Dévotion

Notre-Dame du Rosaire de Pompéi : l'image et sa prière

Publié le 11 min de lecture

Sommaire
  1. En bref
  2. Ce que montre l'image de Notre-Dame du Rosaire de Pompéi
  3. Le rosaire de Pompéi : l'histoire de Bartolo Longo
  4. La prière à Notre-Dame du Rosaire de Pompéi
  5. Reine du Rosaire de Pompéi : d'où vient le titre
  6. Questions fréquentes
  7. Par où commencer devant cette image

L'image de Notre-Dame du Rosaire de Pompéi est le tableau vénéré dans le sanctuaire bâti par Bartolo Longo près des ruines de l'antique cité. Elle montre la Vierge assise, l'Enfant sur son bras, et deux saints dominicains agenouillés qui reçoivent un chapelet. C'est devant elle que se récite la Supplique à la Reine du Saint Rosaire, dont Jean-Paul II a repris la fin. Bartolo Longo, béatifié en 1980, a été canonisé le 19 octobre 2025.

En bref

  • Un tableau, pas une apparition : une peinture placée dans un sanctuaire, devant laquelle on prie le Rosaire.
  • Ce qu'elle montre : Marie et l'Enfant tendant un chapelet à deux saints dominicains agenouillés.
  • Le titre de Reine n'est pas né à Pompéi : il est ancien et commun à toute l'Église. Ce qui est propre à Pompéi, c'est la Supplique à la Reine du Saint Rosaire, composée par Bartolo Longo en 1883, dont Jean-Paul II cite la fin.
  • Bartolo Longo : né en 1841, avocat passé par le spiritisme, mort à Pompéi le 5 octobre 1926, canonisé le 19 octobre 2025.
  • Aucune image, aucune neuvaine et aucun nombre de récitations ne garantit un résultat. On demande, on ne déclenche pas.

Ce que montre l'image de Notre-Dame du Rosaire de Pompéi

À la fin de sa lettre sur le Rosaire, Jean-Paul II écrit s'incliner spirituellement « devant son image dans le splendide sanctuaire qui lui a été édifié par le bienheureux Bartolo Longo, apôtre du Rosaire ». C'est ce tableau : une peinture devant laquelle on prie depuis la fin du dix-neuvième siècle.

La Vierge, l'Enfant, et deux saints qui reçoivent un chapelet

La composition suit le schéma classique de la Vierge du Rosaire. Marie est assise, l'Enfant Jésus sur son bras. De part et d'autre, un saint dominicain à genoux reçoit un chapelet : d'un côté saint Dominique, de l'autre sainte Catherine de Sienne. L'Enfant tend lui aussi un chapelet.

Ce geste est le sujet du tableau. Il ne raconte pas une scène qui aurait eu lieu : il dit une transmission, de main en main. C'est l'iconographie fixée par saint Dominique et le rosaire.

Comment reconnaître une reproduction de l'image de Pompéi

Beaucoup de tableaux portent ce titre et se ressemblent. Trois repères aident à s'y retrouver.

Repère Ce que vous devez voir
Le geste Marie et l'Enfant tendent chacun un chapelet
Les deux saints Un homme et une femme, tous deux en habit dominicain, à genoux
La position Marie assise, l'Enfant sur son bras, pas debout sur un globe

Si l'image montre Marie seule remettant un chapelet à un seul religieux, c'est une autre Vierge du Rosaire. Pour les images qui accompagnent la prière elle-même, voyez les mystères du rosaire en image.

Un mot sur ce que nous n'écrivons pas. Le récit de l'achat du tableau à Naples, de son transport et de ses restaurations circule partout : nous ne l'avons trouvé sur aucune source de l'Église, donc nous ne le reprenons pas.

Le rosaire de Pompéi : l'histoire de Bartolo Longo

Derrière l'image, il y a un homme, et son parcours explique presque tout de cette dévotion.

D'un avocat perdu au « Frère Rosaire »

Bartolo Longo naît à Latiano, dans les Pouilles, en 1841. Il étudie le droit civil à Naples, où il perd la foi et s'engage dans le spiritisme. Il la retrouve avec l'aide d'un religieux dominicain, le père Radente, et entre dans le tiers-ordre dominicain en 1871 sous le nom de Frère Rosaire. Il épousera Marie-Anne Farnararo.

La phrase qui résume sa vie, il ne l'a pas forgée : il l'a reçue. Jean-Paul II écrit que son chemin de sainteté s'appuie sur « une inspiration entendue au plus profond de son cœur », et il la cite : « Qui propage le Rosaire est sauvé! » Une conviction, pas un tarif.

