Pratique

Marie qui défait les nœuds : comment prier le chapelet

Publié le 9 min de lecture

Sommaire
  1. En bref
  2. Comment réciter le chapelet de Marie qui défait les nœuds
  3. Les prières du chapelet, en entier
  4. Comment faire le chapelet sur neuf jours
  5. D'où vient le nom « qui défait les nœuds »
  6. L'objet : celui que vous avez suffit
  7. Ce que ce chapelet ne promet pas
  8. Questions fréquentes
  9. Prenez un nœud, un seul, ce soir

Le chapelet de Marie qui défait les nœuds se prie sur un chapelet ordinaire : cinq dizaines, et à chaque dizaine un Notre Père, dix Je vous salue Marie, un Gloire au Père. Ce qui lui appartient en propre n'est pas le déroulé, c'est l'intention : on nomme un nœud précis, et on le confie à Marie. Il se prie souvent sur neuf jours. Aucun texte de l'Église ne la fixe : c'est une dévotion privée, et plusieurs versions circulent.

En bref

  • Rien à se procurer : le chapelet à cinq dizaines que vous avez convient.
  • La forme longue étale la prière sur neuf jours, un nœud nommé chaque jour.
  • Le nom vient d'une image des anciens Pères, reprise par Vatican II : le nœud d'Ève, dénoué par l'obéissance de Marie.
  • Aucune prière ne garantit qu'un nœud sera défait, et nous ne le promettons pas.

Comment réciter le chapelet de Marie qui défait les nœuds

Beaucoup cherchent une mécanique particulière : il n'y en a pas. On prie le chapelet tel que l'Église le donne, avec une demande précise.

Le déroulé, grain par grain

  1. Signe de croix. Nommez le nœud que vous portez, à voix haute ou en silence.
  2. Sur la croix, le Symbole des Apôtres.
  3. Sur le premier gros grain, un Notre Père.
  4. Sur les trois grains qui suivent, trois Je vous salue Marie.
  5. Annoncez le premier mystère, un temps de silence, puis un Notre Père, dix Je vous salue Marie, un Gloire au Père.
  6. Les quatre dizaines suivantes de la même manière, jusqu'au cinquième mystère.
  7. Terminez par une prière à Marie, le Salve Regina par exemple, et le signe de croix.

C'est le déroulé du chapelet ordinaire, celui que l'on prie dans le rosaire de Marie, et que le Saint-Siège résume ainsi : un temps de méditation, un Notre Père, dix Je vous salue Marie, un Gloria. L'ouverture par le Credo et les trois Je vous salue Marie est un usage français, pas une règle universelle.

Nommer le nœud avant de commencer

C'est le seul point sur lequel toutes les versions s'accordent. Un nœud, ce n'est pas « ma vie », c'est une chose précise : une brouille qui dure depuis quatre ans, quelqu'un dont vous n'arrivez plus à parler sans vous durcir.

Nommez-le avant le signe de croix, et gardez le même jusqu'au bout : l'intention de prière pour le chapelet vient avant tout le reste. Le chapelet du Dieu de l'impossible, autre dévotion privée, tient sur la même règle.

Les prières du chapelet, en entier

Ce sont les textes du chapelet : aucune formule n'est réservée à cette dévotion.

Le Symbole des Apôtres, sur la croix

Je crois en Dieu, le Père tout-puissant,
Créateur du ciel et de la terre.
Et en Jésus Christ, son Fils unique, notre Seigneur ;
qui a été conçu du Saint Esprit, est né de la Vierge Marie,
a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié,
est mort et a été enseveli, est descendu aux enfers ;
le troisième jour est ressuscité des morts,
est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant,
d'où il viendra juger les vivants et les morts.
Je crois en l'Esprit Saint, à la sainte Église catholique, à la communion des saints,
à la rémission des péchés, à la résurrection de la chair, à la vie éternelle.
Amen

C'est celui-ci que l'on dit, et non le Symbole de Nicée du dimanche : voyez le Credo au chapelet.

Le Notre Père et le Je vous salue Marie

Le Notre Père, dans la traduction en usage en France depuis le 3 décembre 2017, telle que la publie l'Église catholique en France.

Notre Père, qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses,
comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation
mais délivre-nous du Mal.
Amen

Je vous salue Marie, pleine de grâce ;
Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous pauvres pécheurs,
Maintenant et à l'heure de notre mort.
Amen

Le Gloire au Père, et ce qui peut suivre

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit,
comme il était au commencement, maintenant et toujours,
pour les siècles des siècles.
Amen.

Cette formule est l'usage français, pas un texte officiel : aucun document du magistère ne la fixe, et le Saint-Siège en imprime une autre version. Le détail est dans le Gloire au Père du chapelet.

Beaucoup ajoutent ensuite la prière dite de Fatima, facultative, dont le texte varie d'un feuillet à l'autre.

Ô mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l'enfer,
conduisez au ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.

D'autres mettent là « Ô Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous ». Aucune ne s'impose : voyez la prière de Fatima au chapelet.

Reste la prière à Marie qui défait les nœuds elle-même, celle des feuillets. Nous ne la reproduisons pas : il en existe plusieurs rédactions, aucune n'est fixée par l'Église, et en choisir une reviendrait à la donner pour la bonne.

