Faire un chapelet : le déroulé complet, prière par prière
Sommaire
- En bref
- « Faire un chapelet » : le prier ou le monter ?
- Faire un chapelet : le déroulé complet
- Les quatre prières qu'il faut pour faire un chapelet
- Quel mystère méditer le jour où vous le faites
- Faire son chapelet quand on débute
- Monter son chapelet soi-même
- Questions fréquentes
- Une dizaine ce soir vaut mieux qu'un chapelet demain
Faire un chapelet, dans la bouche de ceux qui prient, veut dire le réciter. Le déroulé tient en une ligne, répétée cinq fois : un Notre Père, dix Je vous salue Marie en méditant un mystère de la vie du Christ, un Gloire au Père. L'usage français y ajoute une ouverture, du signe de croix sur la croix jusqu'aux trois premiers Je vous salue Marie du pendant, et compte une vingtaine de minutes pour l'ensemble. Le même verbe désigne aussi le fait de monter l'objet soi-même : ce second sens est traité en fin de page, disposition et montage compris.
En bref
- Faire son chapelet, c'est le prier : cinq dizaines, un mystère médité par dizaine.
- Une dizaine = un Notre Père, dix Je vous salue Marie, un Gloire au Père. C'est la formulation du Vatican.
- Le mystère dépend du jour de la semaine, et cette répartition a changé en 2002.
- Vingt minutes environ, et un rythme calme : Paul VI le demande, Jean-Paul II le reprend en 2002.
- L'autre sens du verbe, monter l'objet soi-même, est traité en fin de page.
« Faire un chapelet » : le prier ou le monter ?
Chez ceux qui prient, faire son chapelet veut dire le réciter
C'est le sens que vous entendrez dans une paroisse ou dans une famille. « On fait le chapelet à 17 h » ne veut pas dire qu'on sort les pinces : on récite les cinq dizaines ensemble. C'est le même usage que dans « faire ses prières », où le verbe dit simplement qu'on les récite. C'est ce sens que traite l'essentiel de cette page.
Le mot désigne donc deux choses, l'objet et la prière qu'on y compte. Le rosaire, lui, est plus large : il enchaîne les séries de mystères, un chapelet de cinq dizaines par série. Dans sa forme ancienne, trois séries, soit quinze dizaines et cent cinquante Je vous salue Marie, un compte calqué sur celui des psaumes. Depuis l'ajout des mystères lumineux en 2002, quatre séries, soit vingt dizaines et deux cents Je vous salue Marie. Voyez la différence entre chapelet et rosaire et le rosaire complet.
Le second sens : monter l'objet soi-même
Le second sens est celui du travail manuel : assembler l'objet, grain par grain. Il vaut pour qui veut offrir un chapelet, remplacer une chaîne cassée, ou simplement savoir ce qu'il tient dans la main. Et savoir comment un chapelet est fait aide à en choisir un : on regarde alors les jonctions et le montage avant de regarder le décor. La disposition de l'objet et les deux façons de l'assembler sont en fin de page.
Dans un cas comme dans l'autre, il faut un objet en main pour commencer : nos chapelets sont classés par forme, par matière et par couleur, de quoi voir ce qui existe avant de choisir.
Faire un chapelet : le déroulé complet
L'ouverture, sur la croix et sur le pendant
Le pendant est la petite branche qui descend du centre jusqu'à la croix. On la prie avant d'entrer dans les dizaines : signe de croix sur le crucifix, puis le Symbole des Apôtres. Un Notre Père sur le gros grain suivant. Trois Je vous salue Marie sur les trois petits grains, puis un Gloire au Père. Cette ouverture est un usage français répandu, pas une règle universelle : le Vatican, lui, ne décrit que la dizaine.
Les cinq dizaines
Le corps du chapelet est une seule séquence répétée cinq fois. Le Vatican la résume ainsi : « Notre Père, 10 Je vous salue Marie (en méditant le mystère), Gloire au Père. » Vous annoncez le mystère, vous dites le Notre Père sur le gros grain, puis vous laissez glisser les dix petits grains, un par Je vous salue Marie. Aucun texte n'assigne de grain au Gloire au Père : dans l'usage, il se dit entre la dernière petite perle et le gros grain suivant.
Les doigts servent à ne pas compter dans sa tête : la mémoire libérée du comptage se pose sur le mystère. Pour tenir cette attention, voyez méditer le chapelet.
La fin du chapelet
Après la cinquième dizaine, vous revenez au centre : le tour est bouclé. On termine par un signe de croix. L'usage ajoute souvent une antienne à Marie, le plus souvent le Salve Regina. Rien de tout cela n'est obligatoire.
| Moment | Ce qu'on dit | Où |
|---|---|---|
| Ouverture | Signe de croix, puis le Symbole des Apôtres | Sur la croix |
| Ouverture | Un Notre Père | Le gros grain du pendant |
| Ouverture | Trois Je vous salue Marie, puis un Gloire au Père | Les trois petits grains |
| Dizaine (x5) | Un Notre Père | Le gros grain qui précède |
| Dizaine (x5) | Dix Je vous salue Marie, en méditant le mystère | Les dix petits grains |
| Dizaine (x5) | Un Gloire au Père | Sur aucun grain : entre le dernier grain et le gros grain suivant, selon l'usage |
| Fin | Signe de croix, et selon l'usage une antienne à Marie | Retour au centre |
Les quatre prières qu'il faut pour faire un chapelet
Elles sont quatre, et elles se disent en entier. Les voici dans l'ordre où vous les rencontrez, depuis la croix.
