Pater et Ave Maria : les prières du chapelet
Sommaire
Le chapelet enchaîne deux prières : le Notre Père, que le latin appelle Pater, et le Je vous salue Marie, que le latin appelle Ave Maria. Une dizaine se dit ainsi : un Notre Père, dix Je vous salue Marie pendant qu'on médite un mystère, un Gloire au Père, et cela cinq fois de suite. Un chapelet dit selon l'usage français compte, ouverture comprise, six Notre Père et cinquante-trois Je vous salue Marie. Les deux textes sont donnés en entier plus bas.
En bref
- Pater et Ave Maria sont les noms latins de deux prières que vous connaissez : le Notre Père et le Je vous salue Marie.
- Une dizaine, c'est un Notre Père, dix Je vous salue Marie, un Gloire au Père, puis souvent une courte invocation facultative. Cinq dizaines font un chapelet.
- Sur un chapelet complet, dans l'usage français : 6 Notre Père, 53 Je vous salue Marie, 6 Gloire au Père, 1 Credo.
- Le déséquilibre est voulu. Les cinquante Ave Maria remontent au psautier de la Vierge Marie, où l'on disait 150 Ave Maria à la place des 150 psaumes.
- Ce qui change d'un jour à l'autre, ce n'est pas le texte des prières : c'est le mystère médité pendant les dix Je vous salue Marie.
Pater et Ave, les deux noms latins des prières du chapelet
Le chapelet se cherche aussi sous la forme « ave chapelet » ou « ave maria du rosaire ». Il n'y a derrière ces mots aucune prière séparée à découvrir.
Ce que « Pater » et « Ave » désignent
Pater noster ouvre le Notre Père en latin, Ave Maria ouvre le Je vous salue Marie. L'usage nomme les prières par leur début, et cette habitude a survécu au passage au français. Le document Le Rosaire publié par l'Église catholique en France le fait encore : « Dire un "Notre Père" (Pater) », puis « Dire trois "Je vous salue Marie" (Ave) ».
Un chapelet d'Ave Maria et de Pater, c'est donc le chapelet, décrit par ce qu'on y dit. Les textes latins sont dans notre article sur le chapelet en latin.
Pourquoi autant d'Ave Maria pour si peu de Pater
Un Notre Père pour dix Je vous salue Marie : la proportion vient du psautier de la Vierge Marie, où 150 Ave Maria remplaçaient les 150 psaumes. Ils sont devenus les quinze dizaines du rosaire, portées à vingt en 2002 ; le chapelet en est le quart, et toute l'origine du chapelet tient là.
Le texte du Notre Père
C'est la prière que Jésus donne à ses disciples. En France, elle se dit dans cette traduction depuis le 3 décembre 2017, premier dimanche de l'Avent.
Notre Père, qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses,
comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation
mais délivre-nous du Mal.
Amen
Si vous avez appris « Ne nous soumets pas à la tentation », c'est la formulation antérieure. Elle s'entend encore dans un chapelet récité à plusieurs. Le détail est repris dans notre article sur le Notre Père du chapelet.
Jean-Paul II explique pourquoi il ouvre chaque dizaine, dans Rosarium Virginis Mariae, sa lettre apostolique du 16 octobre 2002 : « Après l'écoute de la Parole et la focalisation sur le mystère, il est naturel que l'esprit s'élève vers le Père. » Et il ajoute : « En chacun de ses mystères, Jésus nous conduit toujours au Père […] ».
Le texte du Je vous salue Marie
C'est la prière que vous direz cinquante fois dans les cinq dizaines. Elle tient en deux parties : une salutation, puis une demande.
Je vous salue Marie, pleine de grâce ;
Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous pauvres pécheurs,
Maintenant et à l'heure de notre mort.
