Dévotion

Prier Notre-Dame du Rosaire : prières et litanies

Publié le 10 min de lecture

Sommaire
  1. En bref
  2. Prier Notre-Dame du Rosaire : à qui l'on s'adresse
  3. Les prières adressées à Notre-Dame du Rosaire
  4. Les litanies de Notre-Dame du Rosaire
  5. Pourquoi prier Notre-Dame du Rosaire
  6. Quand prier Notre-Dame du Rosaire
  7. Questions fréquentes
  8. Par où commencer, ce soir

Prier Notre-Dame du Rosaire, c'est s'adresser à la Vierge Marie sous le titre que l'Église lui donne au 7 octobre. La prière qui lui est propre est le Rosaire : des Je vous salue Marie récités en méditant les mystères de la vie du Christ. Ce qu'on appelle les litanies de Notre-Dame du Rosaire, ce sont les litanies de Lorette. Le Martyrologe romain en donne la raison au 7 octobre : par la prière du Rosaire le peuple chrétien invoque le secours de la sainte Mère de Dieu, en méditant, sous sa conduite, les mystères du Christ.

En bref

  • Notre-Dame du Rosaire est un titre de Marie, pas une autre Vierge. Notre-Dame du saint Rosaire et Notre-Dame du très saint Rosaire désignent la même.
  • La prière qu'on lui adresse est le Rosaire : un Notre Père, dix Je vous salue Marie, un Gloire au Père, en méditant un mystère.
  • Les litanies de Notre-Dame du Rosaire sont les litanies de Lorette, l'un des deux formulaires des livres liturgiques du rite romain. On y invoque Marie comme Reine du Saint Rosaire.
  • « Notre-Dame du Rosaire, priez pour nous » est une invocation : un titre, puis une demande. C'est la forme même de la litanie.
  • Aucune de ces prières n'est un levier : on demande une intercession, on ne déclenche pas un résultat.

Prier Notre-Dame du Rosaire : à qui l'on s'adresse

Un titre de Marie, pas une autre Vierge

Beaucoup de titres mariaux ressemblent à des personnes différentes alors qu'ils désignent la même femme. Celui-ci vient d'une fête : saint Pie V l'institue pour commémorer la victoire de Lépante du 7 octobre 1571, sous le nom de Notre-Dame de la Victoire, et c'est son successeur Grégoire XIII qui lui donne son nom actuel.

Notre-Dame du Rosaire, Notre-Dame du saint Rosaire, Notre-Dame du très saint Rosaire : ces trois formules visent la même Vierge Marie. Sur son histoire, voyez Notre-Dame du Rosaire, et pour le jour lui-même la fête du Rosaire.

On prie avec elle, et le centre reste le Christ

Jean-Paul II l'écrit dès la première page de sa lettre sur le Rosaire : « tout en ayant une caractéristique mariale, le Rosaire est une prière dont le centre est christologique ». On regarde Jésus, avec les yeux de sa mère.

La même lettre décrit ce que fait Marie ici : « Par son intercession maternelle, Marie intervient pour soutenir la prière que le Christ et l'Esprit font jaillir de notre cœur. » Elle porte la demande, elle ne se substitue pas au seul Médiateur. Aux noces de Cana, elle dit simplement : « Ils n'ont plus de vin. » Voyez pourquoi prier le chapelet.

Les prières adressées à Notre-Dame du Rosaire

Le Je vous salue Marie, la prière qu'on lui adresse

Il n'existe pas de prière secrète réservée à ce titre. Le Je vous salue Marie revient dix fois par dizaine, dans le texte publié par l'Église catholique en France.

Je vous salue Marie, pleine de grâce ;
Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous pauvres pécheurs,
Maintenant et à l'heure de notre mort.
Amen

Jean-Paul II fait remarquer que le centre de gravité de cette prière est le nom de Jésus. Quand la récitation va trop vite, c'est ce point-là qui disparaît le premier. L'enchaînement complet est détaillé dans la prière du rosaire de la Vierge Marie.

« Notre-Dame du Rosaire, priez pour nous »

Cette formule n'est pas une prière complète : c'est une invocation. Le Directoire sur la piété populaire en donne la grammaire. Une invocation de litanie tient en deux parties : une louange, le titre donné à Marie, puis une supplication, le ora pro nobis.

