quand prier le chapelet : heure, jour, mois de Marie
Sommaire
Aucun texte de l'Église ne fixe d'heure pour prier le chapelet : il se prie le matin, à midi, l'après-midi ou le soir, à l'heure que vous tiendrez. Le jour, lui, est balisé par un usage reçu qui attache à chaque jour de la semaine une série de mystères, proposé et non prescrit, et revu le 16 octobre 2002 avec Rosarium Virginis Mariae. Le vendredi est douloureux dans l'ancienne répartition comme dans la nouvelle. Mai est le mois de Marie, octobre le mois du rosaire, et le chapelet se prie toute l'année.
En bref
- Aucune heure n'est prescrite. Jean-Paul II consacre une lettre entière au rosaire en 2002 sans donner d'horaire. Il rappelle un ordre des jours, rien sur la pendule.
- Les heures qui reviennent le plus souvent sont celles qui découpent déjà la journée chrétienne : le matin, midi et le soir, comme l'Angélus.
- Le jour oriente la méditation, il ne l'impose pas : dans l'usage reçu, lundi joyeux, mardi douloureux, mercredi glorieux, jeudi lumineux, vendredi douloureux, samedi joyeux, dimanche glorieux.
- Cet usage a pris sa forme actuelle en 2002. Avant, le jeudi était joyeux et le samedi glorieux. Le vendredi n'a pas bougé : il est douloureux dans les deux.
- Mai est le mois de Marie, octobre le mois du rosaire. Ce sont deux mois différents, et une fête liturgique peut faire préférer d'autres mystères que ceux du jour.
À quelle heure prier le chapelet ?
À l'heure que vous tiendrez. C'est une réponse courte, mais c'est la seule qui soit exacte : aucun texte n'attache le chapelet à une heure. Rosarium Virginis Mariae, document de référence sur cette prière, organise les mystères par jour de la semaine et ne dit rien de l'horaire. Il rappelle au paragraphe 38 que « le Rosaire peut être récité intégralement chaque jour » mais que « beaucoup ne pourront en réciter qu'une partie ». La souplesse fait partie de l'objet.
Les heures qui structurent déjà la journée
Trois moments reviennent dans la pratique française, et ils ne sont pas choisis au hasard : ce sont ceux de l'Angélus, qui « se récite trois fois par jour, le matin, à midi et le soir ». Le matin avant que la maison se réveille, midi pendant le trajet ou la pause, le soir après le repas.
Ce qui suit est un conseil de notre part, pas une règle de l'Église : accrochez le chapelet à un repère qui existe déjà plutôt qu'à un créneau flottant. Une heure prise au milieu du travail se fera sans doute déloger vite, quand une heure où rien d'autre ne se passe tiendra plus facilement. Si vous démarrez, voyez le chapelet du jour pour savoir quels mystères prendre.
15 h, la seule heure attachée à un chapelet
Une exception mérite d'être nommée, parce qu'elle explique une partie des recherches sur ce sujet : le chapelet de la Miséricorde divine à 15 h. Ce chapelet-là, qui n'est pas le chapelet marial, est lié dans la dévotion à l'heure de la mort du Christ.
C'est le seul cas courant où une heure précise est attachée à un chapelet. Le chapelet de la Vierge, lui, n'a pas d'équivalent : aucune tradition ne le fixe à 6 h, à midi ou à 20 h. Sur ce qui distingue ces deux prières, voyez la différence entre le chapelet et le rosaire.
Le soir, en famille
Le soir est le moment qui revient le plus souvent dans les foyers, et c'est une observation de pratique, pas une prescription : le texte de 2002 ne dit rien de l'heure. Son paragraphe 41 porte sur la prière en famille, sans horaire : « la famille qui est unie dans la prière demeure unie », et « par tradition ancienne, le saint Rosaire se prête tout spécialement à être une prière dans laquelle la famille se retrouve ».
Si le soir tient si bien, c'est pour des raisons prosaïques : la journée est finie, personne ne repart, les enfants sont là. Une dizaine suffit à commencer, et nous vous conseillerions de la tenir plutôt que de viser un chapelet entier que la fatigue interrompra. Le cadre est détaillé dans prier le chapelet en famille.