Un sanctuaire bâti près des ruines

Longo élève à Pompéi un sanctuaire dédié à la Vierge du Saint Rosaire, près des ruines de l'antique cité, et fonde une congrégation de sœurs dominicaines. Jean-Paul II lui reconnaît « un charisme spécial, celui de véritable apôtre du Rosaire ». Une ville morte sous la cendre, et au milieu, une école de prière. Voyez aussi l'historique du rosaire.

Béatifié en 1980, canonisé en 2025

Bartolo Longo meurt à Pompéi le 5 octobre 1926, jour de sa mémoire. Jean-Paul II le béatifie en 1980 et l'appelle « bienheureux » dans toute sa lettre de 2002. Léon XIV l'a canonisé le 19 octobre 2025, place Saint-Pierre, avec six autres. Les textes antérieurs disent donc « bienheureux » : ils ne se trompent pas, ils sont d'avant.

La prière à Notre-Dame du Rosaire de Pompéi

Deux choses se cachent derrière cette recherche : la Supplique, qui est un texte précis, et ce qu'on récite ordinairement devant l'image.

La Supplique à la Reine du Saint Rosaire

C'est la prière propre de Pompéi, composée par Bartolo Longo en 1883, en réponse à l'invitation lancée par Léon XIII dans sa première encyclique sur le Rosaire. Elle se récite solennellement deux fois l'an, en mai et en octobre. À la fin de Rosarium Virginis Mariae, Jean-Paul II dit faire siennes « les paroles touchantes par lesquelles il termine la célèbre Supplique à la Reine du Saint Rosaire » :

Ô Rosaire béni par Marie, douce chaîne qui nous relie à Dieu, lien d'amour qui nous unit aux Anges, tour de sagesse face aux assauts de l'enfer, havre de sécurité dans le naufrage commun, nous ne te lâcherons plus. Tu seras notre réconfort à l'heure de l'agonie. À toi, le dernier baiser de la vie qui s'éteint. Et le dernier accent sur nos lèvres sera ton nom suave, ô Reine du Rosaire de Pompéi, ô notre Mère très chère, ô refuge des pécheurs, ô souveraine Consolatrice des affligés. Sois bénie en tout lieu, aujourd'hui et toujours, sur la terre et dans le ciel.

Ce sont les dernières lignes de la Supplique, pas la Supplique entière, et nous nous arrêtons là volontairement : le texte intégral n'est publié sur aucune des sources de l'Église que nous consultons, et nous ne recopions pas une prière de mémoire. Le jour où nous pourrons le donner depuis une source vérifiée, il sera ici.

Ce qu'on récite devant l'image

On ne prie pas autrement devant l'image de Pompéi qu'ailleurs : un chapelet. Une dizaine, c'est un Notre Père, dix Je vous salue Marie en méditant le mystère, un Gloire au Père. Voici les deux textes que vous répéterez le plus.

Je vous salue Marie
Je vous salue Marie, pleine de grâce ;
Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous pauvres pécheurs,
Maintenant et à l'heure de notre mort.
Amen

Gloire au Père, dans l'usage français du chapelet
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit,
comme il était au commencement, maintenant et toujours,
pour les siècles des siècles.
Amen.

Aucun texte du magistère ne fixe cette formule en français : c'est un usage, et il se présente comme tel. Voyez le Gloire au Père du chapelet. Beaucoup terminent ensuite par une antienne mariale, souvent le Salut Reine du Rosaire. Rien n'y oblige.

Ces deux prières se disent sur un chapelet, l'objet que Marie et l'Enfant tendent dans le tableau. Si vous n'en avez pas encore un qui vous tienne en main, nos chapelets sont classés par matière, par couleur et par usage.

La neuvaine dite « de Pompéi »

Une neuvaine longue, étalée sur cinquante-quatre jours, circule sous le nom de neuvaine de Pompéi : vingt-sept jours de demande, puis vingt-sept jours d'action de grâce. Elle est répandue et elle a nourri beaucoup de vies de prière.

Deux précisions. Aucun texte du magistère n'institue cette neuvaine : c'est une dévotion privée. Et le surnom d'« irrésistible » qu'on lui accole n'est pas le langage de l'Église. Une neuvaine n'oblige personne, pas même Dieu. Si vous la commencez parce que quelque chose de lourd vous arrive, elle a toute sa place, et parler à un prêtre en a une aussi. Voyez la neuvaine à Notre-Dame du Rosaire.

On cherche souvent cette image parce qu'on n'a plus grand-chose d'autre, et c'est une bonne raison de la chercher. Mais ni le tableau, ni la Supplique, ni le nombre de jours tenus ne fonctionnent comme un levier. Marie intercède, elle ne s'exécute pas.

