Dévotion

Chapelet aux âmes du purgatoire : comment le prier

Publié le 10 min de lecture

Sommaire
  1. En bref
  2. Ce que l'Église appelle les âmes du purgatoire
  3. Comment prier le chapelet pour les âmes du purgatoire
  4. Les prières que l'on ajoute pour les défunts
  5. Les indulgences applicables aux âmes du purgatoire
  6. Les formes nommées qui circulent
  7. Questions fréquentes
  8. Ce que l'on peut faire dès ce soir

En bref

  • Il n'existe pas de chapelet officiel réservé aux âmes du purgatoire : c'est le chapelet ordinaire, offert pour elles.
  • Ces âmes sont déjà sauvées. Elles achèvent une purification, elles ne risquent plus de se perdre.
  • L'Église applique aux défunts les suffrages des vivants : la messe d'abord, puis l'aumône, les indulgences, la pénitence.
  • Une indulgence s'applique à soi-même ou à un défunt. Jamais à une autre personne vivante.
  • Du 1er au 8 novembre, visiter un cimetière en priant pour les défunts porte une indulgence plénière réservée à ces âmes seules, aux quatre conditions habituelles : confession, communion, prière aux intentions du pape, détachement de tout péché.

Prier le chapelet aux âmes du purgatoire, c'est réciter le chapelet en l'offrant pour les défunts qui achèvent leur purification. On pose l'intention avant le signe de croix, on récite les cinq dizaines en méditant les mystères, on termine par une prière pour les défunts. L'Église n'a fixé pour cela ni formule propre ni nombre de récitations, mais elle attache à cette intention des indulgences réservées à ces âmes seules.

Ce que l'Église appelle les âmes du purgatoire

Des âmes déjà sauvées, en cours de purification

Le Catéchisme est net : ceux qui meurent dans la grâce et l'amitié de Dieu, mais imparfaitement purifiés, sont « assurés de leur salut éternel » et souffrent après leur mort une purification, afin d'obtenir la sainteté nécessaire pour entrer dans la joie du ciel (Catéchisme de l'Église catholique, n° 1030). Le purgatoire est la purification finale des élus, « tout à fait distincte du châtiment des damnés » (n° 1031).

Cela change la manière de prier. On ne prie pas pour arracher quelqu'un à un danger, mais pour que s'achève en lui une œuvre commencée.

Pourquoi l'Église prie pour ses défunts

Le Catéchisme fonde cette pratique sur l'usage le plus ancien de l'Église : « Dès les premiers temps, l'Église a honoré la mémoire des défunts et offert des suffrages en leur faveur, en particulier le sacrifice eucharistique » (n° 1032). Le même numéro cite ensuite les aumônes, les indulgences et les œuvres de pénitence.

Le chapelet y entre comme prière et comme œuvre indulgenciée, sans remplacer la messe, qui reste le suffrage majeur.

Ce que « sauver les âmes » veut dire, et ce qu'il ne veut pas dire

Beaucoup cherchent un « chapelet pour sauver les âmes du purgatoire » ou un « chapelet pour le salut des ames ». La demande est juste, les mots le sont moins : ces âmes sont déjà sauvées. Ce que la prière demande, c'est que leur purification s'achève, et l'Église appelle cela un suffrage : on offre, Dieu dispose. Si nous le précisons, ce n'est pas pour corriger : celui qui tape cela vient souvent d'enterrer quelqu'un et cherche quoi faire de ses mains.

Comment prier le chapelet pour les âmes du purgatoire

Poser l'intention avant de commencer

C'est le seul geste qui distingue ce chapelet d'un autre. Avant le signe de croix, on dit pour qui on prie : un nom, plusieurs, ou l'ensemble des défunts. Beaucoup nomment ceux dont personne ne se souvient. Le dire à voix haute aide à la tenir jusqu'au bout, c'est le principe de l'intention de prière pour le chapelet.

