Le chapelet de la Miséricorde divine : grain par grain, et sur quel objet
Fiche du chapelet
- Nombre d'éléments
- 59 grains
- Disposition
- Aucune disposition propre : cette prière se récite sur le chapelet catholique standard, 53 grains d'Ave et 6 de Pater en 5 dizaines.
- Sur chaque grain
- Sur chacun des 5 gros grains : « Père éternel, je t'offre le Corps et le Sang… » ; sur chacun des 50 petits : « Par sa douloureuse Passion, sois miséricordieux pour nous et pour le monde entier. » On ne dit aucun Je vous salue Marie sur les grains du Je vous salue Marie, cette prière est adressée au Père.
- Origine
- Reçue par sainte Faustine Kowalska à Vilnius, en deux temps : les paroles de la prière le vendredi 13 septembre 1935, la manière de la réciter le lendemain 14 septembre.
- Statut ecclésial
- Aucun acte du Saint-Siège ne reconnaît les apparitions de sainte Faustine : écrire « apparitions reconnues par l'Église » serait faux. Ce qui existe porte sur la dévotion, les écrits et la personne : dix-neuf ans d'interdiction de 1959 à 1978, canonisation le 30 avril 2000, et une indulgence attachée au chapelet qui reste territoriale, Cracovie puis la Pologne.
- Objet requis
- Un chapelet catholique ordinaire, 59 grains en cinq dizaines, quelles que soient sa matière et l'image de sa médaille : il n'existe pas d'objet propre à cette dévotion.
Sommaire
- Ce qu'est cette dévotion
- La structure : l'objet d'un côté, le parcours de l'autre
- Ce qui se dit sur chaque grain
- Ce chapelet ne comporte aucun Je vous salue Marie
- Les variantes de formulation
- L'origine, datée
- L'heure de quinze heures : une pratique, pas une prescription
- Le statut dans l'Église, sans arrondi
- Quel chapelet il faut
- Là où les sources ne disent pas la même chose
- Ce que nous n'écrivons pas, et pourquoi
Le chapelet de la Miséricorde divine est une prière reçue par sainte Faustine Kowalska à Vilnius, les 13 et 14 septembre 1935.
Elle se récite sur un chapelet catholique ordinaire.
Ce n'est pas un arrangement toléré, c'est le texte fondateur qui le pose.
Le Petit Journal, au numéro 476, donne la formule « Tu la réciteras (cette prière) (…) sur un chapelet ordinaire de la manière suivante ».
Il n'existe donc pas de « chapelet de la Miséricorde divine » au sens d'un objet ayant sa structure propre, contrairement au chapelet des Sept Douleurs ou à celui des Larmes.
Cette page donne la disposition de la récitation, le texte des prières et les variantes qui circulent, l'origine datée, et le statut exact de cette dévotion dans l'Église, y compris les dix-neuf ans pendant lesquels elle a été interdite.
Ce qu'est cette dévotion
C'est une prière courte et répétitive, adressée au Père.
On y offre le Corps, le Sang, l'Âme et la Divinité du Christ, et on demande miséricorde pour soi et pour le monde entier.
Elle tient en trois formules propres, dont deux se répètent tout au long du parcours.
Sainte Faustine Kowalska, religieuse polonaise, rapporte l'avoir reçue en septembre 1935.
Elle l'a consignée dans son journal spirituel, appelé Petit Journal.
La structure : l'objet d'un côté, le parcours de l'autre
Deux choses se confondent ici, et il faut les séparer.
| L'objet | 59 grains : 53 grains d'Ave et 6 grains de Pater, en 5 dizaines. C'est le chapelet catholique standard, inchangé. |
| Le parcours | 3 prières en ouverture, puis 5 fois « Père éternel », 50 fois « Par sa douloureuse Passion », et 3 fois « Dieu saint » en conclusion. |
Le décompte du parcours suit la boucle du chapelet : une invocation « Père éternel » sur chacun des cinq gros grains, dix invocations « Par sa douloureuse Passion » sur les dix petits grains de chaque dizaine.
Soit 55 invocations sur les 55 grains de la boucle.
Les quatre grains restants sont ceux de la pendeloque, la partie qui pend sous la médaille.
Les trois prières d'ouverture s'y disent en pratique. Les trois « Dieu saint » de conclusion ne sont assignés à aucun grain.
Le nombre de grains et le nombre de prières ne se recouvrent pas, et ce n'est pas une erreur. 59 est le nombre de grains du support.
Ce n'est pas la structure de cette dévotion.
Ce que le texte dit, et ce qu'il ne dit pas
Le Petit Journal n° 476 nomme des types de grains, « sur les grains du Notre Père », « sur les grains du Je vous salue Marie ».