Elle se dit seule, dans la journée, comme on lance un mot à quelqu'un qui est là. Si vous portez une intention précise, voyez l'intention de prière pour le chapelet.

La louange qui achève le Rosaire

À la fin du Rosaire, l'usage est d'ajouter une louange à Marie. Jean-Paul II en donne deux exemples : « la splendide prière du Salve Regina » ou « celle des Litanies de Lorette ». L'une ou l'autre, selon l'usage du lieu. Rien n'interdit d'enchaîner les deux, et c'est justement ce que décrit le Directoire pour le mois d'octobre : le Rosaire, puis les litanies. Beaucoup de paroisses concluent par un chant, souvent Salut Reine du Rosaire.

Chaque dizaine, elle, se termine par le Gloire au Père, dont la formule française du chapelet est un usage reçu et non un texte officiel : voyez le Gloire au Père du chapelet.

Toutes ces prières se disent un chapelet à la main, et le titre de Notre-Dame du Rosaire n'en appelle aucun en particulier : c'est celui qui vous tient bien dans la main qui convient. Nos chapelets sont rangés par forme, par matière et par couleur, si vous cherchez à vous repérer.

Les litanies de Notre-Dame du Rosaire

Ce sont les litanies de Lorette

Le Directoire sur la piété populaire est précis : deux formulaires de litanies mariales figurent dans les livres liturgiques du rite romain, les litanies de Lorette, « à l'égard desquelles les Pontifes Romains ont constamment exprimé leur attachement », et celles du rite de couronnement d'une image de la Vierge. Aucun de ces deux formulaires n'est propre à Notre-Dame du Rosaire. Le même paragraphe demande par ailleurs de retenir « certains formulaires anciens ou nouveaux » en usage dans des Églises locales ou des Instituts religieux : d'autres litanies existent donc, mais elles tiennent à un lieu ou à une famille religieuse.

Quand un feuillet de paroisse annonce les litanies de Notre-Dame du Rosaire, ce sont donc les litanies de Lorette. Elles s'ouvrent par le Kyrie, puis viennent quatre invocations à la Trinité et les titres donnés à Marie, dont « Reine du Saint Rosaire » : c'est cette invocation-là qui les fait chercher sous ce nom. Le Saint-Siège en publie le texte français sur sa page du Saint Rosaire, et nous le reprenons en entier, répons compris : les litanies du rosaire.

Quand elles se disent

L'habitude vient de Léon XIII. Le 1er septembre 1883, dans l'encyclique Supremi apostolatus officio, il consacre à la Sainte Reine du Rosaire le mois d'octobre de cette année-là, du 1er octobre au 2 novembre, et demande qu'on récite dans les paroisses « cinq dizaines du Rosaire, en y ajoutant les Litanies Laurétanes ». La mesure était prise pour 1883 seulement ; elle a été reconduite les années suivantes.

Le Directoire ajoute une correction utile : cette prescription a fait croire que les litanies étaient un appendice du chapelet. Elles ne le sont pas, « les Litanies sont avant tout un acte cultuel qui se suffit à lui-même ». On peut les dire seules. Ce temps fort est détaillé dans le mois du rosaire.

Pourquoi prier Notre-Dame du Rosaire

La raison que donne l'Église

Le Martyrologe romain la formule au 7 octobre : « Par la prière du Rosaire le peuple chrétien invoque le secours de la sainte Mère de Dieu, en méditant, sous sa conduite, les mystères du Christ, elle qui fut associée, de manière unique, à l'incarnation, à la passion et à la résurrection du Fils de Dieu. »

Tout y est : on demande un secours, on médite. Jean-Paul II ajoute que cette prière est « destinée à porter des fruits de sainteté ». Pas des résultats, des fruits. La liste est dans les mystères du chapelet.

Ce que cette prière ne promet pas

Aucun nombre de récitations n'oblige Dieu, et aucune neuvaine ne garantit une issue. Si vous cherchez cette prière parce que quelque chose de lourd vous arrive, la chercher est une bonne réaction : l'Église vous dit de demander, elle ne vous dit pas que le résultat est acquis. Même précision sur la neuvaine à Notre-Dame du Rosaire.