Le déroulé, grain par grain

Ce chapelet se récite comme le rosaire de Marie, sans grain ni prière en plus. Le déroulé, tel que le publie l'Église catholique en France :

Sur quel grain Ce que l'on dit
La croix Le signe de croix, puis le Credo
Le premier grain Un Notre Père
Les trois grains suivants Trois Je vous salue Marie
Le grain d'après Un Gloire au Père
Chaque dizaine Un Notre Père, dix Je vous salue Marie, un Gloire au Père, en méditant un mystère

Cinq dizaines, séparées par les grains d'intercalaire. Aucun texte du magistère ne fixe un nombre de grains : la disposition compte, pas le total.

Quels mystères méditer

Rien n'oblige à choisir des mystères particuliers : on médite ceux du jour. La répartition a changé en 2002, quand Jean-Paul II a ajouté les mystères lumineux et proposé de déplacer au samedi la deuxième méditation des mystères joyeux (Rosarium Virginis Mariae, § 38). Les fidèles restés à l'usage antérieur ne sont pas dans l'erreur.

Jour Depuis 2002 Avant 2002
Lundi Joyeux Joyeux
Mardi Douloureux Douloureux
Mercredi Glorieux Glorieux
Jeudi Lumineux Joyeux
Vendredi Douloureux Douloureux
Samedi Joyeux Glorieux
Dimanche Glorieux Glorieux

Le vendredi reste douloureux dans les deux calendriers : c'est le jour de la Passion. Le détail est repris dans le chapelet du jour.

Aucun modèle particulier n'est requis pour cette intention : celui que l'on a déjà sous la main convient, et pour qui n'en a pas encore, tous les chapelets catholiques se prient de la même façon, avec les mêmes cinq dizaines.

Les prières que l'on ajoute pour les défunts

Requiem aeternam

L'invocation la plus brève. L'Enchiridion la reproduit ainsi, d'après l'Ordo exequiarum :

Requiem aeternam dona eis, Domine, et lux perpetua luceat eis. Requiescant in pace. Amen.

Traduite : « Donne-leur, Seigneur, le repos éternel, et que la lumière sans fin brille sur eux. Qu'ils reposent en paix. Amen. » Sa récitation dévote porte une indulgence partielle réservée à ces âmes. On la dit à la fin du chapelet, ou après chaque dizaine.

Le psaume 129, « Des profondeurs je crie vers toi »

Le De profundis est le psaume des défunts, dans la traduction liturgique de l'AELF :

Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur,
Seigneur, écoute mon appel !
Que ton oreille se fasse attentive
au cri de ma prière !

Si tu retiens les fautes, Seigneur,
Seigneur, qui subsistera ?
Mais près de toi se trouve le pardon
pour que l'homme te craigne.

J'espère le Seigneur de toute mon âme ;
je l'espère, et j'attends sa parole.
Mon âme attend le Seigneur
plus qu'un veilleur ne guette l'aurore.

Plus qu'un veilleur ne guette l'aurore,
attends le Seigneur, Israël.
Oui, près du Seigneur, est l'amour ;
près de lui, abonde le rachat.
C'est lui qui rachètera Israël
de toutes ses fautes.

L'invocation reçue à Fatima

Beaucoup l'ajoutent à la fin de chaque dizaine. Elle nomme toutes les âmes, ce qui explique qu'on la cherche sous la formule « chapelet pour toutes les âmes ». Dans l'usage français :

Ô mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l'enfer,
conduisez au ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.

Aucun texte du magistère ne fixe cette formule : elle vient d'une révélation privée, non de la liturgie, et les livrets la ponctuent diversement. Elle est facultative, le chapelet reste entier sans elle. Son histoire est détaillée dans la prière de Fatima au chapelet.

Les indulgences applicables aux âmes du purgatoire

Ce que dit l'Enchiridion

La norme 3 pose le principe : tout fidèle peut gagner les indulgences pour lui-même, ou les appliquer aux défunts à titre de suffrage (Enchiridion Indulgentiarum, 1999). Il n'y a pas de troisième destinataire.

Les quatre conditions de toute indulgence plénière

Elles ne dépendent pas de l'œuvre : elles s'y ajoutent, toujours. La norme 20 § 1 en écrit quatre. L'exclusion de tout attachement au péché, même véniel. La confession sacramentelle. La communion eucharistique. La prière aux intentions du Souverain Pontife. Si l'une manque, le § 4 est sans détour : indulgentia erit tantum partialis, l'indulgence ne sera que partielle.