Amen
Ce que l'Ave Maria reprend de l'Évangile
La première moitié n'a pas été composée : elle est tirée de deux versets de l'évangile de Luc. L'ange Gabriel, au chapitre 1, verset 28 : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. » Puis Élisabeth, au verset 42 : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. »
Les mots ne sont pas exactement les mêmes. La traduction liturgique de la Bible dit « Comblée-de-grâce » là où la prière dit « pleine de grâce », et elle tutoie. La prière garde une formulation plus ancienne.
Le nom de Jésus est au milieu, et ce n'est pas un hasard
Entre la salutation et la demande, un seul mot fait la charnière. Jean-Paul II y insiste : « Le centre de gravité de l'Ave Maria, qui est presque comme une charnière entre la première et la seconde partie, est le nom de Jésus. » Il en tire une conséquence pratique : « Mais c'est justement par l'accent qu'on donne au nom de Jésus et à son mystère que l'on distingue une récitation du Rosaire significative et fructueuse. »
L'enchaînement, du signe de croix à la cinquième dizaine
L'ouverture, dans l'usage français
L'Église catholique en France donne cet ordre pour commencer :
- Le signe de croix.
- Le Credo du chapelet, sur la croix.
- Un Notre Père.
- Trois Je vous salue Marie, sur les trois grains isolés.
- Un Gloire au Père.
Cette ouverture est un usage reçu, pas une règle universelle : aucun texte du magistère ne la fixe.
La dizaine, cinq fois de suite
Le même document l'écrit d'une phrase : « Ensuite réciter un "Notre Père" suivi de dix "Je vous salue Marie" et d'un "Gloire au Père" en méditant sur un mystère. » Puis on recommence, avec le mystère suivant, jusqu'à la cinquième dizaine. Le déroulé pas à pas est repris dans notre article sur les trois premières dizaines du chapelet.
Le Gloire au Père ferme la dizaine. Dans l'usage français :
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit,
comme il était au commencement, maintenant et toujours,
pour les siècles des siècles.
Amen.
Là encore, cette formule est un usage français, pas un texte officiel, et sa ponctuation varie d'un livret à l'autre. Nous la reprenons en détail dans notre article sur le Gloire au Père du chapelet.
Ce que beaucoup ajoutent après le Gloire au Père
La dizaine ne s'arrête pas toujours là. Jean-Paul II le constate au paragraphe 35 de Rosarium Virginis Mariae : « Dans la pratique courante du Rosaire, la doxologie trinitaire est suivie d'une oraison jaculatoire, qui varie suivant les circonstances. » Deux invocations circulent à cette place. La première est celle reçue à Fatima en 1917. Elle est facultative, et elle ne remplace pas le Gloire au Père : elle vient après lui.
Ô mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l'enfer,
conduisez au ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.
Sa formulation change d'un livret à l'autre. L'Église catholique en France l'imprime avec des points-virgules et dans un ordre un peu différent, « conduisez toutes les âmes au ciel ». Elle en donne une seconde au même endroit, sans hiérarchiser les deux : « O Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous ». L'histoire de la première est détaillée dans notre article sur la prière de Fatima au chapelet.
Combien de Pater et d'Ave en tout
| Prière | À l'ouverture | Dans les cinq dizaines | Total |
|---|---|---|---|
| Credo | 1 | 0 | 1 |
| Notre Père (Pater) | 1 | 5 | 6 |
| Je vous salue Marie (Ave) | 3 | 50 | 53 |
| Gloire au Père | 1 | 5 | 6 |
Ce compte est celui des prières dites, pas celui des grains : sans les trois Je vous salue Marie de l'ouverture, il tombe à cinquante. Sur un rosaire complet de vingt dizaines, comptez 200 Je vous salue Marie et 20 Notre Père.
Le mystère se médite pendant les dix Ave Maria
Les textes ne bougent pas d'un jour à l'autre. Ce qui bouge, ce sont les mystères du chapelet, ces scènes de la vie du Christ et de Marie que l'on médite pendant la dizaine.
