Dévotion

Chapelet du Précieux Sang de Jésus avec Marie

Publié le 12 min de lecture

Sommaire
  1. En bref
  2. Ce que veut dire « avec Marie »
  3. Marie a-t-elle vu couler ce sang ?
  4. Comment le prier avec Marie
  5. Quand le prier
  6. L'objet, et ce qu'il ne fait pas
  7. Ce que cette prière ne promet pas
  8. Questions fréquentes
  9. Commencez ce soir par le dernier groupe

Prier le chapelet du Précieux Sang de Jésus avec Marie, ce n'est pas prier un autre chapelet. C'est le même : les sept effusions du Sang du Christ, méditées l'une après l'autre sur les grains. Ce qui change est la place d'où l'on regarde, celle de la femme qui se tenait près de la croix quand le côté a été transpercé. Aucun texte de l'Église ne fixe cette forme mariale : elle relève de l'usage, et vous restez libre de la composer.

En bref

  • Ce n'est pas un chapelet distinct : c'est le chapelet du Précieux Sang, prié avec Marie.
  • Le Directoire sur la piété populaire et la liturgie appelle cette prière la Couronne du Précieux Sang et en énumère les sept effusions (§ 178).
  • Le compte des grains, lui, relève de l'usage et non d'un texte : sept groupes, un Notre Père par grain, un Gloire au Père pour refermer chacun.
  • Sur les sept effusions du Sang, l'évangile ne nomme Marie qu'à deux : le crucifiement et le coup de lance.
  • Aucune formule mariale n'est prescrite. Trois manières simples de l'associer, aucune obligatoire.

Ce que veut dire « avec Marie »

La dévotion au Précieux Sang est christologique : elle regarde le sang versé par le Christ, pas les douleurs de sa mère. Chercher à la prier « avec Marie » n'est donc pas un contresens, mais ce n'est pas non plus une seconde prière qu'il faudrait apprendre. C'est une position : se tenir où elle se tenait, et regarder ce qu'elle a regardé.

L'Église fait ce geste elle-même. Le 5 juillet 2009, dans un angélus consacré au Très Précieux Sang, Benoît XVI conclut ainsi : « Que la Vierge Marie, qui recueillit sous la croix, avec l'apôtre Jean, le testament du sang de Jésus, nous aide à redécouvrir la richesse inestimable de cette grâce, et à en ressentir une gratitude intime et éternelle. » Le testament du sang a eu deux témoins. L'un d'eux était sa mère.

Jean-Paul II écrit du rosaire que « réciter le Rosaire n'est rien d'autre que contempler avec Marie le visage du Christ » (Rosarium Virginis Mariae, § 3), et que le peuple chrétien s'y met « à l'école de Marie ». Il le dit du rosaire, pas de ce chapelet. Mais rien n'interdit de porter ce même regard sur une autre prière de la Passion, et c'est très exactement ce que cherchent ceux qui tapent cette requête. Si vous voulez la forme mariale par excellence, elle existe déjà et elle s'appelle le rosaire de Marie.

Marie a-t-elle vu couler ce sang ?

Avant d'y répondre, un mot sur la liste elle-même : elle n'est pas la nôtre. Le Directoire sur la piété populaire et la liturgie, publié en 2002 par la Congrégation pour le culte divin, décrit au § 178 « la Couronne du Précieux Sang du Christ, constituée de lectures bibliques et de prières », qui permet aux fidèles de méditer les « sept effusions du sang » du Christ : la circoncision, le jardin des oliviers, la flagellation, le couronnement d'épines, la montée au Calvaire, la crucifixion, et le coup de lance. C'est cette prière que décrit tout cet article.

La question mérite une réponse honnête, parce qu'elle décide de ce que vous méditerez. Voici les sept effusions et ce que l'évangile dit de la présence de Marie à chacune.

Rang L'effusion Ce que l'évangile dit de Marie
1 La Circoncision (Lc 2, 21) Non nommée au verset. Elle l'est treize versets plus loin, au Temple, quand Syméon lui dit « ton âme sera traversée d'un glaive » (Lc 2, 34-35)
2 L'agonie à Gethsémani (Lc 22, 44) Absente du récit
3 La flagellation (Jn 19, 1) Absente du récit
4 Le couronnement d'épines (Jn 19, 2) Absente du récit
5 La montée au Calvaire (Jn 19, 17) Non nommée
6 Le crucifiement (Jn 19, 18) « Or, près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère » (Jn 19, 25)
7 Le coup de lance (Jn 19, 34) Elle est toujours là. Jésus vient de lui dire « Femme, voici ton fils » (Jn 19, 26-27)

Deux effusions sur sept, donc, nomment Marie, et ce sont les deux dernières. Prier avec Marie ne consiste pas à la placer dans les scènes où l'évangile ne la nomme pas : à Gethsémani, à la flagellation, au couronnement d'épines, sur le chemin du Calvaire, le texte ne dit rien d'elle. Cela consiste à laisser monter vers elle ces quatre-là, celles où le récit ne la nomme pas, puis à s'arrêter longuement sur les deux dernières, où elle est là, debout, à portée de main de ce qui coule. La Circoncision, elle, se tient à part : Marie n'est pas nommée au verset, mais c'est le rite du huitième jour, et le verset suivant conduit l'enfant à Jérusalem, porté par ses parents, pour la présentation au Temple (Lc 2, 22).

