Dévotion

Chapelet de la libération : ce qu'il est, comment le prier

Publié le 11 min de lecture

Sommaire
  1. En bref
  2. Qu'est-ce que le chapelet de la libération ?
  3. Comment prier le chapelet de la libération
  4. La neuvaine : neuf jours, une seule intention
  5. Les témoignages, et ce qu'ils disent vraiment
  6. Quand la prière ne suffit pas, ce que l'Église prévoit
  7. Questions fréquentes
  8. Ce que vous pouvez commencer ce soir

En bref

  • Le chapelet de la libération n'est pas une prière officielle : aucun texte du magistère n'en fixe la formule, et plusieurs versions circulent.
  • Il n'y a donc rien à recopier : un chapelet ordinaire à cinq dizaines, une seule intention, les mystères du jour.
  • Cette demande, vous la faites déjà : la dernière demande du Notre Père est « mais délivre-nous du Mal ».
  • Aucune formule n'agit par elle-même. Le Catéchisme appelle superstition le fait d'attacher l'efficacité d'une prière à sa seule matérialité.
  • Si vous vous croyez tourmenté, parlez-en à un prêtre, par votre paroisse ou votre diocèse.

Le chapelet de la libération est une dévotion privée : on prie un chapelet ordinaire à cinq dizaines pour une seule intention, en demandant à Dieu d'être délivré du mal. Il n'existe ni texte unique, ni version approuvée par Rome, et les feuillets qui circulent ne disent pas tous la même chose. La demande de libération est d'abord celle que Jésus a donnée dans le Notre Père. Aucune prière ne garantit un résultat.

Qu'est-ce que le chapelet de la libération ?

L'expression désigne une manière de prier, pas un objet. On prend le chapelet que l'on a, à cinq dizaines, et on le prie en portant une intention de délivrance.

Il n'existe pas de texte de référence

La plupart des pages le passent sous silence. Ce chapelet ne figure pas dans le Rituel romain, ni parmi les prières que publie l'Église catholique en France : on y trouve le Notre Père, le Je vous salue Marie, les Credo, le Salve Regina et le Te Deum, pas celui-ci.

Ce que l'on trouve, ce sont des feuillets recopiés de site en site, parfois traduits, qui se contredisent. Le même flou entoure le chapelet de délivrance. Cela ne les disqualifie pas : une dévotion privée reste une dévotion, et l'Église en laisse vivre beaucoup. Mais elles n'ont pas le poids d'un texte liturgique.

Pourquoi cette page ne donne pas « le » texte

Il serait facile d'en recopier une, comme le font la plupart des pages. Aucune ne fait autorité, et la publier ici lui donnerait une autorité qu'elle n'a pas. Ce qui se donne sans réserve, c'est la dizaine, telle que Rosarium Virginis Mariae en décrit les éléments aux paragraphes 29 à 34 : le mystère annoncé, un Notre Père, dix Je vous salue Marie, un Gloire au Père. Votre intention se place là-dedans.

Vous n'y perdez rien. La demande de délivrance n'attend aucun feuillet : elle est la dernière demande du Notre Père, « mais délivre-nous du Mal ». Elle est déjà dans vos mains, chaque fois que vous priez une dizaine.

Comment prier le chapelet de la libération

Le déroulé, grain par grain

Aucune version ne fait autorité sur les autres. Ce que l'Église donne, c'est la dizaine, et elle ne bouge pas : le mystère annoncé, un Notre Père, dix Je vous salue Marie, un Gloire au Père.

Ce qui entoure les cinq dizaines varie selon les régions. Rosarium Virginis Mariae le note au paragraphe 37 : certains commencent par le verset « Dieu, viens à mon aide; Seigneur, à notre secours », d'autres par le Credo, et « ces formes et d'autres semblables sont des usages également légitimes ». L'ouverture ci-dessous est celle de l'usage français, pas une règle universelle.

  1. Signe de croix. Énoncez votre intention, à voix haute ou en silence. Une seule.
  2. Sur la croix, le Symbole des Apôtres.
  3. Sur le premier gros grain, un Notre Père.
  4. Sur les trois grains suivants, trois Je vous salue Marie.
  5. Annoncez le premier mystère du jour, puis un Notre Père, dix Je vous salue Marie, un Gloire au Père. Ainsi jusqu'au cinquième. C'est la seule partie qui ne se discute pas.
  6. Terminez par le Salve Regina, ou une autre prière à Marie.

