Dévotion

Chapelet pour les défunts : comment le prier

Publié le 11 min de lecture

Sommaire
  1. En bref
  2. Prier le chapelet pour les défunts
  3. Le chapelet pour un défunt, grain par grain
  4. Le chapelet à la veillée mortuaire
  5. La méditation du chapelet pour les défunts
  6. Ce que cette prière obtient, et ce qu'elle ne promet pas
  7. Questions fréquentes
  8. Ce que l'on peut faire ce soir

En bref

  • Il n'existe pas de chapelet réservé aux défunts : c'est le chapelet ordinaire, offert pour une personne précise.
  • Ce qui change n'est pas le texte mais l'intention : on nomme le défunt avant le signe de croix, et beaucoup terminent par le Requiem aeternam.
  • On médite les mystères du jour. La répartition dans la semaine a changé en 2002.
  • À une veillée, le chapelet se dit à deux voix : un meneur, une assemblée qui répond.
  • L'Église appelle cela un suffrage : une prière offerte pour un autre, dont Dieu dispose. Pas une formule au résultat garanti.

Prier le chapelet pour un défunt, c'est réciter le chapelet ordinaire en l'offrant pour lui. On nomme la personne avant le signe de croix, on récite les cinq dizaines en méditant les mystères du jour, et beaucoup terminent par une prière pour les morts. L'Église n'a fixé ni formule propre ni nombre de récitations : elle range cette prière parmi les suffrages, après le sacrifice eucharistique qu'elle nomme en premier.

Prier le chapelet pour les défunts

Ce que l'Église fait quand elle prie pour ses morts

Le Catéchisme part d'un fait ancien : « Dès les premiers temps, l'Église a honoré la mémoire des défunts et offert des suffrages en leur faveur, en particulier le sacrifice eucharistique » (Catéchisme de l'Église catholique, n° 1032). Le même numéro nomme ensuite l'aumône, les indulgences et les œuvres de pénitence.

Ceux pour qui l'on prie ainsi sont morts « dans la grâce et l'amitié de Dieu, mais imparfaitement purifiés » (n° 1030). On ne prie donc pas pour arracher quelqu'un à un danger, mais pour qu'une œuvre déjà commencée s'achève.

Il n'existe pas de chapelet des défunts à part

Beaucoup cherchent un « chapelet des defunts » comme une prière à part, avec ses grains et sa formule. Il n'y en a pas : c'est le rosaire de Marie tel qu'il se récite tous les jours, dit cette fois pour un mort. Prier pour un défunt vise une personne, avec son nom et son visage ; le chapelet aux âmes du purgatoire vise l'ensemble de ceux qui achèvent leur purification.

Poser le nom avant de commencer

Nommer le défunt fait de ce chapelet un suffrage pour quelqu'un de précis. Avant le signe de croix, on dit pour qui l'on prie : un prénom suffit. Le formuler à voix haute, même seul, aide à tenir l'intention jusqu'au bout des cinq dizaines. C'est le principe de l'intention de prière pour le chapelet. Rien n'interdit de nommer plusieurs personnes : l'Église ne compte pas les noms.

Le chapelet pour un défunt, grain par grain

Le déroulé

La marche à suivre, telle que la publie l'Église catholique en France. Elle vaut pour un défunt comme pour toute autre intention.

Sur quel grain Ce que l'on dit
Avant tout Le signe de croix, et le nom du défunt
La croix Le Credo
Le premier grain Un Notre Père
Les trois grains suivants Trois Je vous salue Marie
Le grain d'après Un Gloire au Père
Chaque dizaine Un Notre Père, dix Je vous salue Marie, un Gloire au Père, en méditant un mystère

Cinq dizaines, séparées par les grains d'intercalaire. Aucun texte du magistère ne fixe un nombre de grains : c'est la disposition qui fait le chapelet. Le texte de ces prières est donné en entier ailleurs : le Credo du chapelet, le Notre Père du chapelet et le Gloire au Père du chapelet.

Le Je vous salue Marie, et l'heure de notre mort

C'est la prière que l'on répète cinquante fois, et sa dernière ligne dit ce que l'on est en train de demander. Texte publié par l'Église catholique en France :

Je vous salue Marie, pleine de grâce ;
Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous pauvres pécheurs,
Maintenant et à l'heure de notre mort.
Amen

« Maintenant et à l'heure de notre mort. » Pour celui qui vient de perdre quelqu'un, cette heure est déjà passée : on redit la phrase pour un mort dont l'heure est venue, et pour soi qui reste.