Quel jour prier le chapelet ?
Tous les jours, si vous le pouvez. Le jour de la semaine, lui, oriente ce que vous méditez : un usage reçu attache à chaque jour une série de mystères. Cet usage est proposé, il n'est pas imposé, et le texte de 2002 le dit lui-même, comme on le verra sous le tableau.
C'est là que les pages se contredisent le plus, alors soyons nets. La répartition des mystères par jour a changé le 16 octobre 2002, quand Jean-Paul II a ajouté les mystères lumineux dans Rosarium Virginis Mariae. Deux jours ont bougé sur sept.
| Jour | Depuis 2002 | Avant 2002 |
|---|---|---|
| Lundi | Joyeux | Joyeux |
| Mardi | Douloureux | Douloureux |
| Mercredi | Glorieux | Glorieux |
| Jeudi | Lumineux | Joyeux |
| Vendredi | Douloureux | Douloureux |
| Samedi | Joyeux | Glorieux |
| Dimanche | Glorieux | Glorieux |
Le paragraphe 38 présente cette répartition comme un usage, pas comme une loi. Il rappelle que « selon l'usage courant, le lundi et le jeudi sont consacrés aux mystères joyeux, le mardi et le vendredi aux mystères douloureux, le mercredi, le samedi et le dimanche aux mystères glorieux », puis, pour loger les mystères lumineux, ajoute qu'« on peut conseiller de déplacer au samedi la deuxième méditation hebdomadaire des mystères joyeux », de sorte que « le jeudi reste opportunément libre pour la méditation des mystères lumineux ».
Le même paragraphe ferme la question de l'obligation : « cette indication n'entend pas toutefois limiter une certaine liberté dans la méditation personnelle et communautaire, en fonction des exigences spirituelles et pastorales, et surtout des fêtes liturgiques qui peuvent susciter d'heureuses adaptations ». Un conseil, donc, et une liberté expressément réservée. Qui suit encore la forme ancienne n'est pas dans l'erreur : il suit l'usage antérieur. Le panorama complet est dans les mystères du chapelet.
Prier le chapelet le vendredi
Le vendredi porte les mystères douloureux, et c'est le seul jour dont personne ne discute : il était douloureux avant 2002, il l'est resté après. La cohérence est évidente, le vendredi étant le jour de la Passion dans toute la semaine chrétienne.
Si vous croisez une page qui range le vendredi chez les glorieux, elle se trompe. Le vendredi porte l'agonie au jardin, la flagellation, le couronnement d'épines, le portement de croix et la crucifixion. Le Carême ne fait que renforcer ce lien, et c'est le plus souvent ce jour-là que se place le chapelet de Carême.
Prier le chapelet le samedi
Le samedi porte les mystères joyeux depuis 2002, là où l'usage antérieur plaçait les glorieux. C'est le jour qui a le plus changé, et donc celui sur lequel les fidèles se contredisent le plus d'une paroisse à l'autre.
Le déplacement n'est pas arbitraire, et le texte donne sa raison : le samedi est « traditionnellement un jour à fort caractère marial », et les mystères joyeux sont ceux « dans lesquels la présence de Marie est davantage accentuée ». En les déplaçant là, on a libéré le jeudi pour les mystères lumineux et rapproché la Vierge de son jour.
Les autres jours de la semaine
Le lundi ouvre sur les mystères joyeux, le mardi sur les douloureux, le mercredi et le dimanche sur les mystères glorieux, le jeudi sur les lumineux. Parmi ces cinq jours, seul le jeudi a changé en 2002. Si vous suivez cet usage, vous parcourez sur une semaine les vingt mystères au moins une fois, les joyeux, les douloureux et les glorieux revenant deux fois : la semaine est l'unité de mesure du rosaire complet, pas la journée.
Le chapelet du mois de mai et les autres temps de l'année
Le chapelet du mois de mai
Mai est le mois de Marie. La coutume est plus récente qu'on ne le croit : « c'est à Rome, à la fin du 16ème siècle, qu'est née la coutume de consacrer les 31 jours du mois de mai à une prière mariale renforcée », et c'est Pie VII qui, « en approuvant cette dévotion en 1815 », lui a donné sa diffusion dans toute l'Église.