Il ne donne aucun nombre, et il n'assigne pas les prières d'ouverture à des grains précis.
Le décompte 5 et 50 découle donc de la structure de l'objet, pas de la lettre du texte.
Ce qui se dit sur chaque grain
| Où | Combien de fois | Ce qui s'y dit |
|---|---|---|
| En ouverture | 1 fois chacune | Un Notre Père, un Je vous salue Marie, un Je crois en Dieu |
| Sur le grain du Notre Père, le gros grain | 5 fois, une par dizaine | « Père éternel, je t'offre le Corps et le Sang… » |
| Sur les grains du Je vous salue Marie, les petits grains | 50 fois, dix par dizaine | « Par sa douloureuse Passion… » |
| En conclusion | 3 fois | « Dieu saint, Dieu fort, Dieu éternel… » |
Le texte ci-dessous est celui publié par le Service national de la pastorale liturgique et sacramentelle de la Conférence des évêques de France, sous la signature du père Arnaud Toury.
Nous le donnons comme tel, et non comme « le » texte exact : voir plus bas les variantes.
Sur le grain du Notre Père
« Père éternel, je t'offre le Corps et le Sang, l'Âme et la Divinité de ton Fils bien-aimé Notre-Seigneur Jésus-Christ, en réparation de nos péchés et de ceux du monde entier. »Sur les grains du Je vous salue Marie
« Par sa douloureuse Passion, sois miséricordieux pour nous et pour le monde entier. »En conclusion, trois fois
« Dieu saint, Dieu fort, Dieu éternel, prends pitié de nous et du monde entier. »
La page de la Conférence des évêques de France fait précéder les trois prières d'ouverture d'un signe de croix.
Le texte du n° 476 cité par les Chanoinesses de la Mère de Dieu ne le mentionne pas.
Ce chapelet ne comporte aucun Je vous salue Marie
Sur les grains du Je vous salue Marie, on ne dit pas le Je vous salue Marie.
Ce chapelet ne comporte aucun Ave Maria dans son corps, en dehors de l'unique Je vous salue Marie d'ouverture.
Il est adressé au Père, pas à la Vierge.
C'est un fait de structure, vérifiable ligne à ligne dans le texte cité plus haut.
Les variantes de formulation
Il n'existe pas, dans les sources que nous avons lues, de traduction française unique faisant autorité.
Deux versions circulent, toutes deux publiées par des sources d'Église.
| Passage | Conférence des évêques de France | Chanoinesses de la Mère de Dieu |
|---|---|---|
| Sur les gros grains | « je t'offre » | « je Vous offre » |
| Sur les petits grains | « sois miséricordieux » | « soyez miséricordieux » |
| En conclusion | « prends pitié » | « ayez pitié » |
La page de la Conférence des évêques de France signale en outre que Jean-Paul II récitait personnellement « par sa douloureuse Passion et sa Résurrection, sois miséricordieux… ».
Une réserve, enfin. Les deux sources d'Église françaises que nous avons lues donnent trois prières d'ouverture, pas davantage.
D'autres formules circulent, surtout dans les publications de langue anglaise.
Nous n'avons pas lu d'édition critique du Petit Journal : nous ne disons donc pas ce que le texte contient au-delà des citations reproduites par ces deux sources.
L'origine, datée
Sainte Faustine est née Hélène Kowalska le 25 août 1905 à Głogowiec, en Pologne.
Elle entre au couvent de la rue Żytnia à Varsovie le 1er août 1925, prononce ses vœux perpétuels le 1er mai 1933 à Cracovie, arrive à Vilnius le 25 mai 1933, et meurt le 5 octobre 1938 au couvent de Cracovie-Łagiewniki.
La révélation du chapelet se fait en deux temps, à Vilnius, et les deux dates sont connues au jour près.
- Vendredi 13 septembre 1935 : elle rapporte, dans sa chambre, la vision d'un ange venu pour punir la terre, et dit avoir entendu intérieurement les paroles de la prière. Petit Journal n° 474 et 475.
- 14 septembre 1935, le lendemain : selon son témoignage, Jésus lui enseigne la manière exacte de réciter cette prière. Petit Journal n° 476. C'est ce numéro qui contient la mention du chapelet ordinaire et la répartition par type de grain.
Écrire « 13 septembre 1935 » seul est incomplet, puisque le mode de récitation vient le jour suivant.
L'heure de quinze heures : une pratique, pas une prescription
Le Petit Journal n° 1320 rapporte la demande de prier à trois heures et de se plonger dans la Passion. Ce numéro ne prescrit pas ce chapelet à quinze heures.