Le Requiem aeternam

L'invocation la plus brève pour un mort, telle que l'Enchiridion la reproduit, d'après l'Ordo exequiarum :

Requiem aeternam dona eis, Domine, et lux perpetua luceat eis. Requiescant in pace. Amen.

Traduite : « Donne-leur, Seigneur, le repos éternel, et que la lumière sans fin brille sur eux. Qu'ils reposent en paix. Amen. » Sa récitation dévote porte une indulgence partielle applicable aux seules âmes du purgatoire (concession 29 § 2, 2°). On la dit à la fin du chapelet, ou après chaque dizaine.

L'invocation reçue à Fatima

Beaucoup l'ajoutent après le Gloire au Père de chaque dizaine. Elle nomme toutes les âmes, ce qui explique qu'on la retrouve dans les prières pour les morts. Dans l'usage français :

Ô mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l'enfer,
conduisez au ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.

Aucun texte du magistère ne fixe cette formule : elle vient d'une révélation privée. Le livret « Le Rosaire » de l'Église catholique en France en imprime une autre version, et place à cet endroit une seconde invocation sans hiérarchiser les deux. Personne n'est tenu de la dire. Son histoire est détaillée dans la prière de Fatima au chapelet.

Aucun objet particulier n'est requis pour prier de cette manière : puisqu'il s'agit du chapelet ordinaire, tous les chapelets à cinq dizaines conviennent, celui que l'on a déjà comme celui que l'on met entre les mains de quelqu'un le soir d'une veillée.

Le chapelet à la veillée mortuaire

Quand la veillée a lieu

Entre la mort et les funérailles, la famille se réunit auprès du corps : à la maison, en chambre funéraire, parfois à l'église. Ce temps n'a pas d'horaire fixe et ne demande pas de prêtre. « Chapelet veillée mortuaire », c'est la question de quoi dire, à plusieurs, quand personne ne sait par quoi commencer. Le chapelet y convient : tout le monde en connaît les mots.

Mener le chapelet à plusieurs

Une personne mène. Elle annonce le mystère, dit le Notre Père, puis la première moitié de chaque Je vous salue Marie, jusqu'à « le fruit de vos entrailles, est béni ». L'assemblée reprend à « Sainte Marie, Mère de Dieu » et va jusqu'à « Amen ». Attendre que la moitié précédente soit finie avant d'enchaîner, sinon la prière devient inaudible. Cinq dizaines durent une vingtaine de minutes : sur une veillée longue, on espace au lieu de reprendre en boucle, et personne n'est tenu de rester du début à la fin. Le principe est le même que pour prier le chapelet en famille.

La méditation du chapelet pour les défunts

Quels mystères prendre

Rien n'oblige à choisir des mystères particuliers pour un défunt : on prend ceux du jour. La répartition a changé en 2002, quand Jean-Paul II a ajouté les mystères lumineux et proposé « de déplacer au samedi la deuxième méditation hebdomadaire des mystères joyeux », le jeudi restant « opportunément libre pour la méditation des mystères lumineux » (Rosarium Virginis Mariae, § 38).

Jour Depuis 2002 Avant 2002
Lundi Joyeux Joyeux
Mardi Douloureux Douloureux
Mercredi Glorieux Glorieux
Jeudi Lumineux Joyeux
Vendredi Douloureux Douloureux
Samedi Joyeux Glorieux
Dimanche Glorieux Glorieux

Le vendredi est douloureux dans les deux calendriers : c'est le jour de la Passion. Les fidèles restés à l'usage antérieur, qui méditent les joyeux le jeudi et les glorieux le samedi, ne sont pas dans l'erreur. Le détail est repris dans le chapelet du jour.

Méditer quand on est dans le chagrin

La méditation n'est pas un effort de concentration : on tient un épisode de la vie du Christ devant soi pendant une dizaine, et on laisse le deuil venir s'y poser. Ne rien méditer du tout n'est pas une faute, le chapelet se prie aussi avec une tête vide. La manière d'y entrer est décrite dans méditer le chapelet.