Le Directoire désamorce la culpabilité de celui qui ne prie pas le chapelet tous les jours, en reprenant une phrase de Paul VI : « Le Rosaire est une prière excellente, au regard de laquelle le fidèle doit pourtant se sentir sereinement libre ». Sereinement libre : ce n'est pas le vocabulaire d'une obligation.

Quand prier Notre-Dame du Rosaire

Le 7 octobre, et tout le mois

La mémoire est au 7 octobre, et l'association du mois entier vient de la prescription de Léon XIII pour octobre 1883, reconduite les années suivantes : beaucoup de paroisses y proposent un chapelet quotidien. C'est la période où l'on prie devant une représentation de la Vierge du Rosaire, comme l'image de Notre-Dame du Rosaire de Pompéi.

Les mystères selon le jour de la semaine

La série méditée dépend du jour. Cette répartition a changé en 2002 : dans Rosarium Virginis Mariae, Jean-Paul II a placé les mystères lumineux le jeudi et déplacé au samedi la deuxième méditation des mystères joyeux. Avant cette lettre, le jeudi était joyeux et le samedi glorieux.

Jour Depuis 2002 Avant 2002
Lundi Joyeux Joyeux
Mardi Douloureux Douloureux
Mercredi Glorieux Glorieux
Jeudi Lumineux Joyeux
Vendredi Douloureux Douloureux
Samedi Joyeux Glorieux
Dimanche Glorieux Glorieux

Le vendredi n'a pas bougé : douloureux dans les deux répartitions. Ceux qui gardent la forme ancienne ne se trompent pas, ils suivent l'usage antérieur, celui que le Directoire décrivait encore en décembre 2001. Détail dans le chapelet du jour.

Questions fréquentes

Quelle est la prière à Notre-Dame du Rosaire ?

C'est le Rosaire, c'est-à-dire le chapelet médité : un Notre Père, dix Je vous salue Marie, un Gloire au Père, pour chacun des cinq mystères du jour. On ajoute souvent, à la fin, le Salve Regina ou les litanies de Lorette.

Quelles sont les litanies de Notre-Dame du Rosaire ?

Ce sont les litanies de Lorette. Des deux formulaires de litanies mariales que portent les livres liturgiques du rite romain, aucun n'est propre à Notre-Dame du Rosaire : on les appelle ainsi parce qu'elles se disent après le Rosaire et qu'elles invoquent Marie comme Reine du Saint Rosaire. Le texte français est publié par le Saint-Siège, et repris en entier sur notre page qui leur est consacrée.

Que veut dire « Notre-Dame du Rosaire, priez pour nous » ?

C'est une invocation, construite comme celles des litanies : un titre donné à Marie, puis une demande d'intercession. On lui demande de prier avec nous, auprès de son Fils.

Pourquoi prier Notre-Dame du Rosaire plutôt que Jésus directement ?

Les deux ne s'opposent pas. Le Rosaire est une prière dont le centre est le Christ : on médite ses mystères. Marie la soutient par son intercession, elle ne la remplace pas.

Y a-t-il une différence entre Notre-Dame du Rosaire et Notre-Dame du très saint Rosaire ?

Non, ce sont deux formulations du même titre, la seconde étant plus solennelle. Léon XIII écrivait Sainte Reine du Rosaire, le Martyrologe romain écrit Notre-Dame du Rosaire. La Vierge invoquée est la même.

Par où commencer, ce soir

Prenez la série de mystères du jour et dites-en une seule dizaine, sans presser le pas. Au moment du nom de Jésus, ralentissez : c'est là que la prière tient. Terminez par l'invocation « Notre-Dame du Rosaire, priez pour nous ». Demain, vous saurez comment vous y prendre.

Pour ralentir au nom de Jésus, mieux vaut ne pas avoir à compter : nos chapelets sont classés par matière et par taille de grain, le chapelet blanc nacre fermant chaque dizaine par un grain à peau grenue qui se sent sans qu'on regarde. Pour une seule dizaine, un dizainier suffit.