Dévotion

Chapelet de Montligeon : le prier pour les défunts

Publié le 10 min de lecture

Sommaire
  1. En bref
  2. Ce qu'est le chapelet de Montligeon
  3. La prière de Montligeon, texte intégral
  4. Comment le prier, concrètement
  5. Pour qui l'on prie, exactement
  6. Les indulgences, et ce qu'elles ne sont pas
  7. Ce que cette prière ne promet pas
  8. Questions fréquentes
  9. Ce que l'on peut faire ce soir

En bref

  • Il n'existe pas de chapelet propre à Montligeon : ni grain en plus, ni formule de remplacement. C'est le chapelet ordinaire, offert pour les défunts.
  • Ce qui vient de Montligeon, c'est une prière : celle à Notre-Dame Libératrice, dite à la fin. Son texte est donné plus bas en entier.
  • Montligeon est un sanctuaire de l'Orne, fondé par l'abbé Paul-Joseph Buguet à la fin du XIXe siècle et voué à la prière pour les défunts.
  • Ces âmes sont déjà assurées de leur salut éternel. On ne prie pas pour les sauver, on prie pour que leur purification s'achève.
  • L'Église attache au chapelet une indulgence, applicable à un défunt à titre de suffrage. Elle ne chiffre rien et ne promet aucun résultat.

Le chapelet des âmes du purgatoire de Montligeon est le chapelet ordinaire, récité en l'offrant pour les défunts, et clos par la prière à Notre-Dame Libératrice propre au sanctuaire. Aucune forme à part n'est publiée sous ce nom : ni dizaine supplémentaire, ni texte qui remplacerait le Notre Père ou le Je vous salue Marie. Deux choses le distinguent : l'intention posée au départ, et la prière de Montligeon ajoutée à la fin.

Ce qu'est le chapelet de Montligeon

Un chapelet ordinaire, offert pour les défunts

Beaucoup cherchent ici un déroulé inconnu. Il n'y en a pas. Ce que l'Église catholique en France publie sous ce nom, c'est une prière : celle à Notre-Dame Libératrice, reprise en entier plus bas. Ni dizaine supplémentaire, ni texte qui viendrait en remplacer un autre. Vous priez le rosaire de Marie tel que vous le connaissez, et vous l'offrez pour vos défunts. La prière de Montligeon se joint à n'importe quel chapelet, y compris celui que vous avez déjà commencé ce soir.

Le sanctuaire de Montligeon

À la fin du XIXe siècle, l'abbé Paul-Joseph Buguet est nommé curé de La Chapelle-Montligeon, dans l'Orne. Affecté par les décès de proches, il conçoit une Œuvre de prière pour les défunts, fonde une imprimerie pour la faire connaître, puis lance le chantier de la basilique Notre-Dame-Libératrice. Il en résume l'intention : « Je cherchais à concilier ce double but de faire prier pour les âmes délaissées et, en retour, obtenir par elles le moyen de faire vivre l'ouvrier » (Église catholique en France, diocèse de Séez).

Dès 1884, il crée la Fraternité spirituelle Notre-Dame de Montligeon. Les vivants et les défunts qui y sont inscrits bénéficient de la messe perpétuelle célébrée tous les matins, et de l'intercession de huit cents groupes de prière répartis dans le monde. Le sanctuaire inscrit aussi à son registre « l'homme de la rue, afin de prier pour ceux dont personne ne se souvient ».

Pourquoi l'on cherche « chapelet de Notre-Dame de Montligeon »

Le nom circule parce que des groupes prient pour les défunts sous le patronage du sanctuaire : la Fraternité spirituelle et ses huit cents groupes de prière, cités plus haut, en sont le premier réseau. Le chapelet porte alors le nom du lieu qui le fait prier, pas celui d'un rite. Même mécanisme que pour les équipes du rosaire.

La prière de Montligeon, texte intégral

Le texte

Voici la prière telle que la publie l'Église catholique en France :

Notre-Dame Libératrice,
Prends en pitié tous nos frères défunts,
Spécialement ceux qui ont le plus besoin
de la miséricorde du Seigneur.

Intercède pour tous ceux qui nous ont quittés, afin que s'achève en eux
l'œuvre de l'Amour qui purifie.

Que notre prière, unie à celle de toute l'Eglise, leur obtienne la joie qui surpasse tout désir et apporte, ici-bas, consolation et réconfort
à nos frères éprouvés ou désemparés.