Trois précisions changent la pratique de la semaine de novembre. Les conditions peuvent être remplies plusieurs jours avant ou après l'œuvre (§ 3). Une seule confession vaut pour plusieurs plénières, mais il faut une communion et une prière pour chacune (§ 2). Et un Notre Père avec un Je vous salue Marie suffisent à la prière aux intentions du pape (§ 5).

Le chapelet, concession 17

La concession 17 accorde une indulgence plénière à qui récite pieusement le chapelet à l'église ou à l'oratoire, en famille, en communauté religieuse ou en association de fidèles. Ailleurs, elle est partielle. Trois exigences propres à l'œuvre s'ajoutent aux quatre conditions ci-dessus : cinq dizaines d'affilée, la méditation des mystères jointe à la prière vocale, et l'annonce des mystères selon l'usage approuvé du lieu en récitation publique.

Du 1er au 8 novembre, et le 2 novembre

La concession 29 réserve deux indulgences plénières à ces âmes seules. Visiter un cimetière chaque jour du 1er au 8 novembre en priant pour les défunts, même en pensée. Et, le jour de la Commémoration de tous les fidèles défunts, visiter une église ou un oratoire en y récitant le Notre Père et le Credo, l'Ordinaire du lieu pouvant reporter ce jour au dimanche voisin ou à la Toussaint. Les quatre conditions valent ici aussi. Hors de ces dates, la visite au cimetière porte une indulgence partielle.

Le chapelet béni, et pourquoi il ne s'achète pas béni

La norme 15 dote d'une indulgence l'usage dévot d'un objet de piété béni : croix, chapelet, scapulaire, médaille. La norme 16 § 2 est aussi nette : l'indulgence cesse dès lors que l'objet est vendu. Un chapelet vendu comme déjà béni ne porte donc plus rien. La bénédiction se demande à un prêtre, après l'achat : c'est le sens de faire bénir un chapelet.

Les formes nommées qui circulent

Plusieurs formes nommées circulent. Aucune n'est requise, aucune ne remplace les suffrages de l'Église.

Le critère est simple : une dévotion privée est licite si elle ne contredit pas la foi, et elle engage celui qui la pratique, pas l'Église. Un texte qui promet un résultat chiffré en sort.

Questions fréquentes

Comment réciter le chapelet des âmes du purgatoire ?

Comme un chapelet ordinaire : signe de croix, Credo sur la croix, un Notre Père, trois Je vous salue Marie, un Gloire au Père, puis cinq dizaines. Seules changent l'intention, posée avant, et la prière pour les défunts à la fin.

Un chapelet peut-il sauver les âmes du purgatoire ?

Non, et il n'a pas à le faire : ces âmes sont assurées de leur salut éternel. Le chapelet sert à intercéder, et l'Église parle ici de suffrage : une prière offerte pour un autre, dont Dieu seul dispose. Jamais elle ne dit qu'un fidèle produit le salut d'un défunt par le nombre de ses prières.

Existe-t-il un chapelet pour toutes les âmes ?

Oui, au sens de l'intention : on l'offre pour l'ensemble des défunts sans nommer personne. C'est ce que fait l'Église le 2 novembre, jour de la Commémoration de tous les fidèles défunts.

Que veut dire « les saintes âmes du purgatoire » ?

L'expression appartient à la piété, pas au Catéchisme. Elle dit une chose vraie : ces âmes sont sauvées et destinées à voir Dieu, même si leur purification n'est pas achevée.

Ce que l'on peut faire dès ce soir

Un chapelet, un nom, et la mention de ceux que plus personne ne nomme. Cela tient en vingt minutes et se reprend le lendemain. La première semaine de novembre, ajoutez-y la visite d'un cimetière : c'est l'œuvre à laquelle l'Église attache l'indulgence, aux quatre conditions rappelées plus haut.

L'objet, lui, ne change pas : c'est le chapelet ordinaire. Nos chapelets sont classés par matière et par taille de grain, un dizainier suffit si vous priez une dizaine à la fois, et pour la prière du soir lampe éteinte, les grains du chapelet fluorescent se retrouvent sans rallumer.