Reine du Rosaire de Pompéi : d'où vient le titre

Le titre n'a pas été inventé à Pompéi. Il y a été repris, et lié à une image. Quand Bartolo Longo compose la Supplique en 1883, la fête de Notre-Dame du Rosaire est célébrée depuis plus de trois siècles. Ce qui naît à Pompéi, c'est la formule sur laquelle la Supplique s'achève, « ô Reine du Rosaire de Pompéi », pas le titre de Reine.

Le 7 octobre, mémoire de Notre-Dame du Rosaire

La fête a été instituée par saint Pie V pour commémorer la victoire de Lépante du 7 octobre 1571. Elle s'est d'abord appelée Notre-Dame de la Victoire, avant que son successeur Grégoire XIII ne la place sous le titre du Rosaire. Clément XI l'a étendue à toute l'Église catholique. Le Martyrologe romain la formule ainsi : « Mémoire de Notre-Dame du Rosaire. Par la prière du Rosaire le peuple chrétien invoque le secours de la sainte Mère de Dieu, en méditant, sous sa conduite, les mystères du Christ. » Voyez la fête du Rosaire et le mois du rosaire.

Les mystères selon le jour de la semaine

Que vous priiez devant l'image de Pompéi ou chez vous, la série du jour est la même. Cette répartition a été remaniée en 2002 par Jean-Paul II dans Rosarium Virginis Mariae, qui a ajouté les mystères lumineux le jeudi et déplacé au samedi la deuxième méditation des mystères joyeux.

Jour Depuis 2002 Avant 2002
Lundi Joyeux Joyeux
Mardi Douloureux Douloureux
Mercredi Glorieux Glorieux
Jeudi Lumineux Joyeux
Vendredi Douloureux Douloureux
Samedi Joyeux Glorieux
Dimanche Glorieux Glorieux

Le vendredi n'a pas bougé : douloureux dans les deux. Ceux qui gardent la forme ancienne suivent l'usage antérieur, ils ne se trompent pas. Voyez les mystères du chapelet et le chapelet de Jean-Paul II.

Questions fréquentes

Où trouver une image de Notre-Dame du Rosaire de Pompéi ?

L'original est le tableau vénéré dans le sanctuaire bâti à Pompéi par Bartolo Longo : c'est devant cette image que Jean-Paul II s'incline à la fin de sa lettre sur le Rosaire. Pour une reproduction, vérifiez les trois repères donnés plus haut. Beaucoup de fichiers circulent sous ce titre sans montrer ce tableau, et nous ne renvoyons vers aucune banque d'images que nous n'ayons pas vérifiée.

Quelle est la prière à Notre-Dame du Rosaire de Pompéi ?

C'est la Supplique à la Reine du Saint Rosaire, composée par Bartolo Longo en 1883. Jean-Paul II en cite la conclusion, reprise ci-dessus en entier. Le reste du texte n'est publié sur aucune des sources de l'Église que nous citons, donc nous ne le donnons pas. En dehors d'elle, on prie le chapelet devant l'image, comme partout.

Qu'appelle-t-on le rosaire de Pompéi ?

Deux choses : la dévotion attachée au sanctuaire et à son image, et la neuvaine de cinquante-quatre jours qui porte ce nom dans l'usage courant. Ce n'est pas un rosaire différent : les mystères, les dizaines et les prières sont ceux de tout le monde.

Pourquoi parle-t-on de Reine du Rosaire de Pompéi ?

Parce que la Supplique s'adresse à la « Reine du Saint Rosaire » et s'achève sur « ô Reine du Rosaire de Pompéi » : c'est la formule de Bartolo Longo, reprise par Jean-Paul II. Le titre de Reine, lui, est ancien et commun à toute l'Église : il ouvre le Salve Regina.

Peut-on prier devant une simple photo de cette image ?

Oui. Une image n'agit pas, elle sert : elle fixe le regard pendant que l'esprit médite. Une reproduction chez soi rend le même service que le tableau à qui se rend à Pompéi.

Par où commencer devant cette image

Posez la reproduction où vous priez déjà, et prenez la série de mystères du jour. Regardez le geste peint avant de commencer : deux mains qui tendent un chapelet, deux mains qui le reçoivent. C'est le sujet de l'image, et c'est ce que vous êtes en train de faire. Pour la suite, voyez prier Notre-Dame du Rosaire et Notre-Dame du Rosaire.

Le geste peint est celui que vous ferez : un chapelet passe de main en main. Nos chapelets sont classés par matière et par taille de grain, le chapelet Notre-Dame des Roses glissant une petite rose sculptée entre ses grains, en écho au rosarium dont la prière tire son nom. Pour une dizaine dite devant l'image, un dizainier suffit.