Une précision qui vaut pour toute cette dévotion : deux effusions seulement sont nommées comme du sang par le texte évangélique, la sueur de sang à Gethsémani et le côté transpercé. Ailleurs, l'évangile rapporte le fait sans parler du sang, et c'est en ce sens que le Directoire dit ces sept effusions « explicitement ou implicitement évoquées dans les Évangiles ». Le détail du déroulé est dans notre article sur comment réciter le chapelet du précieux sang de Jésus.

Comment le prier avec Marie

Le déroulé, en sept groupes

Ce qui suit est le déroulé reçu, celui que donnent les livrets. Le Directoire, lui, s'en tient à décrire la Couronne comme « constituée de lectures bibliques et de prières » : il n'arrête ni un nombre de grains ni un nombre de Notre Père. Ce compte est un usage, il n'oblige personne.

  1. Le signe de croix, et votre intention si vous en portez une.
  2. Vous annoncez la première effusion, la Circoncision.
  3. Cinq Notre Père, un par grain du premier groupe.
  4. Un Gloire au Père pour refermer le groupe.
  5. Même schéma pour les effusions deux à six.
  6. Le septième groupe, celui du coup de lance, ne compte que trois grains.
  7. Le signe de croix.

Trente-trois Notre Père au total dans cet usage, sept Gloire au Père, une vingtaine de minutes sans se presser. Le texte du Notre Père est donné en entier dans l'article sur le déroulé cité plus haut, et celui de la doxologie dans le Gloire au Père du chapelet.

Trois manières d'y associer Marie

Aucune n'est prescrite, aucune n'est obligatoire, et vous n'avez de compte à rendre à personne sur celle que vous choisissez. Prenez-en une, pas les trois.

  • Un Je vous salue Marie en ouverture. Vous confiez le chapelet à celle qui l'a vu commencer, et vous entrez dans la prière par sa porte.
  • Un Je vous salue Marie après le Gloire au Père de chaque groupe. Sept en tout. C'est la forme la plus régulière, et celle qui allonge le moins.
  • Une conclusion mariale. Beaucoup terminent par le Salut, ô Reine, dont vous trouverez les paroles ici.

Si c'est la compassion de Marie elle-même que vous voulez méditer, ce n'est plus ce chapelet qu'il vous faut, mais le chapelet des sept douleurs. Et si vous cherchez une prière qui tient les deux cœurs ensemble, voyez le chapelet des cœurs unis de Jésus et de Marie.

Le texte du Je vous salue Marie

C'est le texte en usage dans l'Église catholique en France. Le voici en entier.

Je vous salue Marie, pleine de grâce ;
Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous pauvres pécheurs,
Maintenant et à l'heure de notre mort.
Amen

Une phrase de cette prière change de poids quand on la dit au pied de la croix : « le fruit de vos entrailles ». Le sang que vous méditez est celui d'un corps qu'elle a porté.

Quand le prier

Trois moments reviennent. Le mois de juillet, et son premier dimanche : Benoît XVI rappelait en 2009 que « par le passé, le premier dimanche de juillet se caractérisait par une dévotion au Très Précieux Sang du Christ », dévotion dont Jean XXIII avait exposé le sens dans la lettre apostolique Inde a primis du 30 juin 1960. Dans certains lieux et calendriers particuliers, la fête du Très Précieux Sang est d'ailleurs encore célébrée le 1er juillet (Directoire, § 177). Le Carême et la Semaine sainte. Et le vendredi, jour où l'Église regarde la Passion.

Attention à une confusion fréquente : le vendredi, ce sont les mystères douloureux du rosaire que l'on médite, et non ce chapelet, qui ne dépend d'aucun jour. Cette répartition a changé en 2002, quand Jean-Paul II a ajouté les mystères lumineux dans Rosarium Virginis Mariae et proposé de déplacer au samedi la deuxième méditation des mystères joyeux, « dans lesquels la présence de Marie est davantage accentuée », le jeudi restant libre pour les lumineux.