C'est le déroulé du chapelet ordinaire, celui que l'on prie dans le rosaire de Marie. Ce qui change, c'est ce que vous portez en le priant.

Un chapelet à cinq dizaines suffit, quel qu'il soit ; si vous n'en avez pas encore sous la main, nos chapelets catholiques sont classés par matière, par couleur et par usage.

Le texte des prières, en entier

Le signe de croix

C'est la formule de l'usage français, calquée sur le latin : aucune autorité n'en arrête la graphie, et les éditions varient d'une virgule.

Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen

Le Symbole des Apôtres

Je crois en Dieu, le Père tout-puissant,
Créateur du ciel et de la terre.
Et en Jésus Christ, son Fils unique, notre Seigneur ;
qui a été conçu du Saint Esprit, est né de la Vierge Marie,
a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié,
est mort et a été enseveli, est descendu aux enfers ;
le troisième jour est ressuscité des morts,
est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant,
d'où il viendra juger les vivants et les morts.
Je crois en l'Esprit Saint, à la sainte Église catholique, à la communion des saints,
à la rémission des péchés, à la résurrection de la chair, à la vie éternelle.
Amen

Le Notre Père

Notre Père, qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses,
comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation
mais délivre-nous du Mal.
Amen

Le Je vous salue Marie

Je vous salue Marie, pleine de grâce ;
Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous pauvres pécheurs,
Maintenant et à l'heure de notre mort.
Amen

Le Gloire au Père

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit,
comme il était au commencement, maintenant et toujours,
pour les siècles des siècles.
Amen.

Cette formule est celle de l'usage français au chapelet : aucun texte officiel ne l'arrête, et le Saint-Siège en donne sur sa page du Rosaire une version qui diffère par la ponctuation et par la fin. La Liturgie des Heures en dit une autre encore, « au Dieu qui est, qui était et qui vient ». Le détail est dans le Gloire au Père du chapelet.

Le Salve Regina

Salut, ô Reine, Mère de miséricorde, notre vie, notre consolation, notre espoir, salut !
Enfants d'Ève, de cette terre d'exil nous crions vers vous ;
vers vous nous soupirons, gémissant et pleurant dans cette vallée de larmes.
Ô vous, notre Avocate, tournez vers nous vos regards compatissants.
Et, après cet exil, obtenez-nous de contempler Jésus, le fruit béni de vos entrailles,
Ô clémente, ô miséricordieuse, ô douce Vierge Marie !

Quel jour le prier, et quels mystères méditer

Un chapelet prié pour une délivrance reste un chapelet : il médite les mystères du jour. La répartition a changé en 2002, quand Jean-Paul II a proposé les mystères lumineux dans Rosarium Virginis Mariae, en réservant le jeudi à leur méditation et en déplaçant au samedi la deuxième méditation des mystères joyeux. Les deux usages coexistent : ceux qui suivent l'ancien ne sont pas dans l'erreur.

Jour Depuis 2002 Avant 2002
Lundi Joyeux Joyeux
Mardi Douloureux Douloureux
Mercredi Glorieux Glorieux
Jeudi Lumineux Joyeux
Vendredi Douloureux Douloureux
Samedi Joyeux Glorieux
Dimanche Glorieux Glorieux

Le vendredi n'a pas bougé : il est douloureux dans les deux calendriers. Le détail est dans le chapelet du jour.

La neuvaine : neuf jours, une seule intention

La neuvaine consiste à prier le chapelet neuf jours de suite pour la même intention, sans en changer en route. Le nombre neuf renvoie aux jours passés au Cénacle entre l'Ascension et la Pentecôte. Il n'a pas de vertu propre : c'est une durée qui tient, assez longue pour qu'une intention se dépose, assez courte pour qu'on aille au bout.

Ce qui compte est la constance, pas le compte. Une intention de prière pour le chapelet tenue neuf jours vous change, quoi qu'il advienne de la situation. Pour une neuvaine au texte établi, la neuvaine à Notre-Dame du Rosaire est mieux documentée et se prie de la même façon.

