Qu'est-ce qu'un dizainier ? Définition et usage
Sommaire
Un dizainier est un chapelet réduit à une seule dizaine : dix grains pour les dix Je vous salue Marie, le plus souvent un grain isolé pour le Notre Père, et une croix ou une médaille. On y dit exactement ce qu'on dit sur une dizaine de chapelet, ni plus ni moins. La seule différence avec le chapelet tient au nombre de dizaines portées par l'objet, une au lieu de cinq. Il sert à prier là où on se trouve, sans sortir un chapelet entier.
En bref
- Le dizainier porte une dizaine : un cinquième d'un chapelet, un vingtième d'un rosaire.
- Le mot vient de dizaine. L'objet ne dit rien de plus que ça.
- Aucun texte du magistère ne définit sa forme. Ce que l'Église fixe, c'est la dizaine.
- Il sert à deux choses : tenir le compte, et avoir la prière sous la main.
- Sur un dizainier comme sur un chapelet : un Notre Père, dix Je vous salue Marie, un Gloire au Père.
Dizainier : définition
Un dizainier est un objet de prière qui porte les grains d'une seule dizaine. Il isole l'unité de base du Rosaire au lieu d'en aligner cinq, et tout le reste découle de là.
C'est quoi un dizainier, grain par grain
Trois éléments, dans l'ordre où la main les rencontre. Une croix ou une médaille, qui marque le départ et le retour. Un grain isolé, sur lequel se dit le Notre Père. Puis dix grains rapprochés, un par Je vous salue Marie. Quand la main revient au point de départ, la dizaine est finie, et le Gloire au Père se dit là.
Ces trois éléments se montent de plusieurs façons : anneau, bracelet, cordon fermé, chaîne courte. Certains dizainiers n'ont pas de grain isolé marqué, et le Notre Père se dit alors sur la croix. Rien de cela ne change la prière. Les montages sont détaillés dans nos pages sur les grains de chapelets et sur la composition d'un chapelet catholique, le vocabulaire des petits formats dans le nom des petits chapelets.
D'où vient le mot dizainier
De dizaine, et il ne cache rien d'autre. Une dizaine n'est pas un morceau détaché au hasard : c'est ce qui porte un mystère. Dans Marialis Cultus, Paul VI part du nombre de cent cinquante Je vous salue Marie, celui de « la forme typique et complète » : ce nombre est « subdivisé en dizaines se référant à chacun des mystères », puis distribué selon les trois séries de mystères d'alors, « constituant ainsi le Chapelet bien connu de cinquante Ave Maria ».
Une dizaine porte donc un mystère, et cinquante Je vous salue Marie forment un chapelet. Le dizainier tient cette unité seule, le chapelet en aligne cinq.
Ce qu'aucun texte d'Église ne fixe
Ni le mot dizainier, ni sa forme. Aucun document du magistère ne définit cet objet, pas plus qu'il ne prescrit un total de grains pour le chapelet. Ce qui est fixé, c'est la structure de la prière, que le Vatican résume en une ligne sur sa page du Rosaire : « Notre Père, 10 Je vous salue Marie (en méditant le mystère), Gloire au Père. » Le reste relève de l'usage, et il est libre. Les formats en circulation sont recensés dans différents types de chapelets catholiques.
Différence entre chapelet et dizainier
La réponse est plus courte qu'on ne le croit : la différence est dans l'objet, pas dans la prière.
Ce qui change : le nombre de dizaines
| Ce que l'objet porte | Ce qu'on y dit | |
|---|---|---|
| Dizainier | Une dizaine | Un Notre Père, dix Je vous salue Marie, un Gloire au Père |
| Chapelet | Cinq dizaines | La même séquence cinq fois, sur une série de mystères |
| Rosaire | Ce n'est pas un objet | La prière entière, vingt mystères depuis 2002 |
Sur un chapelet, la couronne compte les dizaines à votre place : les grains isolés vous disent où vous en êtes. Sur un dizainier, chaque tour vous ramène au départ, et si vous en enchaînez plusieurs, c'est vous qui tenez le compte.
Ce qui ne change pas : la prière
Rien n'y change. Une dizaine dite sur un dizainier est une dizaine. Jean-Paul II rappelle dans Rosarium Virginis Mariae que « le chapelet est l'instrument traditionnel pour la récitation du Rosaire », et qu'une pratique trop superficielle conduit à le voir comme « un simple instrument servant à compter la succession des Je vous salue Marie ». L'objet sert la prière, il ne la fabrique pas. Le dizainier hérite de cette place, et du même risque.
