dévotion

Le chapelet des larmes de sang : sa structure, et ce qui n'est pas établi

49 grains de prière en 7 groupes de 7, et des invocations adressées au Christ qui remplacent le Notre Père et le Je vous salue Marie sur les grains. Sa structure exacte n'est pas établie et les apparitions de Campinas ne sont pas reconnues.

Mis à jour le 9 min de lecture

Fiche du chapelet

Nombre d'éléments
49 grains de prière, total non établi
Disposition
49 grains de prière en 7 groupes de 7 ; les sources divergent sur les grains séparateurs, la médaille et le total, et aucune source d'Église ne donne la structure de ce chapelet.
Sur chaque grain
Sur les grains, des invocations adressées au Christ remplacent le Notre Père et le Je vous salue Marie. Celle des petits grains : « Ô Jésus, exaucez nos prières par l'intercession des larmes de Votre Très Sainte Mère. »
Origine
Dévotion brésilienne du XXe siècle : vision du Christ dictant les invocations le 8 novembre 1929, remise du chapelet à sœur Amália de Jésus Flagellé le 8 mars 1930, à Campinas, au Brésil.
Statut ecclésial
Les apparitions ne sont pas reconnues : ni enquête canonique, ni reconnaissance, ni de la part de l'évêque du lieu, ni de la part du Saint-Siège. Restent un imprimatur du 8 mars 1931 sur les écrits de la voyante, et l'autorisation diocésaine du culte à titre privé le 20 février 1934.
Objet requis
Un objet permettant de parcourir sept groupes de sept ; ni montage ni nombre total de grains ne sont prescrits.
Sommaire
  1. Ce qu’est cette dévotion
  2. Sur le nom « larmes de sang »
  3. La structure : ce qui est constant, et ce qui ne l’est pas
  4. Ce qui se dit sur les grains
  5. L’origine, datée
  6. Le statut dans l’Église, sans arrondi
  7. Quel objet il faut
  8. Là où les sources ne disent pas la même chose
  9. Ce qui n’est pas établi

Le chapelet des Larmes est une prière brésilienne du XXe siècle.

Ses invocations sont adressées au Christ, et elles remplacent le Notre Père et le Je vous salue Marie sur les grains.

Il se récite en sept groupes de sept.

Ce n’est pas le chapelet des Sept Douleurs, même si les deux sont bâtis en sept fois sept et même si beaucoup de pages les présentent comme un seul objet. Le chapelet des Sept Douleurs est traité sur sa propre page, et la ressemblance a une cause réelle que nous donnons plus bas.

Cette page dit ce que les sources établissent, et ce qu’elles n’établissent pas.

Sur ce chapelet, la structure exacte n’est pas fixée et les apparitions ne sont pas reconnues.

Ce qu’est cette dévotion

Une série d’invocations adressées à Jésus, portant sur les larmes de sa Mère.

Elle est née de ce que sœur Amália de Jésus Flagellé rapporte avoir reçu à Campinas, au Brésil, en 1929 et 1930.

Sur les grains, on ne dit ni le Notre Père ni le Je vous salue Marie : deux invocations les remplacent.

C’est la particularité de cette dévotion, et c’est ce qui la distingue de la plupart des chapelets catholiques.

Sur le nom « larmes de sang »

C’est sous ce nom que la dévotion circule en France. Ce n’est pas sa dénomination d’origine.

Le site de la dévotion, Tear Love Ministry, parle du chapelet des Larmes, et son invocation porte sur « les larmes de Votre Très Sainte Mère ».

Les reprises françaises en circulation ajoutent « de sang ». Ce mot est absent de la source.

Nous employons les deux formes ici, parce que « larmes de sang » est le nom d’usage en français.

Nous ne le présentons pas comme le nom d’origine.

La structure : ce qui est constant, et ce qui ne l’est pas

Ce que toutes les sources disent : 49 grains de prière, en 7 groupes de 7.

Ce sur quoi elles ne s’accordent pas : les grains séparateurs, la médaille, le total.

Source Ce qu’elle décrit
Tear Love Ministry, site de la dévotion, page anglaise « quarante-neuf petites perles blanches divisées en sept dizaines par sept perles plus grosses », notre traduction, le site écrit decades. Soit 49 petits grains plus 7 gros grains, donc 56 grains.
Tear Love Ministry, page française « 49 petits grains, qui se divisent en 7 mystères (7 grains pour chacun) séparés par des grains plus gros ». Les gros grains ne sont pas chiffrés.
Wikipédia en français 49 grains en 7 groupes de 7, plus une médaille, sans grains séparateurs.
Le chapelet des Larmes, quarante-neuf grains en sept groupes de sept
Quarante-neuf grains en sept groupes de sept, et aucun Je vous salue Marie.

