Pratique

Les 2 dernières dizaines de chapelet, grain par grain

Publié le 12 min de lecture

Sommaire
  1. En bref
  2. D'où vient la formule « les 2 dernières dizaines de chapelet »
  3. Comment prier les 2 dernières dizaines, grain par grain
  4. Le texte des prières
  5. Quels mystères pour les 4e et 5e dizaines
  6. Ce qui se dit après la cinquième dizaine
  7. Couper le chapelet en deux, est-ce un problème ?
  8. Questions fréquentes
  9. Reprenez simplement où vous en étiez

Les 2 dernières dizaines de chapelet, ce sont la quatrième et la cinquième du chapelet commencé : rien de particulier ne s'y dit. Chacune se prie comme les trois précédentes, un Notre Père, dix Je vous salue Marie, un Gloire au Père, en méditant son mystère. Si vous rencontrez cette formule, c'est presque toujours dans la feuille de la neuvaine à Marie qui défait les nœuds, qui fait dire les trois premières dizaines, puis lire la méditation du jour, puis « réciter ensuite les deux dernières dizaines de chapelet ». Aucune prière n'est réservée à ces deux dizaines-là.

En bref

  • Ce sont les dizaines 4 et 5 d'un chapelet qui en compte cinq. Elles n'ont ni texte propre ni statut à part.
  • Chacune se prie ainsi : un Notre Père, dix Je vous salue Marie, un Gloire au Père, mystère annoncé avant de commencer.
  • La formule vient des feuillets de la neuvaine à Marie qui défait les nœuds, où la méditation du jour se glisse entre la troisième et la quatrième dizaine.
  • Après la cinquième, aucun texte n'impose de conclusion. Le Saint-Siège écrit qu'on peut réciter les litanies de Lorette ou une autre prière mariale ; l'usage français ajoute souvent le Salut, ô Reine.
  • Confusion la plus fréquente : la croix, le Notre Père et les trois Je vous salue Marie du début ne sont pas des dizaines. Les dizaines sont les cinq groupes de dix, sur la boucle.

D'où vient la formule « les 2 dernières dizaines de chapelet »

C'est une question qu'on ne se pose jamais en priant un chapelet ordinaire. Personne ne parle de ses « deux dernières dizaines » : on dit un chapelet, et il a cinq dizaines. La formule vient d'ailleurs, et d'un endroit précis.

Les feuillets de la neuvaine à Marie qui défait les nœuds, diffusés par des paroisses et des diocèses, décrivent tous le même déroulé quotidien. Celui du diocèse de Lille l'énumère en six points : signe de croix, acte de contrition, « prier les trois premières dizaines du chapelet », lire la méditation du jour, « prier ensuite les deux dernières dizaines de chapelet », terminer par la prière à Marie qui défait les nœuds. Le feuillet du diocèse de Grenoble-Vienne donne les mêmes étapes, avec un signe de croix pour fermer.

Étape Ce qu'on fait
1 Signe de croix
2 Acte de contrition
3 Les trois premières dizaines du chapelet
4 La méditation propre au jour de neuvaine
5 Les deux dernières dizaines de chapelet
6 La prière à Marie qui défait les nœuds

Tout s'explique alors. Le chapelet n'est pas coupé en deux prières différentes : il est coupé en un seul endroit, pour loger la lecture du jour au milieu. Qui cherche « les 2 dernières dizaines de chapelet » vient de finir sa méditation et se demande où reprendre. C'est aussi pourquoi la requête voisine, « réciter les 3 premières dizaines du chapelet », existe : les deux sortent de la même feuille. Nous les avons détaillées dans notre article sur les 3 premières dizaines du chapelet.

Un mot de prudence sur la neuvaine : c'est une dévotion privée, largement répandue et reprise par des paroisses, mais aucun texte ne lui attache de résultat garanti. On y demande, on n'y déclenche pas.

Comment prier les 2 dernières dizaines, grain par grain

Retrouver l'endroit exact sur les grains

Aucun texte du magistère ne fixe le nombre de grains. Ce qui est stable, c'est la disposition : la partie pendante porte la croix, un gros grain, trois petits, un second gros grain, puis vient la médaille de jonction et, après elle, la boucle des cinq dizaines. Le montage courant donne six Notre Père et cinquante-trois Je vous salue Marie, soit cinquante-neuf grains, mais le total varie selon la fabrication. Détail dans notre page sur le nombre de grains et leur disposition.

Conséquence pratique, et c'est elle qui compte quand on rouvre la feuille après la méditation : la boucle ne porte que quatre gros grains, parce que le Notre Père de la première dizaine se dit sur le second gros grain de la partie pendante. Le gros grain qui ouvre la quatrième dizaine est donc le troisième de la boucle, celui de la cinquième est le quatrième et dernier. Quand vos doigts retrouvent la médaille, le chapelet est bouclé. Sur la prise en main, voyez comment tenir un chapelet.