Jour Depuis 2002 Avant 2002
Lundi Joyeux Joyeux
Mardi Douloureux Douloureux
Mercredi Glorieux Glorieux
Jeudi Lumineux Joyeux
Vendredi Douloureux Douloureux
Samedi Joyeux Glorieux
Dimanche Glorieux Glorieux

Le vendredi n'a pas bougé : douloureux dans les deux colonnes. Si on vous a appris que le samedi est glorieux, vous n'êtes pas dans l'erreur, vous suivez l'usage antérieur à 2002.

L'objet, et ce qu'il ne fait pas

La disposition de l'objet suit ce même usage : six séries de cinq grains, une dernière série de trois, séparées par des grains isolés, avec une croix ou une médaille. Ce total de trente-trois, l'usage le rapporte aux années du Christ. C'est un usage ancien, pas une règle : aucun texte de l'Église ne fixe un nombre de grains, et l'objet ne sert qu'à ceci, tenir le compte pour que la tête n'ait plus à compter.

Si vous cherchez de quoi tenir ce compte dans la main, notre collection de chapelets réunit les différentes formes, matières et tailles, et vous y verrez comment chacune est montée.

Sur la bénédiction, la réponse est simple, et elle ne nous arrange pas : nous n'expédierons jamais un chapelet déjà béni. La norme 16 § 2 de l'Enchiridion Indulgentiarum prévoit que l'indulgence attachée à l'usage d'un objet de piété cesse si cet objet est vendu. Un chapelet béni puis vendu perd donc ce qu'on croit lui acheter. La bénédiction se demande à un prêtre ou à un diacre, dans votre paroisse, après l'achat, et elle est gratuite. Le détail est dans notre article sur bénir un chapelet.

Le même recueil attache par ailleurs une indulgence partielle à la récitation pieuse des litanies approuvées, dont celles du Précieux Sang, Pretiosissimi Sanguinis D.N.I.C. Voyez la litanie du précieux sang de Jésus.

Ce que cette prière ne promet pas

On lit parfois que ce chapelet, prié avec Marie et pendant tant de jours, obtiendrait telle grâce précise. L'Église ne promet pas cela, et nous non plus. Ce qui est promis n'est pas un effet, c'est une présence. Ceux qui écrivent ces phrases sont souvent des gens pressés parce qu'ils ont mal, et il n'y a rien à leur reprocher : simplement, la prière est une relation, pas une formule à exécuter correctement.

Une seconde précaution, sur les sources. Si le livret que vous avez en main se réclame d'une révélation privée, voici ce que l'Église en dit, et cela vaut pour toutes : ces révélations « ne sont pas de la même nature que la révélation publique, qui constitue une norme pour toute l'Église », et « il est du devoir du Magistère de discerner et de reconnaître, pour la piété des fidèles, l'authenticité et la valeur des révélations privées » (Rosarium Virginis Mariae, note 11). Cela ne rend pas ces prières illégitimes, cela veut dire qu'aucune n'engage la foi de l'Église et qu'aucune ne s'impose à vous.

Questions fréquentes

Le chapelet du précieux sang de Jésus avec Marie est-il un chapelet différent ?

Non. Même objet, même déroulé, mêmes sept effusions. « Avec Marie » désigne la manière de le prier, pas une seconde dévotion. Personne ne vous vendra un chapelet dont les grains seraient prévus pour cette forme.

Quelle prière mariale dire pendant le chapelet du Précieux Sang ?

Rien n'est prescrit. Le Je vous salue Marie, donné en entier plus haut, convient à toutes les places : en ouverture, après chaque Gloire au Père, ou une seule fois en conclusion. Beaucoup ajoutent le Salut, ô Reine à la fin.

Est-ce le chapelet du Précieux Sang de Barnabas ?

Non. Deux prières circulent sous le nom de chapelet du Précieux Sang. Celle décrite ici est la Couronne du Précieux Sang du Christ, celle que le Directoire décrit au § 178. L'autre circule sous le nom de Barnabas et suit un tout autre déroulé : nous la traitons à part dans le chapelet du précieux sang de Jésus de Barnabas.

Est-ce la même chose que le chapelet des larmes de sang ?

Non, et la confusion est courante puisque les deux associent Marie et le sang. L'un médite le sang versé par le Christ, l'autre les larmes de sa mère. Voyez quand prier le chapelet des larmes de sang.

Commencez ce soir par le dernier groupe

Vous n'avez besoin ni de l'objet ni d'un livret. Trois Notre Père sur trois doigts, en pensant au coup de lance, et un Gloire au Père. C'est le dernier des deux groupes où l'évangile place Marie debout à côté de vous. Le reste viendra tout seul, et pour tenir dans la durée, voyez méditer le chapelet.

Quand vous voudrez un objet, le chapelet ordinaire convient : nos chapelets sont classés par matière et par taille de grain, et le chapelet du Saint Sacrement porte à sa jonction un calice surmonté de l'hostie rayonnante plutôt qu'une médaille. Pour les trois Notre Père du dernier groupe, un dizainier suffit.