Comment faire le chapelet sur neuf jours

Un nœud par jour, neuf jours de suite

Chaque jour, vous nommez un nœud, un seul, et vous priez pour lui. Le lendemain, un autre, ou le même.

Les feuillets ne s'accordent ni sur le nombre de dizaines par jour, une seule chez les uns, le chapelet entier chez les autres. Rien n'est fixé, donc rien n'est fautif : si vous sautez un jour, reprenez le lendemain. Neuf jours sur une même demande, c'est le format d'une neuvaine à Notre-Dame du Rosaire.

Quels mystères méditer, et quel jour

Un chapelet reste un chapelet : il médite les mystères du jour. La répartition a changé en 2002, quand Jean-Paul II a proposé les mystères lumineux dans Rosarium Virginis Mariae, en conseillant de les placer le jeudi et de déplacer au samedi la deuxième méditation des mystères joyeux.

Jour Depuis 2002 Avant 2002
Lundi Joyeux Joyeux
Mardi Douloureux Douloureux
Mercredi Glorieux Glorieux
Jeudi Lumineux Joyeux
Vendredi Douloureux Douloureux
Samedi Joyeux Glorieux
Dimanche Glorieux Glorieux

Le vendredi n'a pas bougé : il est douloureux dans les deux colonnes. Si on vous a appris que le jeudi est joyeux et le samedi glorieux, vous suivez l'usage antérieur à 2002. Le détail est dans le chapelet du jour, et chaque cycle dans les mystères du chapelet.

D'où vient le nom « qui défait les nœuds »

L'image n'a pas été inventée pour une dévotion moderne. Elle vient de saint Irénée de Lyon, au deuxième siècle : le nœud de la désobéissance d'Ève est dénoué par l'obéissance de Marie. Le concile Vatican II la reprend dans Lumen gentium, au n° 56, et le Catéchisme de l'Église catholique au n° 494.

Le nœud dont parlent les Pères n'est donc pas un ennui domestique, c'est la désobéissance des origines, et ce qui le défait est un consentement : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m'advienne selon ta parole » (Luc 1, 38).

L'objet : celui que vous avez suffit

Aucune forme, aucune couleur, aucun nombre de grains n'est requis : la disposition ordinaire suffit, croix, médaille, cinq dizaines et grains d'intercalaire. Le principe des grains de chapelets ne change pas d'une dévotion à l'autre : celle-ci n'a pas d'agencement propre, contrairement à d'autres parmi les différents types de chapelets catholiques.

Si vous n'en avez pas encore un sous la main, c'est cette disposition ordinaire que vous retrouverez dans nos chapelets catholiques : aucun n'est réservé à cette dévotion, et c'est bien ainsi.

La bénédiction, elle, ne s'achète pas : elle se demande à un prêtre ou à un diacre, dans votre paroisse, et c'est gratuit. Voyez bénir un chapelet.

Ce que ce chapelet ne promet pas

La question arrive toujours, et elle est honnête : est-ce que ça défait vraiment les nœuds. Non, pas au sens d'un procédé : une prière n'est pas une technique.

Rosarium Virginis Mariae le rappelle au n° 16, en citant Rm 8, 26 : « nous ne savons pas prier comme il faut ». Le même paragraphe donne pourtant Cana pour modèle de l'intercession de Marie : elle constate, « ils n'ont pas de vin » (Jean 2, 3), puis elle renvoie aux serviteurs, « tout ce qu'il vous dira, faites-le » (Jean 2, 5).

Celui qui cherche ce nom un dimanche soir ne cherche pas une superstition, il cherche une prise sur ce qui ne bouge plus. Ce qui lui est offert n'est pas un résultat, c'est quelqu'un à qui le dire, et c'est la raison de prier le chapelet quand rien ne change.

Questions fréquentes

Comment prier le chapelet de Marie qui défait les nœuds ?

Sur un chapelet ordinaire, cinq dizaines, en portant un nœud précis : signe de croix, puis, selon l'usage français, le Credo, un Notre Père et trois Je vous salue Marie, puis les cinq dizaines avec les mystères du jour.

Comment faire le chapelet de Marie qui défait les nœuds sur plusieurs jours ?

Neuf jours de suite, un nœud nommé chaque jour. Le nombre de dizaines quotidien n'est fixé nulle part : tenez le même format jusqu'au bout.

Quelle est la prière du chapelet de Marie qui défait les nœuds ?

Ce sont les prières du chapelet : Symbole des Apôtres, Notre Père, Je vous salue Marie, Gloire au Père, données en entier plus haut. La prière propre à la dévotion existe en plusieurs rédactions, aucune n'a été fixée par l'Église.

Prenez un nœud, un seul, ce soir

Vous n'avez besoin ni du bon feuillet, ni du bon objet. Prenez votre chapelet, nommez une situation emmêlée, une seule, et priez les mystères du jour. Si vous tenez neuf soirs, allez au bout, y compris les soirs sans rien à dire.

Le nom de cette dévotion dit défaire, pas trancher : un nœud qu'on défait prend du temps.

Aucun objet propre n'existe pour cette dévotion, c'est le chapelet ordinaire qui la porte : nos chapelets sont classés par matière et par taille de grain. Le chapelet de moine est justement enfilé sur un cordon tressé qui se noue entre chaque groupe, et pour une neuvaine tenue en marchant, un dizainier suffit.