Le Symbole des Apôtres
C'est ce Credo qu'on dit au chapelet, pas celui de Nicée. Il se récite sur le crucifix, après le signe de croix.
Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, Créateur du ciel et de la terre. Et en Jésus Christ, son Fils unique, notre Seigneur ; qui a été conçu du Saint Esprit, est né de la Vierge Marie, a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli, est descendu aux enfers ; le troisième jour est ressuscité des morts, est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant, d'où il viendra juger les vivants et les morts. Je crois en l'Esprit Saint, à la sainte Église catholique, à la communion des saints, à la rémission des péchés, à la résurrection de la chair, à la vie éternelle. Amen
Sur la place de cette profession de foi en tête du chapelet, voyez le Credo du chapelet.
Le Notre Père
Six fois par chapelet : une à l'ouverture, une avant chaque dizaine. Le texte ci-dessous est la traduction liturgique en vigueur depuis le 3 décembre 2017.
Notre Père, qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses,
comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation
mais délivre-nous du Mal.
Amen
Le Je vous salue Marie
C'est la prière que vous direz le plus : cinquante fois dans les dizaines, plus les trois de l'ouverture.
Je vous salue Marie, pleine de grâce ;
Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous pauvres pécheurs,
Maintenant et à l'heure de notre mort.
Amen
Le Gloire au Père
Aucun texte du magistère ne fixe cette formule en français : c'est l'usage courant, et il se présente comme tel. La liturgie des Heures en emploie une autre, ce qui explique que vous l'entendiez parfois autrement.
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit,
comme il était au commencement, maintenant et toujours,
pour les siècles des siècles.
Amen.
Les variantes et leur origine sont détaillées dans le Gloire au Père du chapelet.
Quel mystère méditer le jour où vous le faites
Faire un chapelet sans mystère, c'est réciter sans regarder. Chaque dizaine porte une scène de l'Évangile, et le jour indique laquelle. Cette répartition a changé en 2002 : dans Rosarium Virginis Mariae, Jean-Paul II a ajouté les mystères lumineux et conseillé de « déplacer au samedi la deuxième méditation hebdomadaire des mystères joyeux », le jeudi restant « libre pour la méditation des mystères lumineux ». Les deux usages sont vivants : personne n'est dans l'erreur en suivant l'ancien. Le vendredi est douloureux dans les deux.
| Jour | Depuis 2002 | Avant 2002 |
|---|---|---|
| Lundi | Joyeux | Joyeux |
| Mardi | Douloureux | Douloureux |
| Mercredi | Glorieux | Glorieux |
| Jeudi | Lumineux | Joyeux |
| Vendredi | Douloureux | Douloureux |
| Samedi | Joyeux | Glorieux |
| Dimanche | Glorieux | Glorieux |
Le détail des vingt scènes est dans les mystères du chapelet, et celui du jour dans le chapelet du jour.
Faire son chapelet quand on débute
Le temps que ça prend, et le moment
Cinq dizaines demandent une vingtaine de minutes, un peu moins en silence, davantage si vous vous arrêtez sur les mystères. Ce n'est pas un temps à grignoter : « par nature, la récitation du Rosaire exige que le rythme soit calme et que l'on prenne son temps », écrit Paul VI, cité par Jean-Paul II dans Rosarium Virginis Mariae § 12. Le trajet du matin ou la marche du soir valent mieux qu'un quart d'heure arraché à la fatigue. Les moments sont détaillés dans quand prier le chapelet.
Ce qu'on ne vous promettra pas ici
Beaucoup arrivent au chapelet parce que quelque chose ne va pas : une maladie, un enfant qui s'éloigne, une nuit qui n'en finit pas. La demande est légitime, elle porte même la prière. Mais personne ne peut vous garantir un résultat au bout de cinq dizaines. L'avertissement est ancien : sans contemplation, « le Rosaire est un corps sans âme » (Paul VI, cité par Jean-Paul II dans Rosarium Virginis Mariae § 12). Jean-Paul II, lui, met en garde contre le risque que le chapelet « finisse par être perçu comme une amulette ou un objet magique » (§ 28). Ce qui se tient dans la durée, c'est une relation. Voyez pourquoi prier le chapelet.
Monter son chapelet soi-même
Le montage ne rend pas la prière meilleure, et rien n'oblige à passer par là. Voici la disposition de l'objet, puis les deux gestes qui l'assemblent.