La Congrégation des Sœurs de Notre-Dame de la Miséricorde, la congrégation de sainte Faustine, l'écrit sans détour : « Jésus n'a pas demandé à Sœur Faustine de réciter le Chapelet à la Miséricorde Divine en cette heure. » Et : « Le Chapelet ne peut remplacer l'Heure de la Miséricorde, et réciproquement.
Ce sont deux formes différentes de la Dévotion. »
Le statut dans l'Église, sans arrondi
Aucun acte du Saint-Siège ne reconnaît les apparitions de sainte Faustine. Ce qui existe, c'est la levée d'une interdiction, une béatification, une canonisation, une fête liturgique et des indulgences.
Ce sont des actes portant sur la dévotion, sur les écrits et sur la personne.
La canonisation atteste la sainteté d'une personne, elle ne certifie pas le contenu de ses révélations privées.
Écrire « apparitions reconnues par l'Église » serait faux.
Voici la chaîne exacte des actes.
| Date | Acte |
|---|---|
| 6 mars 1959 | Le Siège apostolique promulgue une Notification « interdisant officiellement la diffusion du culte de la Divine Miséricorde suivant les pratiques transmises par Sœur Faustine », selon les termes de la Congrégation. |
| 15 avril 1978 | Rome lève cette Notification. C'est une levée d'interdiction, pas une approbation des révélations. |
| 18 avril 1993 | Béatification par Jean-Paul II, sur la place Saint-Pierre à Rome. |
| 30 avril 2000 | Canonisation par Jean-Paul II, place Saint-Pierre. Le jour même, la fête de la Miséricorde divine est instituée pour l'Église universelle. Dans son homélie, le pape déclare que le deuxième dimanche de Pâques « prendra le nom de "Dimanche de la Miséricorde divine" ». |
| 26 mai 2001 | Décret de la Pénitencerie apostolique accordant l'indulgence plénière pour la récitation pieuse du chapelet, pour le seul archidiocèse de Cracovie. |
| 12 janvier 2002 | Extension de cette indulgence à toute la Pologne. |
| 29 juin 2002 | Décret de la Pénitencerie apostolique : indulgence plénière au dimanche de la Miséricorde divine, aux conditions habituelles. Ce décret universel ne nomme pas le chapelet. |
| 19 mars 2020 | Décret sur les indulgences spéciales pendant la pandémie. Il nomme explicitement la récitation du chapelet de la Miséricorde divine, mais dans le contexte déclaré de l'épidémie mondiale. |
| 18 mai 2020 | Décret Prot. N. 229/20 : sainte Marie Faustine Kowalska est inscrite au Calendrier romain général, au rang de mémoire facultative, le 5 octobre. |
De mars 1959 à avril 1978, l'interdiction a duré dix-neuf ans.
C'est la Congrégation des Sœurs de Notre-Dame de la Miséricorde qui publie ces deux dates.
Sur l'indulgence attachée au chapelet, précisément
À ce jour, l'indulgence attachée à la récitation du chapelet lui-même est territoriale : archidiocèse de Cracovie depuis le 26 mai 2001, Pologne entière depuis le 12 janvier 2002.
Ce sont les deux périmètres publiés par la Congrégation. Nous n'avons trouvé aucune extension à l'Église universelle.
Le décret universel du 29 juin 2002 porte sur le dimanche de la Miséricorde divine, pas sur le chapelet.
Nous avons lu son texte : il ne contient pas le mot.
Quel chapelet il faut
Le vôtre. S'il compte 59 grains en cinq dizaines, il convient, quelles que soient sa matière et l'image portée par sa médaille.
Le détail de cette structure est donné dans combien de grains sur un chapelet et comment ils sont disposés. La question de savoir s'il faut un chapelet pour prier est traitée à part, dans faut-il un chapelet pour prier le chapelet.
Et la différence entre le chapelet et le rosaire, qui revient souvent avec cette dévotion, est expliquée dans chapelet ou rosaire.
Là où les sources ne disent pas la même chose
1. La numérotation du Petit Journal. La Congrégation des Sœurs de Notre-Dame de la Miséricorde situe la vision aux numéros 474 et 475, et le mode de récitation au numéro 476.
Les Chanoinesses de la Mère de Dieu citent également le numéro 476 pour la récitation.
La Conférence des évêques de France, elle, renvoie aux numéros 473 à 475 pour l'ensemble de la formule.
Nous retenons 474 à 476, donnés par deux sources sur trois, dont la congrégation de la sainte.
2. La durée de l'interdiction. La Congrégation date la notification au 6 mars 1959 et sa levée au 15 avril 1978.
Aleteia parle d'un décret du 19 novembre 1958 réaffirmé ensuite en 1959, et d'une censure « de 1959 à 1979 », soit vingt ans.
Nous retenons les dates de la Congrégation, la plus proche du dossier, et nous écrivons dix-neuf ans.
