Dévotion

Chapelet de saint Antoine de Padoue : comment le prier

Publié le 10 min de lecture

Sommaire
  1. En bref
  2. Ce qu'est le chapelet de saint Antoine de Padoue
  3. Comment prier le chapelet de saint Antoine de Padoue
  4. Les treize mardis de saint Antoine
  5. Le « chapelet de combat de saint Antoine de Padoue »
  6. Questions fréquentes
  7. Ce que vous pouvez faire dès ce mardi

Le chapelet de saint Antoine de Padoue se prie, dans l'usage, en treize groupes de trois grains. Sur chaque groupe, on dit un Notre Père, un Je vous salue Marie et un Gloire au Père, treize fois de suite. Le nombre treize renvoie au 13 juin 1231, jour de la mort du saint. La récitation se ferme sur deux textes propres à cette dévotion : le Bref de saint Antoine et le répons « Si tu cherches des miracles ».

En bref

  • Treize groupes de trois grains : un Notre Père, un Je vous salue Marie, un Gloire au Père.
  • Treize comme le 13 juin, jour de sa mort en 1231. Le mardi, jour de ses funérailles selon la tradition.
  • Deux textes propres à la dévotion, donnés en entier plus bas : le Bref et le répons « Si tu cherches des miracles ».
  • Ce n'est pas un rosaire : ni dizaines, ni mystères à méditer.
  • Le « chapelet de combat de saint Antoine de Padoue » est une dévotion privée récente bâtie sur le Bref. Aucune prière ne garantit un résultat.

Ce qu'est le chapelet de saint Antoine de Padoue

Antoine naît à Lisbonne vers 1195 et meurt près de Padoue le 13 juin 1231, à trente-six ans. Chanoine augustin d'abord, il rejoint les Frères mineurs en 1220, l'année où les restes des premiers martyrs franciscains sont ramenés du Maroc au Portugal. Grégoire IX le canonise dès 1232, et Pie XII le proclame docteur de l'Église en 1946 sous le titre de docteur évangélique.

Le chapelet qui porte son nom est une dévotion populaire, pas une prière de la liturgie. Aucun texte du magistère ne l'a institué : il s'est formé dans la piété franciscaine autour du 13 juin.

Treize groupes de trois grains

Dans l'usage, le fil compte treize séquences identiques de trois grains, un grain isolé et une médaille de saint Antoine.

Aucun texte du magistère ne fixe un nombre de grains, ni ici ni ailleurs. Trente-neuf grains dans les treize groupes, quarante en comptant le grain isolé : des usages, pas une règle. C'est la disposition qui compte. Voir les grains d'un chapelet et, pour comparaison, le chapelet de 33 grains.

Élément Nombre Ce qu'on y dit
Groupes de trois grains 13 Notre Père, Je vous salue Marie, Gloire au Père
Grains des groupes 39 13 × 3
Grain isolé 1 Le Bref de saint Antoine
Total avec le grain isolé (usage) 40 39 + 1
Médaille de saint Antoine 1 Le répons « Si tu cherches des miracles »

Pourquoi treize, et pourquoi ce n'est pas un rosaire

Plusieurs pratiques de la dévotion antonienne s'organisent autour de la date de sa mort : les treize jours de préparation à sa fête, appelés la treizaine, les treize mardis, et les treize groupes de ce chapelet. Le treize n'a rien de mystérieux : une date, devenue une manière de compter.

Le rosaire, lui, médite la vie du Christ avec Marie, en dizaines et en mystères. Ce chapelet répète treize fois le même triptyque et confie une intention à l'intercession d'un saint. Les deux ne se remplacent pas. Toute une famille de dévotions suit cette logique : voir les différents types de chapelets catholiques.

Comment prier le chapelet de saint Antoine de Padoue

Le déroulé varie d'un livret à l'autre, surtout sur la place des deux textes finaux. Voici celui que suit cet article. Prenez une intention avant de commencer : c'est une prière de demande.

Le déroulé, grain par grain

  1. Faites le signe de croix, et formulez votre intention en une phrase.
  2. Sur le premier grain du groupe, un Notre Père. Sur le deuxième, un Je vous salue Marie. Sur le troisième, un Gloire au Père.
  3. Recommencez treize fois, un groupe après l'autre.
  4. Sur le grain isolé, le Bref de saint Antoine.
  5. Sur la médaille, le répons « Si tu cherches des miracles ».

Les trois prières de chaque groupe

Elles se disent dans cet ordre : le Notre Père et le Je vous salue Marie dans le texte publié par l'Église catholique en France, le Gloire au Père dans la forme reçue de l'usage français.

Notre Père
Notre Père, qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses,
comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation
mais délivre-nous du Mal.
Amen

Je vous salue Marie
Je vous salue Marie, pleine de grâce ;
Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous pauvres pécheurs,
Maintenant et à l'heure de notre mort.
Amen

Gloire au Père
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit,
comme il était au commencement, maintenant et toujours,
pour les siècles des siècles.
Amen.

Voir aussi le Notre Père du chapelet et le Gloire au Père du chapelet.

Le Bref de saint Antoine

Le Bref est une courte proclamation, souvent portée sur soi dans la piété franciscaine. Le latin est resté d'usage : Ecce Crucem Domini, fugite partes adversae. Vicit Leo de tribu Iuda, radix David. Alleluia.

Voici la Croix du Seigneur !
Fuyez, puissances ennemies !
Il a vaincu, le Lion de la tribu de Juda, le rejeton de David.
Alléluia !

La formule n'a rien d'inventé, elle cite l'Apocalypse. En Ap 5, 5, la traduction liturgique donne : « Ne pleure pas. Voilà qu'il a remporté la victoire, le lion de la tribu de Juda, le rejeton de David : il ouvrira le Livre aux sept sceaux. » Le Bref proclame donc la victoire du Christ, pas le pouvoir de celui qui le récite.