De quoi un chapelet est fait
Tenez-en un et suivez-le depuis la croix. Vient d'abord le pendant : la croix, un gros grain, trois petits grains, puis le centre, souvent une médaille. À partir du centre part la boucle : cinq groupes de dix grains, chaque groupe séparé du suivant par un grain isolé, celui du Notre Père. Aucun texte du magistère ne fixe un nombre de grains. Ce qui fait un chapelet, c'est cette disposition, pas un total : les nombres qu'on lit ici et là décrivent des usages, et ils varient.
Le geste : la chaîne ou le cordon
Deux montages coexistent. Le premier enchaîne les grains percés avec des clous à œil : on passe le clou dans le grain, on coupe, on forme une boucle à la pince ronde, et on l'accroche à la boucle précédente avant de la refermer. L'ordre compte plus que la force : une boucle refermée trop tôt doit être rouverte. Le second se monte au cordon, avec un nœud avant et après chaque grain, en gardant la même tension d'un bout à l'autre. La conséquence est concrète : une chaîne se répare au maillon, sans toucher au reste ; un cordon n'a aucune pièce métallique qui s'ouvre, mais il se remonte en entier s'il lâche. Le pas à pas est dans comment fabriquer un chapelet.
Questions fréquentes
« Faire un chapelet », est-ce le prier ou le monter ?
Les deux, et l'usage tranche : dans une paroisse ou une famille, « faire son chapelet » veut dire le réciter. Pour le travail manuel, on dit plutôt qu'on fabrique un chapelet, ou qu'on le monte. Le déroulé de la prière est en haut de cette page, le montage juste au-dessus de ces questions.
Faut-il monter son chapelet soi-même ?
Non, rien ne l'exige, et la prière ne change pas selon la provenance de l'objet. Le montage a un autre intérêt : il apprend l'objet. Quand on en a monté un de bout en bout, on sait ce qu'on regarde dans un chapelet, et on distingue un montage qui tiendra d'un montage qui lâchera.
Un chapelet monté à la maison peut-il être béni ?
Oui, et un chapelet acheté aussi : c'est le cas ordinaire. On le présente à un prêtre, qui le bénit gratuitement, après la messe ou au presbytère. Ce qui ne se fait pas, c'est vendre un chapelet déjà béni : l'indulgence attachée à un objet de piété cesse dès que l'objet est vendu (Enchiridion Indulgentiarum, norme 16 § 2). Le geste est décrit dans bénir un chapelet.
Une dizaine ce soir vaut mieux qu'un chapelet demain
Prenez le mystère du jour, tenez le premier gros grain, dites la dizaine. La suite viendra d'elle-même : la même séquence quatre fois de plus, avec les quatre prières que vous connaissez déjà. Le lendemain, regardez quel jour on est, et changez de mystère. Le montage, lui, attendra le jour où vous voudrez en offrir un.
Les textes complets des quatre prières du chapelet, signe de croix, Credo, Notre Père, Je vous salue Marie et Gloire au Père, sont réunis dans notre page sur le Pater et l'Ave Maria.
Pour tenir le compte pendant que les prières viennent, un objet dans la main vaut mieux qu'un décompte de tête : nos chapelets sont classés par matière et par taille de grain, et si vous en restez à une dizaine par jour, un dizainier suffit. Le chapelet blanc nacre ferme chaque dizaine par un grain à peau grenue, qui se sent sans qu'on regarde.
Nos sources
- Jean-Paul II, Rosarium Virginis Mariae (16 octobre 2002) : § 12 (qui cite Paul VI, Marialis Cultus § 47), § 19, § 28 et § 38 (nouvelle fenêtre) source d'Eglise
- Saint-Siège, le Rosaire, mystères joyeux : structure de la dizaine (nouvelle fenêtre) source d'Eglise
- Église catholique en France, les prières : textes du Notre Père, du Je vous salue Marie et du Credo (nouvelle fenêtre) source d'Eglise
- Église catholique en France, prier avec le rosaire : les vingt mystères du rosaire (nouvelle fenêtre) source d'Eglise
- Pénitencerie apostolique, Enchiridion Indulgentiarum (1999), Normae de Indulgentiis : norme 16 § 2 (nouvelle fenêtre) source d'Eglise
Si vous relevez une erreur dans cette page, écrivez-nous : nous la corrigerons. Nous écrire
Nos chapelets
Cinquante-neuf grains, une disposition écrite noir sur blanc sur chaque fiche, et un échantillon contrôlé avant mise en ligne.
-
Chapelet améthyste
Vena
49,90 €
-
Chapelet de l'Immaculée Conception
Sine Labe
34,90 €
-
Chapelet sans Christ
Simplex
34,90 €
-
Chapelet sans croix
Dolorosa
29,90 €
-
Chapelet médaille
Sigillum
34,90 €
-
Chapelet saint Christophe
Vadum
54,90 €
-
Chapelet en hématite
Ferrata
34,90 €
-
Chapelet blanc nacre
Alba
34,90 €
À lire ensuite
Le scapulaire du Carmel : ce qu'il est, comment le recevoir
Le scapulaire du Carmel : ce qu'il est, comment le recevoir
Le signe de croix : le geste, son sens, son origine
Le signe de croix : le geste, son sens, son origine