Le déroulé pas à pas est dans notre page dédiée au dizainier et à sa prière ; sur ce qu'on regarde pendant qu'on récite, voir méditer le chapelet.
Le rosaire, qui n'est pas un objet
Beaucoup emploient rosaire pour désigner un grand chapelet. En toute rigueur, le rosaire est la prière, et le chapelet l'instrument qui sert à la dire. La forme décrite par Paul VI comptait cent cinquante Je vous salue Marie en trois séries de mystères ; depuis l'ajout des mystères lumineux en 2002, le rosaire compte vingt mystères. Les deux mots sont démêlés dans la différence entre chapelet et rosaire, le déroulé entier dans le rosaire complet.
À quoi sert un dizainier
Deux usages, et ils tiennent ensemble : compter sans y penser, et avoir la dizaine à portée de main.
Tenir le compte sans y penser
C'est la fonction première, et elle n'a rien de mécanique : les doigts comptent pour que la tête soit libre. Le Directoire sur la piété populaire décrit le Rosaire comme « une prière essentiellement contemplative », dont la méditation « exige que le rythme soit calme et que l'on prenne son temps ». Sans objet en main, une part de l'attention part à compter. Avec, elle reste sur le mystère.
Sur quel mystère, justement : la série dépend du jour de la semaine, et cette répartition a changé en 2002. Dans Rosarium Virginis Mariae, Jean-Paul II ajoute les cinq mystères lumineux et conseille de « déplacer au samedi la deuxième méditation hebdomadaire des mystères joyeux », si bien que « le jeudi reste opportunément libre pour la méditation des mystères lumineux ». Le vendredi, lui, est douloureux dans les deux répartitions. Ceux qui suivent l'usage antérieur ne se trompent pas. Le tableau jour par jour est dans notre page sur le chapelet du jour.
Avoir la dizaine sous la main
C'est la raison pour laquelle l'objet existe en petit format : il tient au poignet, au doigt ou au fond d'une poche, et il se prie dans un temps mort de la journée. Le trajet, la salle d'attente, les dix minutes avant un rendez-vous.
Prier une seule dizaine n'est pas une prière au rabais. Paul VI pose le cadre dans Marialis Cultus : « le Rosaire est une prière excellente, au regard de laquelle le fidèle doit pourtant se sentir sereinement libre, invité à le réciter, en toute quiétude, par sa beauté intrinsèque ». Le cas de ceux qui s'arrêtent en route est traité dans réciter les trois premières dizaines du chapelet, l'utilité de l'objet en général dans à quoi sert un chapelet.
Ce qu'un dizainier n'est pas
Il n'est pas un porte-bonheur, et le porter n'obtient rien par soi-même. L'Église regarde pourtant ce geste avec estime : à propos des objets de piété portés sur soi, le Directoire écrit qu'ils constituent « un témoignage de foi, un signe de vénération », et qu'ils « ont pour rôle de rappeler aux fidèles l'amour de notre Seigneur ».
Le même document pose la limite. Les gestes de piété, dont le fait « de porter des médailles et des insignes », risquent « de devenir des coutumes vides de sens et, dans le pire des cas, de dégénérer en superstition » dès que l'intériorité disparaît, et un objet de dévotion ne se tient jamais « comme un talisman ». Un dizainier au poignet qu'on ne prie jamais n'est plus un dizainier. La question se pose au grand format dans peut-on porter un chapelet autour du cou, et pour l'anneau dans la bague dizainier et le doigt.
Le faire bénir n'est pas obligatoire : on prie tout aussi bien sur un objet qui ne l'est pas. C'est simplement bon. L'Église propose un rite de la Bénédiction des chapelets, dont le Directoire relève qu'il « met en relief le caractère communautaire de la prière du Rosaire » et qu'il se donne volontiers « en présence du peuple », lors d'un pèlerinage ou d'une fête mariale. Demandez à votre paroisse. La démarche est décrite dans bénir un chapelet.
Les trois prières d'une dizaine, en entier
Telles que les publie l'Église catholique en France, le Notre Père dans la traduction en vigueur depuis le 3 décembre 2017.
Le Notre Père, sur le grain isolé
Notre Père, qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses,
comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation
mais délivre-nous du Mal.
Amen
Le Je vous salue Marie, sur les dix grains
Je vous salue Marie, pleine de grâce ;
Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous pauvres pécheurs,
Maintenant et à l'heure de notre mort.
Amen
Le Gloire au Père, au retour
Cette courte louange trinitaire s'appelle une doxologie, et elle clôt la dizaine. La formule ci-dessous est celle de l'usage français ; le Saint-Siège en donne sur sa page du Rosaire une version qui diffère par la ponctuation et par la fin.