Concrètement, en mai, beaucoup de foyers et de paroisses récitent un chapelet quotidien devant un autel fleuri. Les jésuites des 17e et 18e siècles demandaient déjà que « la veille du 1er mai, dans chaque maison, on dresse un autel à Marie, décoré de fleurs et de lumière ». Les mystères, eux, suivent l'usage hebdomadaire habituel, mais mai n'est pas pour autant un mois neutre : le Directoire sur la piété populaire et la liturgie demande au paragraphe 191 d'« harmoniser les éléments du "mois marial" avec le temps de l'Année liturgique, dans lequel il se situe », mai coïncidant « en grande partie avec les cinquante jours du temps liturgique de Pâques ».
Mois de Marie et mois du rosaire ne sont pas le même mois
C'est la confusion la plus fréquente. Mai est le mois de Marie ; le mois du rosaire est octobre, fixé par Léon XIII en 1883, avec la fête de Notre-Dame du Rosaire au 7 octobre. On prie le rosaire en mai, abondamment, mais quand un bulletin paroissial annonce « le mois du rosaire », il parle d'octobre.
Quand la fête du jour l'emporte sur le jour de la semaine
Le calendrier hebdomadaire n'est pas étanche à l'année liturgique, et c'est le point sur lequel beaucoup de pages se trompent. Le Directoire sur la piété populaire et la liturgie note au paragraphe 200 qu'une répartition « observée d'une manière trop rigide » crée parfois « un contraste regrettable » avec la liturgie du jour, et il donne l'exemple des mystères douloureux médités « un vendredi, qui est en même temps le jour de Noël ».
La règle qu'il rappelle alors est nette : « la caractérisation liturgique d'un jour déterminé prévaut sur son rang dans la semaine ; de même, à certains jours de l'Année liturgique, il est possible de prier le Rosaire en substituant certains mystères par d'autres qui s'harmonisent mieux avec le temps liturgique du moment ». Son exemple est le 6 janvier, à l'Épiphanie : méditer les mystères joyeux et consacrer le cinquième mystère à l'adoration des Mages plutôt qu'au recouvrement de Jésus au Temple. Le texte ajoute que ces substitutions se font « avec pondération », dans la fidélité à l'Écriture et à la liturgie.
Faut-il le prier tous les jours ?
Rien ne l'impose, et le texte de 2002 constate sans reproche que beaucoup ne récitent qu'une partie du rosaire chaque jour. Notre conseil, si vous en voulez un : préférez une dizaine quotidienne que vous tiendrez un an à un rosaire complet que vous abandonnerez en février, et donnez-vous une intention de prière précise, un nom, une situation, plutôt qu'une résolution de quantité. Si le rythme quotidien vous attire, c'est un engagement à prendre pour lui-même : voyez réciter le rosaire tous les jours.
Une heure tient d'autant mieux que l'objet se trouve déjà là où le moment se place : au chevet, dans une poche de veste, dans la voiture. Si le vôtre n'a pas encore sa place, notre collection de chapelets les rassemble en un seul endroit.
Ce que l'on prie, quelle que soit l'heure
Le contenu ne change pas avec le moment. Une dizaine, c'est un Notre Père, dix Je vous salue Marie en méditant le mystère annoncé, puis un Gloire au Père. Cinq dizaines font un chapelet, quatre chapelets font le rosaire de Marie. Voici les trois textes en entier.
Le Notre Père
Il ouvre chaque dizaine, sur le gros grain qui précède les dix petits. Le texte est celui en vigueur en France depuis le 3 décembre 2017, premier dimanche de l'Avent : la sixième demande y est devenue « Et ne nous laisse pas entrer en tentation ».
Notre Père, qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses,
comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation
mais délivre-nous du Mal.
Amen
Le Je vous salue Marie
C'est la prière que l'on répète dix fois par dizaine, cinquante fois par chapelet.
Je vous salue Marie, pleine de grâce ;
Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous pauvres pécheurs,
Maintenant et à l'heure de notre mort.