Un mot sur le vocabulaire, puisqu’il circule mal. Ce sont sept groupes de sept, ou sept septénaires. Ce ne sont pas sept dizaines : sept fois sept font quarante-neuf.

Le « 49 » que tout le monde répète ne compte que les petits grains.

Ce que nous écrivons : 49 grains de prière, en 7 groupes de 7. Les sources divergent sur les grains séparateurs et sur la médaille. Aucune source d’Église ne donne la structure de ce chapelet.

Pourquoi il ressemble au chapelet des Sept Douleurs

La confusion n’est pas une invention de marchands. Le site de la dévotion décrit lui-même l’objet reçu par sœur Amália comme un rosaire des Sept Douleurs : « un rosaire des Sept Douleurs de Marie entre ses mains, composé de quarante-neuf petites perles blanches divisées en sept dizaines par sept perles plus grosses ».

Notre traduction de la page anglaise.

Il y a une seconde raison, plus ancienne.

Le chapelet des Sept Douleurs comporte trois grains supplémentaires, et le bref Redemptoris nostri de Benoît XIII, du 26 septembre 1724, les dédie explicitement aux larmes de la Vierge, in honorem lacrymarum.

Le mot « larmes » appartient donc au vocabulaire des deux dévotions, par un texte pontifical du XVIIIe siècle pour l’une, par son titre pour l’autre.

Cela dit, ce sont bien deux objets, deux origines et deux statuts. Le détail de l’autre est sur sa page.

Ce qui se dit sur les grains

Sur les grains, les invocations remplacent le Notre Père et le Je vous salue Marie. Celle des petits grains est :

« Ô Jésus, exaucez nos prières par l’intercession des larmes de Votre Très Sainte Mère. »

Le reste de l’ordre des prières, ouverture et conclusion comprises, n’est pas reproduit ici : le site de la dévotion publie sa feuille de prière sous forme d’image, et nous n’avons pas pu en établir le texte sur la source.

Une précision sur ce qui se lit souvent, à savoir que ce chapelet ne comporte aucun Je vous salue Marie. C’est établi pour les grains. Ce que contiennent l’ouverture et la conclusion n’est pas établi.

L’origine, datée

Trois dates, et elles ne portent pas sur la même chose.

Date Fait
8 novembre 1929 Au couvent des Missionnaires de Jésus Crucifié, à Campinas, sœur Amália de Jésus Flagellé rapporte une vision du Christ qui lui dicte les invocations. C’est la naissance de la dévotion, pas celle du chapelet.
8 mars 1930 Apparition mariale et remise du chapelet. C’est la date de l’objet.
8 avril 1930 Révélation d’une médaille, dite médaille de Notre-Dame des Larmes. C’est un objet distinct du chapelet.

Dater le chapelet de « 1929 » est donc inexact : la vision est de 1929, le chapelet est de 1930.

Sœur Amália de Jésus Flagellé, de son nom civil Amalia Aguirre, est née le 22 juillet 1901 à Ríos, en Galice, et morte le 18 avril 1977 à Taubaté, au Brésil.

La médaille du 8 avril 1930 porte, sur une face, l’image de Jésus et l’invocation « Par Votre divine humilité, ô Jésus, sauvez le monde des erreurs qui menacent de le détruire » ; sur l’autre, l’image de Notre-Dame des Larmes entourée de la légende « Mère douloureuse, Vos larmes détruisent le règne de l’enfer ».

Rien ne prouve que la médaille portée par un chapelet du commerce soit celle-là.

Le statut dans l’Église, sans arrondi

  • Imprimatur de Mgr Francisco de Campos Barreto, évêque de Campinas, le 8 mars 1931. Il porte sur les écrits de la voyante.
  • Autorisation diocésaine du culte sous le vocable de Notre-Dame des Larmes, le 20 février 1934. Diffusion internationale à partir de 1935.
  • Les apparitions ne sont pas reconnues. Elles n’ont fait l’objet ni d’une enquête canonique ni d’une reconnaissance, ni de la part de l’évêque du lieu, ni de la part du Saint-Siège. Le culte est autorisé à titre privé.