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit,
comme il était au commencement, maintenant et toujours,
pour les siècles des siècles.
Amen.
Ne la confondez pas avec la doxologie de la liturgie des Heures, qui dit « au Dieu qui est, qui était et qui vient » : le Saint-Siège emploie d'ailleurs cette seconde forme à l'ouverture du chapelet, sur sa page du Rosaire, mais pas à la fin des dizaines. Les deux sont justes, chacune à sa place.
Questions fréquentes
C'est quoi un dizainier ?
Un chapelet d'une seule dizaine : dix grains pour les dix Je vous salue Marie, en général un grain isolé pour le Notre Père, et une croix ou une médaille. Aucune forme n'est prescrite par l'Église.
Quelle est la différence entre un chapelet et un dizainier ?
Le nombre de dizaines portées par l'objet, et rien d'autre. Cinq sur un chapelet, une sur un dizainier. Les prières sont identiques, les mystères aussi. Sur un chapelet, les grains isolés comptent les dizaines pour vous ; sur un dizainier, c'est vous qui tenez le compte. Rien n'empêche d'ailleurs d'y dire un chapelet entier, en refaisant cinq fois le tour.
À quoi sert un dizainier ?
À compter les Je vous salue Marie sans y penser, pour que l'attention reste sur le mystère, et à garder la prière à portée de main dans la journée.
Le dizainier ne demande qu'une chose, c'est qu'on s'en serve
La définition tient en une ligne, l'usage tient en cinq minutes : regardez la série de mystères du jour, prenez le premier, faites un tour. Si l'habitude tient une semaine, la question n'est pas d'en faire plus, mais de savoir à quel moment de la journée la glisser, ce que nous traitons dans quand prier le chapelet.
Reste à en avoir un sous la main, ce que vous trouverez dans notre collection de dizainiers. Les montages diffèrent plus qu'on ne croit : le dizainier doigt tient sur une phalange, d'une seule pièce de métal, quand le dizainier de poche en verre reste dans la poche. Le format à cinq dizaines, celui qui compte les dizaines à votre place, est dans nos chapelets.
Nos sources
- Jean-Paul II, lettre apostolique Rosarium Virginis Mariae, 16 octobre 2002 : (le chapelet, instrument et symbole, n. 36 ; répartition des mystères dans la semaine et ajout des mystères lumineux, n. 38) (nouvelle fenêtre) source d'Eglise
- Paul VI, exhortation apostolique Marialis Cultus, 2 février 1974 : (les cent cinquante Ave Maria subdivisés en dizaines et le chapelet de cinquante, n. 49 ; la liberté sereine du fidèle devant le Rosaire, n. 55) (nouvelle fenêtre) source d'Eglise
- Congrégation pour le culte divin, Directoire sur la piété populaire et la liturgie, 2001 (nouvelle fenêtre) source d'Eglise
- Les Mystères glorieux, vatican.va : (formulation de la structure d'une dizaine, et version du Gloire au Père publiée par le Saint-Siège) (nouvelle fenêtre) source d'Eglise
- Quelques prières, Église catholique en France : (textes du Notre Père et du Je vous salue Marie) (nouvelle fenêtre) source d'Eglise
Si vous relevez une erreur dans cette page, écrivez-nous : nous la corrigerons. Nous écrire
Dizainier ou chapelet, pour vous
Le dizainier n'est pas un chapelet au rabais : c'est un autre usage.
1/3 Où priez-vous le plus souvent ?
2/3 Combien de temps, en général ?
3/3 Ce qui compte le plus ?
Un chapelet de cinq dizaines
Les cinquante-neuf grains comptent à votre place : la main sait toujours où elle en est, et c'est ce qui permet de méditer le mystère au lieu de compter. C'est le format de la prière posée, à la maison comme à l'église.
Voir les chapeletsUn dizainier
Dix grains et une croix, dans une poche ou au poignet : une dizaine se prie en trois minutes et demie, sans sortir d'objet visible. C'est le format de la prière en déplacement, celle qui tient dans une journée de travail.
Voir les dizainiersLes deux, et c'est l'usage le plus répandu
Le chapelet reste à la maison pour la prière posée, le dizainier suit dans la poche pour le reste. Si vous ne deviez en prendre qu'un pour commencer, prenez le chapelet : le dizainier s'ajoute ensuite sans rien remplacer.
Voir les chapeletsÀ lire ensuite
Le scapulaire du Carmel : ce qu'il est, comment le recevoir
Le scapulaire du Carmel : ce qu'il est, comment le recevoir
Le signe de croix : le geste, son sens, son origine
Le signe de croix : le geste, son sens, son origine