Si vous priez sans objet, ou avec un dizainier qui ne porte qu'une dizaine, un seul chiffre suffit : il vous reste vingt Je vous salue Marie. Rien n'oblige d'ailleurs à tenir un objet pour prier, comme nous l'expliquons dans faut-il un chapelet pour prier.

La quatrième dizaine

On annonce le quatrième mystère du jour, on laisse un temps de silence, puis un Notre Père sur le gros grain, dix Je vous salue Marie sur les dix petits, un Gloire au Père. C'est la structure que donne le Saint-Siège pour toute dizaine : « Après un bref temps de méditation, on récite un Notre Père, dix Je vous salue Marie et un Gloria. »

La cinquième dizaine

Identique. Cinquième mystère annoncé, Notre Père, dix Je vous salue Marie, Gloire au Père. Rien ne s'y ajoute obligatoirement du fait qu'elle est la dernière.

Ce qu'on peut ajouter après chaque Gloire au Père

Le Saint-Siège note que « pour chaque dizaine du chapelet, on peut ajouter une invocation ». L'Église catholique en France en imprime deux à cet endroit, sans les hiérarchiser : celle reçue à Fatima et « O Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous ». Facultatif dans les deux cas. Une autre habitude rappelle le mystère à l'intérieur même de l'Ave Maria, ce qu'on appelle la clausule du chapelet.

Le texte des prières

Le Notre Père

Notre Père, qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses,
comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation
mais délivre-nous du Mal.
Amen

C'est la traduction liturgique en vigueur en France depuis le 3 décembre 2017.

Le Je vous salue Marie

Je vous salue Marie, pleine de grâce ;
Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous pauvres pécheurs,
Maintenant et à l'heure de notre mort.
Amen

Le Gloire au Père

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit,
comme il était au commencement, maintenant et toujours,
pour les siècles des siècles.
Amen.

C'est la forme reçue dans l'usage français, et non un texte officiel : aucun document du magistère ne la fixe. Le Saint-Siège, sur sa page du Rosaire, en publie une version qui diffère par la ponctuation et par la fin.

Quels mystères pour les 4e et 5e dizaines

Les deux dernières dizaines portent les deux derniers mystères de la série du jour. Elles changent donc chaque jour, comme le reste du chapelet. Les intitulés ci-dessous sont ceux que publie le Saint-Siège.

Série 4e dizaine 5e dizaine
Joyeux Jésus est présenté au temple Jésus retrouvé dans le temple
Lumineux La transfiguration L'institution de l'Eucharistie
Douloureux Le portement de la Croix Jésus est crucifié et meurt sur la Croix
Glorieux L'Assomption de Marie au Ciel Marie est couronnée Reine du ciel et de la terre

La série dépend du jour de la semaine, et cette répartition a changé en 2002 quand Jean-Paul II a proposé les mystères lumineux. Pour savoir laquelle prier aujourd'hui, voyez les mystères du rosaire selon le jour.

Ce qui se dit après la cinquième dizaine

Beaucoup arrivent ici en cherchant la fin du chapelet plutôt que ses deux dernières dizaines. La réponse honnête est qu'il n'y a pas de conclusion obligatoire.

Le Saint-Siège écrit une phrase, et une seule : « À la fin du Rosaire, on peut réciter les litanies de Lorette, ou une autre prière mariale. » Le verbe est peut. Le livret Le Rosaire de l'Église catholique en France, lui, décrit le déroulé jusqu'à la dizaine et s'arrête là. Ce que vous ajoutez relève donc de votre usage, ou de celui de votre paroisse.

L'ajout le plus répandu en français est le Salut, ô Reine :

Salut, ô Reine, Mère de miséricorde, notre vie, notre consolation, notre espoir, salut !
Enfants d'Ève, de cette terre d'exil nous crions vers vous ;
vers vous nous soupirons, gémissant et pleurant dans cette vallée de larmes.
Ô vous, notre Avocate, tournez vers nous vos regards compatissants.
Et, après cet exil, obtenez-nous de contempler Jésus, le fruit béni de vos entrailles,
Ô clémente, ô miséricordieuse, ô douce Vierge Marie !

Le Saint-Siège en publie sur sa page du Rosaire une traduction différente, au tutoiement. Les deux se disent.

Dans la neuvaine, la feuille tranche pour vous : après la cinquième dizaine viennent la prière à Marie qui défait les nœuds, puis le signe de croix.

Couper le chapelet en deux, est-ce un problème ?