Ce qu’un imprimatur atteste, et ce qu’il n’atteste pas

Un imprimatur dit qu’un texte ne contient rien de contraire à la foi et aux mœurs. Il ne dit rien de l’authenticité d’une apparition. Un imprimatur de 1931 et une autorisation diocésaine de culte ne valent pas « apparitions reconnues ».

Le site de la dévotion lui-même ne revendique aucun imprimatur ni aucune approbation.

Ce que dit le droit actuel sur ce genre de cas

Depuis les Normes procédurales pour le discernement de phénomènes surnaturels présumés du Dicastère pour la doctrine de la foi, publiées le 17 mai 2024 et en vigueur depuis le 19 mai 2024, l’Église, en règle générale, ne déclare plus que ces phénomènes sont d’origine surnaturelle.

Six déterminations sont possibles, dont la plus favorable est le nihil obstat, qui autorise et promeut la dévotion sans déclarer le fait surnaturel.

Nous n’avons trouvé aucune décision du Dicastère sur Campinas au 4 août 2026.

Une absence de résultat n’est pas une preuve d’absence : nous écrivons « aucune reconnaissance à ce jour », et non « l’Église a refusé ».

Quel objet il faut

Nous ne pouvons pas vous le dire avec certitude, et aucune des sources que nous avons lues ne le peut.

Ce que toutes décrivent, c’est un objet permettant de parcourir sept groupes de sept.

Sur les séparateurs, la médaille et le total, elles se contredisent, et aucune autorité ecclésiale n’a fixé la question.

Nous ne prescrivons donc ni un montage, ni un nombre total de grains.

Un chapelet catholique ordinaire est en cinq dizaines : 53 grains d’Ave et 6 grains de Pater, soit 59 grains.

Sa disposition ne correspond pas à celle-ci.

Le détail de cet objet-là est dans combien de grains sur un chapelet, et comment ils sont disposés. Une dévotion qui se récite au contraire sur un chapelet ordinaire, et dont le texte fondateur le dit expressément, est le chapelet de la Miséricorde divine.

Voir les chapelets et les dizainiers.

Là où les sources ne disent pas la même chose

1. La structure. Trois versions incompatibles, détaillées dans le tableau plus haut : 49 petits grains plus 7 gros pour la page anglaise du site de la dévotion, gros grains non chiffrés pour sa page française, 49 grains et une médaille sans séparateurs pour Wikipédia en français.

Aucune source d’Église n’arbitre.

2. La médaille. Wikipédia en français décrit une médaille portant Notre-Dame des Larmes d’un côté et Jésus lié de l’autre.

Le site de la dévotion présente la médaille de Notre-Dame des Larmes comme révélée le 8 avril 1930, un mois après le chapelet, comme un objet distinct, et avec d’autres inscriptions.

Rien ne permet de dire que la médaille du chapelet soit celle-là.

3. Le nom. « Les larmes de Votre Très Sainte Mère » sur le site de la dévotion, « larmes de sang » dans les reprises françaises.

4. Le compte de « 7 dizaines ». Des pages françaises très lues écrivent « un chapelet de 49 grains, formant 7 dizaines », et présentent les deux dévotions comme une seule.

Le compte ne tombe pas : sept fois sept font quarante-neuf.

Ce qui n’est pas établi

  • Le nombre total de grains. Nous donnons les 49 grains de prière et nous signalons ce qui reste ouvert.
  • L’ordre complet des prières, ouverture et conclusion comprises. La feuille de prière du site de la dévotion est publiée sous forme d’image.
  • Que les apparitions soient reconnues. Elles ne le sont pas.
  • Que l’Église ait refusé. Aucune décision n’a été trouvée, ce qui n’est pas la même chose qu’un refus.
  • Les imprimaturs « de divers évêchés » obtenus à partir de 1935, mentionnés par Wikipédia en français. Aucun n’est nommé ni daté.
  • Les dimensions, le poids, la longueur en main ou la durée de récitation. Aucune source. Ces chiffres ne viendront que de la mesure d’objets réels.

L’objet

Ce que cette dévotion demande comme objet

49 grains de prière, total non établi

49 grains de prière en 7 groupes de 7 ; les sources divergent sur les grains séparateurs, la médaille et le total, et aucune source d'Église ne donne la structure de ce chapelet.

Ce qu’il vous faut

Un objet permettant de parcourir sept groupes de sept ; ni montage ni nombre total de grains ne sont prescrits.

Voir les chapelets