Amen
Le Gloire au Père
Il ferme la dizaine. Aucun texte du magistère ne fixe cette formule en français : celle qui suit est l'usage français courant du chapelet, et elle se présente comme telle. Elle diffère de la doxologie de la liturgie des Heures, qui dit « au Dieu qui est, qui était et qui vient » : le Saint-Siège emploie d'ailleurs cette seconde forme à l'ouverture du chapelet, sur sa page du Rosaire, mais pas à la fin des dizaines. Les deux sont justes, chacune à sa place, et nous détaillons ce point dans le Gloire au Père du chapelet.
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit,
comme il était au commencement, maintenant et toujours,
pour les siècles des siècles.
Amen.
Questions fréquentes
À quelle heure prier le rosaire ?
À l'heure qui tient dans votre journée. Aucun texte ne fixe d'horaire pour le rosaire ni pour le chapelet marial. Le matin, midi et le soir sont les repères les plus courants, parce qu'ils rythment déjà la prière chrétienne avec l'Angélus.
Quels mystères prier le chapelet le vendredi ?
Les mystères douloureux, avant comme après 2002. Le vendredi n'a jamais changé de série. Une page qui l'annonce en glorieux se trompe.
Quelle prière du rosaire le samedi ?
Les mystères joyeux depuis 2002. Auparavant, l'usage plaçait au samedi les mystères glorieux : c'est le jour qui a le plus bougé, d'où les divergences d'un feuillet paroissial à l'autre.
Quel est le chapelet du mois de mai ?
C'est le chapelet ordinaire, prié chaque jour du mois de Marie. Mai n'a ni prière propre ni série de mystères réservée : l'usage hebdomadaire s'applique du 1er au 31, sous réserve des fêtes qui appellent une adaptation.
Le mois de Marie est-il le mois du rosaire ?
Non. Mai est le mois de Marie, octobre est le mois du rosaire. On prie beaucoup le rosaire en mai, mais l'expression « mois du rosaire » désigne octobre.
Peut-on prier le chapelet plusieurs fois par jour ?
Oui, rien ne l'interdit, et beaucoup enchaînent deux séries de mystères le même jour. Un rosaire entier récité en un jour parcourt les quatre séries d'un coup, ce que l'usage hebdomadaire étale sur sept jours.
Peut-on prier le chapelet la nuit ou en marchant ?
Oui. Le chapelet se prie en marchant, en voiture comme passager, en salle d'attente, au réveil d'une nuit blanche. C'est une prière qui tient dans une poche, et c'est ce qui lui permet d'occuper des heures qu'aucune règle ne prévoyait.
Choisissez l'heure avant de choisir la quantité
La table plus haut vous dit ce que l'usage propose de méditer aujourd'hui, et cela suffit à ne plus hésiter, sauf grande fête qui appelle d'autres mystères. Reste la partie qui vous appartient, l'heure. Prenez le moment le plus vide de votre journée, tenez-y une dizaine pendant une semaine, allongez ensuite. C'est l'ordre que nous vous conseillons : l'heure d'abord, la quantité ensuite.
Et puisque le moment le plus vide de la journée n'est pas toujours chez soi, le format compte : les dizainiers se glissent dans une poche ou au poignet, comme le dizainier paracorde, sans maillon ni fermoir qui puisse s'ouvrir. Le format complet à cinq dizaines est dans nos chapelets.
Nos sources
- Jean-Paul II, lettre apostolique Rosarium Virginis Mariae, 16 octobre 2002 : vatican.va, paragraphes 38 et 41 (nouvelle fenêtre) source d'Eglise
- Congrégation pour le Culte divin, Directoire sur la piété populaire et la liturgie, décembre 2001 : vatican.va, paragraphes 191 et 200 (nouvelle fenêtre) source d'Eglise
- Définition de l'Angélus : eglise.catholique.fr (nouvelle fenêtre) source d'Eglise
- Pourquoi dit-on que le mois de mai est le mois de Marie ? : eglise.catholique.fr (nouvelle fenêtre) source d'Eglise
- Texte du Notre Père et traduction en vigueur depuis le 3 décembre 2017 : eglise.catholique.fr (nouvelle fenêtre) source d'Eglise
- Texte du Je vous salue Marie : eglise.catholique.fr (nouvelle fenêtre) source d'Eglise
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