La répartition dans la semaine a changé en 2002. En instituant les mystères lumineux, Rosarium Virginis Mariae conseille de « déplacer au samedi la deuxième méditation hebdomadaire des mystères joyeux », de sorte que « le jeudi reste opportunément libre pour la méditation des mystères lumineux ». Seuls ces deux jours ont bougé.
| Jour | Depuis 2002 | Avant 2002 |
|---|---|---|
| Lundi | Joyeux | Joyeux |
| Mardi | Douloureux | Douloureux |
| Mercredi | Glorieux | Glorieux |
| Jeudi | Lumineux | Joyeux |
| Vendredi | Douloureux | Douloureux |
| Samedi | Joyeux | Glorieux |
| Dimanche | Glorieux | Glorieux |
Le vendredi est douloureux dans les deux répartitions. Qui suit l'ancienne ne se trompe pas : la lettre de 2002 ne l'abolit pas, elle la réaménage, et elle précise que « cette indication n'entend pas toutefois limiter une certaine liberté dans la méditation personnelle et communautaire ».
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'un chapelet d'Ave Maria et de Pater ?
C'est le chapelet ordinaire, nommé par les deux prières qui le composent. Pater est le nom latin du Notre Père, Ave Maria celui du Je vous salue Marie. Il n'existe pas de chapelet particulier portant ce nom.
Que désigne un « Ave » sur un chapelet ?
Un Je vous salue Marie, et le grain sur lequel il se dit. L'Église catholique en France écrit « Dire trois "Je vous salue Marie" (Ave) ». Dire une dizaine, c'est donc dire dix Ave.
Combien d'Ave Maria dans un chapelet ?
Cinquante dans les cinq dizaines, plus les trois de l'ouverture si vous suivez l'usage français, soit cinquante-trois. Sur un rosaire de vingt dizaines, deux cents.
L'Ave Maria du rosaire est-il le même que le Je vous salue Marie ?
Oui, c'est la même prière, sous son nom latin. Rien à apprendre en plus : le texte donné plus haut est celui qui se dit cinquante fois dans les cinq dizaines.
Le Notre Père se dit-il avant ou après les dix Je vous salue Marie ?
Avant. Chaque dizaine s'ouvre par le Notre Père, se poursuit par dix Je vous salue Marie et se termine par le Gloire au Père, auquel beaucoup ajoutent une courte invocation facultative.
Apprenez les deux textes, l'ordre suivra tout seul
Deux prières suffisent pour tenir un chapelet entier, et vous en connaissez probablement déjà une. Le reste est un rythme : un Pater, dix Ave, un Gloire au Père, cinq fois. Prenez les textes ci-dessus et dites une seule dizaine ce soir. L'étape suivante sera le mystère du jour.
Pour tenir le compte des dix Ave sans y penser, il faut un objet dans la main : nos chapelets sont classés par forme, par matière et par couleur. Si vous commencez par une seule dizaine, un dizainier en tient exactement le compte, un grain de Pater et dix grains d'Ave, comme le dizainier œil-de-tigre, fait pour une prière reprise en cours de journée.
Nos sources
- Jean-Paul II, Rosarium Virginis Mariae, lettre apostolique du 16 octobre 2002 : paragraphes 32 (le Pater), 33 (l'Ave Maria et le nom de Jésus), 35 (l'oraison jaculatoire finale) et 38 (la répartition des mystères dans la semaine) (nouvelle fenêtre) source d'Eglise
- Église catholique en France, Le Rosaire : (PDF) : l'ordre des prières dans l'usage français, la mention « (Pater) » et « (Ave) », les deux invocations proposées à la fin de chaque dizaine, et le psautier de la Vierge Marie (nouvelle fenêtre) source d'Eglise
- Église catholique en France, Notre Père : le texte de la prière et la traduction en vigueur depuis le 3 décembre 2017 (nouvelle fenêtre) source d'Eglise
- Église catholique en France, Je vous salue Marie : le texte de la prière (nouvelle fenêtre) source d'Eglise
- AELF, évangile selon saint Luc, chapitre 1 : les versets 28 et 42, dans la traduction liturgique de la Bible (nouvelle fenêtre) texte liturgique
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