Dévotion

Chapelet de la Miséricorde divine à 15h : texte et pratique

Publié le 12 min de lecture

Sommaire
  1. En bref
  2. Pourquoi 15h, et pas une autre heure
  3. Le déroulé, grain par grain
  4. Prier à 15h quand on n'est pas libre à 15h
  5. Le chapelet de la Miséricorde divine en anglais
  6. Ce que cette prière promet, et ce qu'elle ne promet pas
  7. Questions fréquentes
  8. Demain à 15h, vous saurez quoi dire

En bref

  • On le prie à 15h parce que c'est l'heure à laquelle les évangiles situent la mort du Christ.
  • Il se récite sur un chapelet ordinaire : un signe de croix, un Notre Père, un Je vous salue Marie et le Credo, puis cinq dizaines, puis trois fois l'invocation finale.
  • Comptez sept à dix minutes à voix normale.
  • 15h est un rendez-vous, pas une condition de validité. Sinon, priez plus tard.
  • Aucune prière ne garantit un résultat. Les promesses attachées à cette dévotion supposent la confiance en Dieu et un amour actif du prochain.

Le chapelet de la Miséricorde divine se prie à 15h, l'heure à laquelle les évangiles situent la mort du Christ. Il se dit sur un chapelet ordinaire : un signe de croix, un Notre Père, un Je vous salue Marie et le Credo pour ouvrir, puis cinq dizaines, puis trois fois l'invocation finale. Comptez sept à dix minutes. Le prier à une autre heure reste parfaitement légitime.

Pourquoi 15h, et pas une autre heure

L'heure de la mort du Christ

Les évangiles datent la mort de Jésus. « Quand arriva la sixième heure (c'est-à-dire : midi), l'obscurité se fit sur toute la terre jusqu'à la neuvième heure », puis « Jésus, poussant un grand cri, expira » (Mc 15, 33 et 37, traduction liturgique). Dans le décompte antique, qui part du lever du soleil, la neuvième heure correspond à trois heures de l'après-midi.

C'est tout ce que 15h veut dire. Non pas une heure plus efficace que les autres, mais l'instant précis de la Passion : on se place au pied de la croix au moment où elle a eu lieu.

Sainte Faustine et les quatre formes de cette dévotion

Hélène Kowalska naît le 25 août 1905 à Głogowiec, en Pologne, entre chez les Sœurs de Notre-Dame de la Miséricorde le 1er août 1925 sous le nom de sœur Marie Faustine, et meurt à Cracovie le 5 octobre 1938, à trente-trois ans. Béatifiée le 18 avril 1993 par Jean-Paul II, elle est canonisée par lui le 30 avril 2000. Elle a consigné ce qu'elle recevait dans un cahier, le Petit Journal.

La notice publiée par le Saint-Siège pour sa canonisation énumère quatre formes de culte liées à sa mission : le tableau du Christ portant l'inscription « Jésus, j'ai confiance en Toi ! », la fête de la Miséricorde divine le premier dimanche après Pâques, le chapelet à la Miséricorde divine, et « la prière à l'Heure de la Miséricorde Divine (15 H) ». Le chapelet et l'heure vont donc ensemble depuis l'origine, sans que l'un oblige l'autre. Le détail de cette histoire est dans notre article sur le chapelet de la divine miséricorde de sainte Faustine.

Ce n'est pas le rosaire, même si l'objet est le même

Les deux prières se disent sur le même chapelet, d'où la confusion fréquente sur la différence entre chapelet et rosaire. Le rosaire médite les mystères de la vie du Christ et de Marie ; le chapelet de la Miséricorde divine offre au Père la Passion de son Fils. L'un ne remplace pas l'autre, et beaucoup enchaînent les deux, en particulier le vendredi.

Sachez alors que la répartition des mystères par jour a changé en 2002 : la lettre apostolique Rosarium Virginis Mariae, du 16 octobre 2002, a placé les mystères lumineux le jeudi et déplacé au samedi la seconde méditation hebdomadaire des joyeux. Le vendredi n'a pas bougé : il reste consacré aux mystères douloureux avant comme après 2002, ce qui l'accorde avec l'heure de 15h. Ceux qui suivent encore la répartition antérieure ne se trompent pas, ils suivent l'usage d'avant.

Le déroulé, grain par grain

Il se dit sur un chapelet de cinq dizaines, le même que celui du rosaire. Rien de spécial à se procurer.