Mère de l'Église, aide-nous, pèlerins de la terre à mieux vivre, chaque jour,
notre passage vers la Résurrection.
Guéris-nous de toute blessure du cœur et de l'âme.

Fais de nous des témoins de l'Invisible,
Déjà tendus vers les biens que l'œil ne peut voir,
Des apôtres de l'Espérance,
semblables aux veilleurs de l'aube.

Refuge des pécheurs et Reine de tous les saints, rassemble-nous tous un jour,
pour la Pâque éternelle, dans la Maison du Père,
Par Jésus le Christ, Notre Seigneur.
Amen.

Elle demande deux choses à la fois, et c'est ce qui la distingue : que la purification s'achève chez les défunts, et que la consolation vienne à ceux qui restent.

Où la placer

À la fin, après le dernier Gloire au Père. Rien n'interdit de la dire seule, un jour où vous n'avez pas vingt minutes devant vous.

Comment le prier, concrètement

Poser l'intention avant de commencer

C'est le geste qui fait de ce chapelet un chapelet pour les défunts. Avant le signe de croix, vous dites pour qui vous priez : un nom, plusieurs, ou l'ensemble des défunts. Beaucoup nomment ensuite ceux dont personne ne se souvient. Le principe est détaillé dans l'intention de prière pour le chapelet.

Le déroulé, grain par grain

Sur quel grain Ce que l'on dit
La croix Le signe de croix, puis le Credo du chapelet
Le premier grain Un Notre Père
Les trois grains suivants Trois Je vous salue Marie
Le grain d'après Un Gloire au Père
Chaque dizaine Un Notre Père, dix Je vous salue Marie, un Gloire au Père, en méditant un mystère
À la fin La prière à Notre-Dame Libératrice, ci-dessus

Cinq dizaines, séparées par les grains d'intercalaire. Le texte entier du Credo, du Notre Père et du Gloire au Père est donné sur les pages liées dans le tableau ; ici, seule la prière propre à Montligeon est reprise en entier. Aucun texte du magistère ne fixe un nombre de grains : c'est la disposition qui compte, pas le total. L'ouverture par le Credo et les trois Je vous salue Marie est un usage français, pas une règle universelle.

Quels mystères méditer

Ceux du jour. La répartition a changé en 2002, quand Jean-Paul II a ajouté les mystères lumineux et conseillé de déplacer au samedi la deuxième méditation hebdomadaire des mystères joyeux (Rosarium Virginis Mariae, § 38). Les fidèles restés à l'usage antérieur ne sont pas dans l'erreur.

Jour Depuis 2002 Avant 2002
Lundi Joyeux Joyeux
Mardi Douloureux Douloureux
Mercredi Glorieux Glorieux
Jeudi Lumineux Joyeux
Vendredi Douloureux Douloureux
Samedi Joyeux Glorieux
Dimanche Glorieux Glorieux

Le vendredi est douloureux dans les deux calendriers : c'est le jour de la Passion. Le détail est repris dans le chapelet du jour.

Aucune forme particulière n'est requise pour cette prière : elle se dit sur le chapelet que l'on a déjà, quel qu'il soit. Pour qui n'en a pas encore, nos chapelets catholiques sont rassemblés dans une seule collection.

Pour qui l'on prie, exactement

Le Catéchisme est net : ceux qui meurent dans la grâce et l'amitié de Dieu, mais imparfaitement purifiés, sont « assurés de leur salut éternel » et souffrent après leur mort une purification (Catéchisme de l'Église catholique, n° 1030). Cela explique le vocabulaire de la prière de Montligeon : elle demande que s'achève « l'œuvre de l'Amour qui purifie », pas qu'une âme échappe à un danger.

Le n° 1032 fonde la pratique sur l'usage le plus ancien de l'Église, qui « a honoré la mémoire des défunts et offert des suffrages en leur faveur, en particulier le sacrifice eucharistique », puis recommande les aumônes, les indulgences et les œuvres de pénitence. Le chapelet entre là, sans remplacer la messe. Le cas d'une personne nommée est traité dans le chapelet pour les défunts catholiques.

Les indulgences, et ce qu'elles ne sont pas

Ce que l'Enchiridion accorde au chapelet

La norme 3 pose le principe : tout fidèle peut gagner les indulgences pour lui-même, ou les appliquer aux défunts à titre de suffrage (Enchiridion Indulgentiarum, 1999). Il n'y a pas de troisième destinataire : jamais à un vivant.