Ce que cette prière obtient, et ce qu'elle ne promet pas

Les indulgences applicables aux défunts

L'Enchiridion Indulgentiarum accorde une indulgence plénière à qui récite pieusement le rosaire marial « à l'église ou à l'oratoire, ou en famille, en communauté religieuse, en association de fidèles, et généralement quand plusieurs se réunissent pour une fin honnête » (concession 17 § 1, 1°). Ailleurs, elle est partielle. C'est cette dernière clause qui couvre une veillée réunie autour d'un corps. Cinq dizaines suffisent, à condition d'être récitées d'affilée et accompagnées de la méditation des mystères.

Outre l'exclusion de tout attachement au péché, même véniel, trois conditions s'ajoutent à l'œuvre (norme 20 § 1) : confession sacramentelle, communion eucharistique, prière aux intentions du Souverain Pontife. Si l'une manque, le § 4 est net : l'indulgence ne sera que partielle. Le § 3 permet de les remplir plusieurs jours avant ou après.

Du 1er au 8 novembre

La concession 29 § 1 ouvre deux indulgences plénières applicables aux seules âmes du purgatoire. La première pour qui visite dévotement un cimetière chaque jour du 1er au 8 novembre en priant pour les défunts, même en pensée. La seconde pour qui, le jour de la Commémoration de tous les fidèles défunts, visite pieusement une église ou un oratoire et y récite le Notre Père et le Credo (ou, avec l'accord de l'Ordinaire, le dimanche voisin ou la Toussaint). Hors de ces dates, la visite au cimetière porte une indulgence partielle.

Beaucoup confient cette prière dans la durée à un sanctuaire, comme le chapelet des âmes du purgatoire de Montligeon.

Pourquoi un chapelet ne s'achète pas déjà béni

La norme 15 dote d'une indulgence l'usage dévot d'un objet de piété dûment béni : crucifix ou croix, chapelet, scapulaire, médaille. La norme 16 § 2 ajoute que l'indulgence attachée à l'usage d'un tel objet ne cesse que dans deux cas : quand l'objet cesse entièrement d'exister, et quand il est vendu. Un chapelet vendu comme déjà béni ne porte donc plus l'indulgence, que la vente a éteinte. La bénédiction se demande à un prêtre, dans sa paroisse, après l'achat : c'est le sens de faire bénir un chapelet.

Ce qu'aucune prière ne garantit

On lit parfois qu'un certain nombre de chapelets libère une âme. L'Église n'a jamais dit cela. Elle parle de suffrages : on offre, Dieu dispose. Elle ne déclare jamais personne perdu non plus : on peut prier pour n'importe quel mort. Cette limite n'enlève rien à la prière, elle la remet à sa place, celle d'une relation et non d'un mécanisme.

Questions fréquentes

Comment prier le chapelet pour les défunts ?

Nommez le défunt, faites le signe de croix, dites le Credo sur la croix, un Notre Père, trois Je vous salue Marie, un Gloire au Père, puis les cinq dizaines en méditant les mystères du jour. Terminez par le Requiem aeternam et redites le nom.

Existe-t-il un chapelet des défunts ?

Non. On récite le chapelet ordinaire en l'offrant pour un défunt. Ce qui existe à côté, c'est l'usage de le prier pour l'ensemble des âmes du purgatoire.

Quel chapelet réciter à une veillée mortuaire ?

Le chapelet ordinaire, cinq dizaines, mystères du jour. Une personne mène et dit la première moitié de chaque Je vous salue Marie, l'assemblée répond la seconde. Aucun ministre ordonné n'est nécessaire.

Quelle méditation du chapelet pour les défunts ?

Celle du jour, sans adaptation particulière. Les mystères glorieux sont souvent choisis pour un enterrement parce qu'ils portent la Résurrection, mais ce choix relève de la liberté de chacun, pas d'une règle.

Ce que l'on peut faire ce soir

Un chapelet, un prénom dit à voix haute avant le signe de croix, les mystères du jour. Vingt minutes. Si la veillée approche, dites à ceux qui seront là que vous mènerez la première moitié du Je vous salue Marie : c'est tout ce qu'il y a à préparer.

Rien d'autre à se procurer : c'est le chapelet ordinaire qui sert, et nos chapelets sont classés par matière et par taille de grain. Pour une veillée, les grains de 10 mm du chapelet en bois de saint Benoît se retrouvent sans regarder, et un dizainier se glisse dans une poche de manteau le jour de l'enterrement.