Moment Ce que l'on dit Combien de fois
Ouverture Signe de croix 1
Ouverture Notre Père, Je vous salue Marie, Credo 1 chacun
Gros grain (celui du Notre Père) « Père Éternel, je T'offre le corps et le sang… » 1 par dizaine, soit 5
Petits grains (ceux du Je vous salue Marie) « Par Sa douloureuse Passion… » 10 par dizaine, soit 50
Après les cinq dizaines « Saint Dieu, Saint Fort, Saint Immortel… » 3
Pour finir, facultatif « Dieu, Père Miséricordieux… » 1

Les prières d'ouverture

Après le signe de croix, dans cet ordre : le Notre Père, le Je vous salue Marie, puis le Credo. C'est le symbole des Apôtres que l'on dit ici, pas celui de Nicée.

Notre Père, qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses,
comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation
mais délivre-nous du Mal.
Amen

Je vous salue Marie, pleine de grâce ;
Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous pauvres pécheurs,
Maintenant et à l'heure de notre mort.
Amen

Je crois en Dieu, le Père tout-puissant,
Créateur du ciel et de la terre.
Et en Jésus Christ, son Fils unique, notre Seigneur ;
qui a été conçu du Saint Esprit, est né de la Vierge Marie,
a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié,
est mort et a été enseveli, est descendu aux enfers ;
le troisième jour est ressuscité des morts,
est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant,
d'où il viendra juger les vivants et les morts.
Je crois en l'Esprit Saint, à la sainte Église catholique, à la communion des saints,
à la rémission des péchés, à la résurrection de la chair, à la vie éternelle.
Amen

Les trois prières propres au chapelet

Sur chaque gros grain, celui où l'on dirait normalement le Notre Père :

Père Éternel,
je T'offre
le corps et le sang,
l'âme et la divinité
de Ton Fils bien-aimé,
notre Seigneur Jésus-Christ,
en réparation de nos péchés
et de ceux du monde entier.

Sur chacun des dix petits grains, là où l'on dirait le Je vous salue Marie :

Par Sa douloureuse Passion,
sois miséricordieux pour nous et pour le monde entier

À la fin, après les cinq dizaines, trois fois :

Saint Dieu,
Saint Fort,
Saint Immortel,
aie pitié de nous
et du monde entier

La prière de clôture, facultative

Le Saint-Siège la donne comme facultative. Elle allonge le chapelet d'une minute environ, et beaucoup s'arrêtent avant.

Dieu, Père miséricordieux, qui as révélé Ton amour dans ton Fils Jésus-Christ, et l'as répandu sur nous dans l'Esprit Saint Consolateur, nous Te confions aujourd'hui le destin du monde et de chaque homme. Penche-toi sur nos péchés, guéris notre faiblesse, vaincs tout mal, fais que tous les habitants de la terre fassent l'expérience de ta miséricorde, afin qu'en Toi, Dieu Un et Trine, ils trouvent toujours la source de l'espérance. Père éternel, pour la douloureuse Passion et la Résurrection de ton Fils, accorde-nous ta miséricorde, ainsi qu'au monde entier! Amen.

Prier à 15h quand on n'est pas libre à 15h

Ce qui tient en une minute

En réunion, au volant ou devant un client, vous n'allez pas sortir votre chapelet. Il reste l'invocation seule, dite intérieurement : « Jésus miséricordieux, j'ai confiance en toi ». Le décret de la Pénitencerie apostolique du 29 juin 2002 accorde d'ailleurs une indulgence partielle au fidèle qui, « ayant tout au moins le cœur contrit, élève au Seigneur Jésus miséricordieux l'une des pieuses invocations légitimement approuvées ».

Décaler sans culpabiliser

Un chapelet dit à 18h vaut mieux qu'un chapelet non dit à 15h. L'heure est un appui, pas une condition. Beaucoup calent la prière sur ce qui existe déjà dans la journée : la fin de la pause, le trajet du retour. Nous avons traité la question plus largement dans notre article sur quand prier le chapelet.

La répétition des cinquante invocations se tient d'ailleurs mieux à plusieurs ou avec un enregistrement, surtout quand on commence : voir notre article sur le chapelet de la miséricorde divine chanté.