Le répons « Si tu cherches des miracles »

Ce chant, connu en latin sous son incipit Si quaeris miracula, « si tu cherches des miracles », se dit sur la médaille. En voici la version française d'usage, qui commence par une autre tournure :

Vous cherchez des miracles ! Écoutez :
Vaincue est la mort, détruite l'hérésie,
S'enfuient calamités, démons et épidémies,
Car, par saint Antoine, tous retrouvent la santé.

La mer s'apaise, les chaînes sont rompues ;
Jeunes gens et vieillards perclus
Retrouvent vigueur et objets perdus.

La misère cesse, le danger disparaît !
Vous qui avez reçu ses bienfaits
Dites-le de Padoue, sanctuaire de la Paix !
La mer s'apaise...

Dans l'usage, le Gloire au Père, donné plus haut, se dit avant cette dernière reprise.

Un mot sur ce texte, qui se lit mal si on le prend pour un tarif. C'est un chant de louange : il énumère ce que la dévotion à Antoine rapportait, il ne promet rien à qui le récite. Antoine décrivait la prière en quatre mouvements : ouvrir son cœur à Dieu, s'entretenir avec lui, lui présenter ses besoins, le louer et le remercier. La demande y a sa place, la louange aussi.

Les treize mardis de saint Antoine

La forme longue étale la prière sur treize semaines, un mardi après l'autre, avec une oraison différente chaque fois selon les livrets.

Pourquoi le mardi

La tradition rattache le mardi aux funérailles d'Antoine, quatre jours après sa mort, et à l'habitude de venir prier sur son tombeau ce jour-là. Rien n'y oblige : le mardi est un usage, pas une condition.

Ce que le mardi veut dire dans le Rosaire

Dans la répartition hebdomadaire du Rosaire, le mardi est consacré aux mystères douloureux. Cette répartition a été remaniée en 2002 par Jean-Paul II dans Rosarium Virginis Mariae, qui a ajouté les mystères lumineux le jeudi et déplacé au samedi la deuxième méditation des mystères joyeux.

Jour Depuis 2002 Avant 2002
Lundi Joyeux Joyeux
Mardi Douloureux Douloureux
Mercredi Glorieux Glorieux
Jeudi Lumineux Joyeux
Vendredi Douloureux Douloureux
Samedi Joyeux Glorieux
Dimanche Glorieux Glorieux

Le mardi et le vendredi n'ont pas bougé : douloureux dans les deux répartitions. Ceux qui gardent l'usage antérieur ne se trompent pas, ils suivent la forme ancienne. Le détail est traité dans les mystères du chapelet. Prier le chapelet de saint Antoine un mardi ne remplace donc pas le chapelet du jour.

Le « chapelet de combat de saint Antoine de Padoue »

La formulation recouvre deux choses. La première est une dévotion privée récente, diffusée par des livrets de dévotion, qui reprend le Bref et l'organise en prière litanique de demande de protection : une composition d'auteur, pas une prière liturgique de l'Église. La seconde est un nom d'objet, « chapelet de combat » désignant aussi un chapelet conçu pour être robuste, sans lien avec saint Antoine.

Sur le fond : le Bref proclame la victoire du Christ, il n'agit pas comme une formule, et le répéter davantage n'y ajoute rien. Si vous traversez quelque chose de lourd, cette prière a sa place, et parler à un prêtre en a une aussi. Ce qu'en racontent les fidèles est rassemblé dans les témoignages sur le chapelet du combat.

Ce second sens, celui de l'objet, se retrouve dans notre rayon chapelet de combat, où sont rassemblés les modèles pensés pour être portés et manipulés tous les jours.

Questions fréquentes

Comment réciter le chapelet de saint Antoine de Padoue ?

Signe de croix, puis votre intention. Ensuite treize fois de suite, sur trois grains : un Notre Père, un Je vous salue Marie, un Gloire au Père. Sur le grain isolé, le Bref. Sur la médaille, le répons.

Comment faire le chapelet de saint Antoine de Padoue ?

Le déroulé est donné plus haut. Sans le fil, rien ne s'en trouve diminué : treize groupes de trois se comptent sur deux mains. L'objet sert la régularité, il ne conditionne pas la prière.

À quoi ressemble le chapelet de saint Antoine de Padoue en image ?

À treize groupes de trois grains, un grain isolé et une médaille du saint : c'est le découpage décrit plus haut, celui que suit cet article. Les montages diffusés sous ce nom ne suivent pas tous le même compte, et une image ne tranche pas la question : c'est le déroulé qui dit ce qu'on prie sur chaque grain.

Chapelet de saint Antoine et chapelet de saint Antoine de Padoue, est-ce la même chose ?

Oui, les deux désignent la même dévotion. Précision utile : il existe un autre saint Antoine, Antoine le Grand, l'ermite d'Égypte mort en 356, fêté le 17 janvier. Aucun chapelet ne lui est attaché.

Ce que vous pouvez faire dès ce mardi

Prenez une intention, treize groupes de trois, et gardez le Bref et le répons pour la fin. C'est une prière courte, qui se tient sans préparation. Pour continuer : les autres dévotions rattachées à un saint, comme le chapelet de sainte Rita, et la liste des chapelets spéciaux.

L'objet n'est pas requis, on l'a dit : treize groupes de trois se comptent sur deux mains. Si vous en voulez un tout de même, nos chapelets sont classés par matière et par taille de grain, un dizainier se prête bien aux comptes courts de ce genre de dévotion, et le chapelet de saint Joseph montre le principe : le nom vient de la dévotion à laquelle on destine l'objet, pas d'une disposition de grains particulière.