Les témoignages, et ce qu'ils disent vraiment

Les récits abondent, et ils sont souvent sincères. Ils ne sont ni une preuve, ni une promesse. Personne ne peut vous garantir qu'un chapelet réglera votre situation, et la maison qui vous le garantirait vous mentirait. Même prudence autour du témoignage du chapelet du combat.

Le Catéchisme est net : « Attacher à la seule matérialité des prières ou des signes sacramentels leur efficacité, en dehors de dispositions intérieures qu'ils exigent, c'est tomber dans la superstition » (n° 2111).

Ce n'est pas un reproche à celui qui cherche un chapelet puissant un soir de détresse. C'est une distinction. La prière n'agit pas sur Dieu comme un procédé : elle vous tient debout pendant que vous traversez quelque chose.

Quand la prière ne suffit pas, ce que l'Église prévoit

Deux choses que ces pages mélangent. Prier pour être délivré du mal est le droit de tout baptisé. Prononcer un exorcisme ne l'est pas : le canon 1172 le réserve au prêtre ayant reçu de l'Ordinaire du lieu une permission particulière et expresse.

La Congrégation pour la Doctrine de la Foi l'a rappelé le 29 septembre 1985 : « il n'est pas même permis aux fidèles d'employer la formule d'exorcisme contre Satan et les anges déchus ». Elle demande aussi aux évêques de veiller à ce que ceux qui n'en ont pas le pouvoir ne dirigent pas de réunions « au cours desquelles les démons sont directement interpellés et où l'on cherche à connaître leur nom ». Elle ajoute que ces normes ne doivent pas détourner les fidèles de prier pour être délivrés du mal.

Votre chapelet, oui. L'interpellation directe du démon, non. Si vous vous croyez tourmenté, ne restez pas seul et ne vous fiez pas aux annonces payantes : parlez-en à un prêtre, par votre paroisse ou votre diocèse. Beaucoup s'appuient aussi sur les anges, et notamment sur le fait de prier le chapelet de saint Michel archange.

Questions fréquentes

Comment faire le chapelet de la libération ?

Un chapelet à cinq dizaines, une seule intention, les mystères du jour. Chaque dizaine se prie de la même manière : un Notre Père, dix Je vous salue Marie, un Gloire au Père. Dans l'usage français, on ouvre par le signe de croix, le Symbole des Apôtres, un Notre Père et trois Je vous salue Marie, et on finit par le Salve Regina.

Existe-t-il une neuvaine du chapelet de la libération ?

Aucune dont le texte soit fixé par l'Église. La plupart des fidèles prient le chapelet neuf jours de suite pour la même intention. C'est légitime, à condition de ne pas en faire un compte à rebours au bout duquel quelque chose serait dû.

Où trouver une image du chapelet de la libération ?

Les images qui circulent viennent des feuillets, et aucune ne fait référence. Prenez plutôt une représentation du mystère médité ce jour-là : c'est ce que le Rosaire demande de contempler.

Les témoignages sur le chapelet de la libération sont-ils fiables ?

Le plus souvent sincères, et ils ne prouvent rien : un témoignage raconte ce qu'une personne a vécu, il n'établit pas une règle. Méfiez-vous de toute page qui en fait une garantie de résultat.

Ce que vous pouvez commencer ce soir

Vous n'avez pas besoin d'attendre le bon feuillet. Prenez votre chapelet, nommez une seule intention, priez les mystères du jour. Si vous tenez neuf jours, notez la date de départ et allez au bout, y compris les soirs sans envie.

Et redites la dernière demande du Notre Père en sachant ce qu'elle porte : « En demandant d'être délivrés du Mauvais, nous prions également pour être libérés de tous les maux, présents, passés et futurs, dont il est l'auteur ou l'instigateur » (Catéchisme, n° 2854). Celle-là n'est sur aucun feuillet.

Prenez l'objet que vous avez déjà ; s'il vous en faut un, nos chapelets sont classés par matière et par taille de grain. Pour une neuvaine tenue jusqu'au bout, y compris les soirs sans envie, les grains du chapelet fluorescent se retrouvent lampe éteinte, et un dizainier permet de dire au moins la dizaine du jour quand l'heure a manqué.