C'est la vraie inquiétude derrière la requête, et elle mérite une réponse précise plutôt que rassurante.

Pour la prière elle-même, non. Le chapelet est une dévotion, et Rosarium Virginis Mariae reconnaît que beaucoup ne pourront en réciter qu'une partie. Une méditation intercalée entre deux dizaines n'est pas une faute, et c'est même ce que la neuvaine demande.

Pour l'indulgence plénière attachée au rosaire, il faut lire le texte de près. L'Enchiridion Indulgentiarum, à la concession 17 § 1, pose quatre conditions :

  • l'indulgence est plénière si le rosaire est récité « dans une église ou un oratoire, ou en famille, dans une communauté religieuse, dans une association de fidèles, et plus généralement quand plusieurs se réunissent dans un but honnête ». Le texte ajoute : « dans les autres circonstances, l'indulgence sera partielle » ;
  • « il suffit de réciter seulement une troisième partie du rosaire ; mais les cinq dizaines doivent être récitées d'affilée » (quinque decades continuo recitari debent) ;
  • « à la prière vocale doit s'ajouter la pieuse méditation des mystères » ;
  • en récitation publique, les mystères sont énoncés selon la coutume approuvée du lieu.

Deux remarques s'imposent. D'abord, le texte qui exige les cinq dizaines d'affilée exige aussi la méditation des mystères : un temps de méditation n'est donc pas, en soi, ce qui rompt la continuité. Il ne définit pas davantage ce qui la rompt, et nous n'avons trouvé aucun document romain tranchant le cas d'une lecture intercalée. Nous ne l'affirmerons donc ni dans un sens ni dans l'autre.

Ensuite, la question a moins d'enjeu qu'on ne croit : qui prie sa neuvaine seul chez lui n'est dans aucune des circonstances énumérées, et relève déjà du cas où « l'indulgence sera partielle », coupure ou pas. S'y ajoutent les conditions de la norme 20 § 1 : n'avoir d'attachement à aucun péché, même véniel, puis la confession sacramentelle, la communion eucharistique et la prière aux intentions du Souverain Pontife. Rien de cela ne juge la valeur de votre prière ; ce sont les conditions d'un régime précis, pas une note attribuée à votre neuvaine.

Un dernier point, peu connu et pourtant écrit noir sur blanc : la norme 16 § 2 précise que l'indulgence attachée à l'usage d'un objet de piété cesse seulement si l'objet est entièrement détruit ou s'il est vendu. Un chapelet béni que l'on revend perd l'indulgence qui lui était attachée. Il se donne, il ne se revend pas.

Questions fréquentes

Quelles sont les 2 dernières dizaines du chapelet ?

La quatrième et la cinquième, sur les cinq que compte un chapelet. Elles portent les quatrième et cinquième mystères de la série du jour.

Combien de Je vous salue Marie dans les 2 dernières dizaines ?

Vingt, dix par dizaine, plus deux Notre Père et deux Gloire au Père.

Y a-t-il une prière spéciale pour les deux dernières dizaines ?

Non. Aucun texte n'en prévoit. Elles se récitent exactement comme les trois premières.

Combien de temps prennent les 2 dernières dizaines ?

Comptez environ les deux cinquièmes d'un chapelet. Le repère complet est dans notre page sur la durée d'un chapelet.

Les trois Je vous salue Marie du début comptent-ils comme une dizaine ?

Non, et c'est la confusion la plus fréquente. La croix, le Notre Père et les trois Je vous salue Marie forment l'ouverture, sur la partie pendante, avant la médaille. Les dizaines sont les cinq groupes de dix, sur la boucle.

Deux dernières dizaines de chapelet ou de rosaire ?

De chapelet. Un rosaire complet compte vingt dizaines, quatre chapelets de cinq. Les feuillets de neuvaine parlent bien d'un seul chapelet. Voyez la différence entre chapelet et rosaire.

Reprenez simplement où vous en étiez

Rien de nouveau à apprendre : il vous reste deux dizaines identiques aux trois précédentes, soit deux Notre Père, vingt Je vous salue Marie et deux Gloire au Père, avec les deux derniers mystères du jour. Posez le doigt sur le gros grain qui suit votre trentième Je vous salue Marie, et continuez.

C'est ce moment précis, la reprise après une lecture, qu'un chapelet bien monté rend facile : des gros grains qui se sentent sous le doigt évitent de recompter. Nos chapelets sont classés par matière, par couleur et par usage. Sur le chapelet blanc nacre, par exemple, le grain qui ferme la dizaine a une peau grenue là où les Ave sont lisses : la reprise se fait au toucher. Et si vous avancez dizaine par dizaine dans la journée, un dizainier n'en tient qu'une, le compte repartant de zéro à chaque tour.