La concession 17 accorde une indulgence plénière à qui récite pieusement le chapelet à l'église ou à l'oratoire, en famille, en communauté religieuse, en association de fidèles, et généralement lorsque plusieurs se réunissent pour une fin honnête. Cette dernière clause est dans le texte latin et se lit rarement en français : elle élargit la concession au-delà des quatre cadres nommés avant elle. Ailleurs, l'indulgence est partielle.

Prié seul chez vous, ce chapelet reste donc une vraie prière, mais l'indulgence n'est que partielle. Cela ne dit rien de la valeur de ce que vous offrez, seulement de ce que l'Église a fixé.

Trois exigences propres s'y ajoutent : cinq dizaines d'affilée, la méditation des mystères jointe à la prière vocale, et l'annonce des mystères selon l'usage approuvé du lieu en récitation publique. Puis les quatre conditions de toute plénière, à la norme 20 : détachement de tout péché même véniel, confession, communion, prière aux intentions du Souverain Pontife. Si l'une manque, l'indulgence ne sera que partielle.

La radio, un point souvent mal lu

La concession 17 prévoit bien la récitation suivie par radio ou télévision, mais elle vise celle conduite par le Souverain Pontife. Se joindre à un chapelet diffusé par une radio chrétienne est une vraie prière commune ; ce n'est pas ce cas précis du texte.

Un chapelet ne s'achète pas béni

La norme 15 dote d'une indulgence l'usage dévot d'un objet de piété béni : croix, chapelet, scapulaire, médaille. La norme 16 § 2 dit ce qui l'éteint, et rien d'autre : « Indulgentia adnexa usui pietatis obiecti tunc tantum cessat, cum idem obiectum prorsus desinat esse vel vendatur. » L'indulgence attachée à l'usage d'un objet de piété cesse seulement lorsque cet objet cesse totalement d'exister ou qu'il est vendu. Un chapelet vendu comme déjà béni a pu l'être : mais l'indulgence attachée à son usage a cessé au moment de la vente. La bénédiction se demande à un prêtre, après l'achat : c'est le sens de faire bénir un chapelet. Nous le disons même si cela nous coûte une vente.

Ce que cette prière ne promet pas

Beaucoup de chiffres circulent autour des âmes du purgatoire : un nombre d'âmes libérées, un nombre de récitations à atteindre. Ni Montligeon ni l'Église ne garantissent cela, et c'est ce qui manque à des formes comme le chapelet pour sauver 5000 âmes ou le chapelet des 13 vertus, dévotions privées licites tant qu'elles ne promettent rien de mesurable. Si vous cherchez un compte, c'est souvent qu'un deuil est récent et que compter donne une prise. Personne ici ne va vous le reprocher. Simplement, l'Église parle de suffrage : on offre, Dieu dispose.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le chapelet de Montligeon ?

Le chapelet ordinaire, offert pour les défunts et terminé par la prière à Notre-Dame Libératrice. Il tient son nom du sanctuaire de La Chapelle-Montligeon, dans l'Orne, non d'une forme distincte.

Quelle est la prière de Notre-Dame de Montligeon ?

Elle commence par « Notre-Dame Libératrice, prends en pitié tous nos frères défunts ». Son texte intégral est donné plus haut, tel que le publie l'Église catholique en France.

Le chapelet des âmes du purgatoire de Montligeon est-il différent d'un chapelet ordinaire ?

Non. Ni grain en plus, ni dizaine supplémentaire, ni prière qui en remplacerait une autre. Seules changent l'intention, posée avant de commencer, et la prière ajoutée à la fin. Le sujet plus large est traité dans le chapelet aux âmes du purgatoire.

Ce que l'on peut faire ce soir

Un chapelet, un nom posé avant le signe de croix, la prière à Notre-Dame Libératrice à la fin. Vingt minutes. Pour aller plus loin, la concession 29 réserve à ces âmes seules une indulgence plénière, pour qui visite un cimetière chaque jour du 1er au 8 novembre en priant pour les défunts, aux quatre conditions habituelles : confession, communion, prière aux intentions du pape, détachement de tout péché.

Un chapelet ordinaire suffit, c'est tout l'objet de cette dévotion : nos chapelets sont classés par matière et par taille de grain. Pour le trajet jusqu'au cimetière des premiers jours de novembre, un dizainier tient dans une poche, et le chapelet en bois noir, monté sur cordon, se laisse au fond d'une veste sans qu'on ait à y penser.