3. La portée de l'indulgence. La Congrégation publie les deux décrets et leur périmètre : Cracovie, puis la Pologne.
Nous reprenons ces deux périmètres, et nous ne présentons pas cette indulgence comme universelle.
4. Le texte français des prières. Voir le tableau des variantes plus haut.
Aucune version ne peut être présentée comme « le texte exact » sans dire de qui elle vient.
5. Le placement des prières d'ouverture. Wikipédia en anglais, lue le 4 août 2026, place le Notre Père sur le premier petit grain, le Je vous salue Marie sur le deuxième et le Je crois en Dieu sur le troisième.
La Conférence des évêques de France se contente de lister les trois prières, sans les assigner.
Le Petit Journal n° 476, dans les citations que nous avons lues, ne les assigne pas non plus.
Ce que nous n'écrivons pas, et pourquoi
- Les références aux Acta Apostolicae Sedis. La Congrégation les donne pour 1959 et pour 1978. Nous n'avons pas consulté les Acta, nous ne reproduisons donc pas ces renvois.
- Le texte intégral du Petit Journal n° 476. Nous n'avons lu aucune édition critique. Tout ce qui précède vient de citations partielles publiées par des sources d'Église, et la citation « sur un chapelet ordinaire » comporte elle-même une coupure signalée dans ces sources.
- Le décret qui a formalisé la dénomination du deuxième dimanche de Pâques. Il est cité par des sources secondaires, sous un titre et une date que nous n'avons pu vérifier ni sur vatican.va ni chez la Congrégation. Nous ne le datons donc pas. Ce qui est établi, c'est l'institution de la fête pour l'Église universelle le jour de la canonisation, et la déclaration du pape dans son homélie.
- La consigne « pendant neuf jours », présente dans certaines éditions. Nous ne l'avons retrouvée sur aucune source d'Église française consultée, et elle se confond facilement avec la Neuvaine à la Miséricorde divine, qui est une autre dévotion.
- Un imprimatur du Petit Journal. Nous n'avons pu en vérifier aucun sur source primaire, ni polonais ni français. La Congrégation signale par ailleurs un imprimatur obtenu en 1937 par l'abbé Sopoćko pour la prière, ce qui est un autre document.
- Les promesses attachées à la récitation. Le Petit Journal en comporte. Ce sont des révélations privées, et elles portent sur la prière, jamais sur l'objet.
L’objet
Ce que cette dévotion demande comme objet
Ce qu’il vous faut
Un chapelet catholique ordinaire, 59 grains en cinq dizaines, quelles que soient sa matière et l'image de sa médaille : il n'existe pas d'objet propre à cette dévotion.
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Nos sources
Dernière vérification le
- Congrégation des Sœurs de Notre-Dame de la Miséricorde, Chapelet à la Miséricorde divine, l'histoire (nouvelle fenêtre) source d'Eglise
- Congrégation des Sœurs de Notre-Dame de la Miséricorde, Calendrier de sa vie (nouvelle fenêtre) source d'Eglise
- Congrégation des Sœurs de Notre-Dame de la Miséricorde, Itinéraire de sa vie (nouvelle fenêtre) source d'Eglise
- Congrégation des Sœurs de Notre-Dame de la Miséricorde, Indulgence plénière pour le Chapelet à la Miséricorde divine (nouvelle fenêtre) source d'Eglise
- Congrégation des Sœurs de Notre-Dame de la Miséricorde, L'Heure de la Miséricorde (nouvelle fenêtre) source d'Eglise
- Conférence des évêques de France, Le chapelet à la Miséricorde divine, par le père Arnaud Toury (nouvelle fenêtre) source d'Eglise
- Chanoinesses de la Mère de Dieu, Le chapelet à la Miséricorde Divine (nouvelle fenêtre) source d'Eglise
- Jean-Paul II, homélie de la canonisation de sœur Marie Faustine Kowalska, 30 avril 2000 (nouvelle fenêtre) source d'Eglise
- Pénitencerie apostolique, décret du 29 juin 2002 sur les indulgences en l'honneur de la Miséricorde divine (nouvelle fenêtre) source d'Eglise
- Pénitencerie apostolique, décret du 19 mars 2020 sur les indulgences pendant la pandémie (nouvelle fenêtre) source d'Eglise
- Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, décret Prot. N. 229/20 du 18 mai 2020 (nouvelle fenêtre) source d'Eglise
- Aleteia, Pourquoi la dévotion à la Divine Miséricorde a-t-elle été interdite pendant vingt ans ?, 23 avril 2023 (nouvelle fenêtre) media catholique
- Chaplet of the Divine Mercy, Wikipédia en anglais (nouvelle fenêtre) encyclopedie
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