Le chapelet de la Miséricorde divine en anglais

Beaucoup le cherchent en anglais, pour prier avec une communauté ou pour suivre une retransmission. Une précision avant le texte : la page anglaise du Saint-Siège nomme le Our Father, le Hail Mary et l'Apostles' Creed sans les imprimer, exactement comme la page française. Ce qu'elle publie, ce sont les trois formules propres au chapelet et une prière de clôture facultative. Pour les trois prières d'ouverture, prenez la version anglaise que votre communauté utilise.

Sur les gros grains :

Eternal Father, I offer you the Body and Blood, Soul and Divinity of Your dearly Beloved Son,
Our Lord, Jesus Christ, in atonement for our sins and those of the whole world.

Sur les petits grains :

For the sake of His sorrowful Passion, have mercy on us and on the whole world.

Trois fois, à la fin :

Holy God, Holy Mighty One, Holy Immortal One, have mercy on us and on the whole world.

La clôture facultative, enfin. Attention, ce n'est pas la traduction de la clôture française : le Saint-Siège publie deux textes différents selon la langue.

Eternal God, in whom mercy is endless and the treasury of compassion inexhaustible, look kindly upon us and increase Your mercy in us, that in difficult moments we might not despair nor become despondent, but with great confidence submit ourselves to Your holy will, which is Love and Mercy itself.

Ce que cette prière promet, et ce qu'elle ne promet pas

Une condition double, et la seconde est la plus exigeante

Il faut le dire franchement, parce que le contraire circule beaucoup : cette prière n'est pas un mécanisme, et on ne déclenche rien en récitant les bons mots à la bonne heure.

La notice du Saint-Siège sur sainte Faustine est précise : « le Seigneur Jésus liait à ces formes du culte, ainsi qu'à la propagation de la dévotion à la Miséricorde, de grandes promesses à condition de se fier à Dieu et de pratiquer un amour actif envers le prochain ». La condition est double, et la seconde est la plus exigeante : on ne prie pas la Miséricorde à 15h pour continuer à être dur avec les siens à 15h05.

Si vous êtes arrivé ici en cherchant une prière qui marche, pour un proche malade ou une situation bloquée, vous n'avez rien à vous reprocher : c'est le point de départ de beaucoup de vies de prière. Simplement, ce que vous tenez entre les mains n'est pas un levier. Le texte est une intercession : on demande la miséricorde « pour nous et pour le monde entier », et rien n'empêche de porter dans ce « nous » une personne précise, un malade, un mourant. Ce que l'on ne peut pas faire, c'est promettre une issue. On confie, on ne conclut pas.

L'indulgence du dimanche de la Divine Miséricorde

Elle n'est pas attachée au chapelet. Le décret de la Pénitencerie apostolique du 29 juin 2002 accorde une indulgence plénière le deuxième dimanche de Pâques, dit dimanche de la Divine Miséricorde, et il pose quatre exigences, pas trois.

Les trois conditions habituelles d'abord : confession sacramentelle, communion eucharistique, prière selon l'intention du Souverain Pontife. Puis une quatrième, que les résumés sautent presque toujours. Le décret demande que le fidèle soit, ce jour-là, « dans chaque église ou chapelle, l'âme totalement détachée de tout péché, même véniel ». Ce n'est pas propre à ce texte : la norme 20 § 1 de l'Enchiridion Indulgentiarum place cette exclusion de tout attachement au péché, même véniel, avant les trois conditions, pour toute indulgence plénière. Sans elle, l'indulgence n'est que partielle.

Le geste demandé, sur place, c'est de participer à des pratiques de piété accomplies en l'honneur de la Divine Miséricorde, ou au moins de réciter le Notre Père et le Credo en présence du Saint-Sacrement, exposé ou conservé au tabernacle, en y ajoutant une pieuse invocation au Seigneur Jésus miséricordieux. L'indulgence partielle, elle, vaut toute l'année pour cette invocation dite d'un cœur contrit, comme on l'a vu plus haut. Les listes de promesses chiffrées que l'on trouve en ligne ne viennent pas de ce décret.

Questions fréquentes

Faut-il vraiment le prier à 15h ?

Non, aucune règle de l'Église ne l'impose. 15h est l'heure liée à la dévotion depuis l'origine, et le Saint-Siège la mentionne comme telle. Mais un chapelet dit à un autre moment n'est ni diminué ni invalide.

Quel chapelet faut-il pour le prier ?

Un chapelet ordinaire de cinq dizaines, celui du rosaire : une croix, quelques grains d'entrée, puis cinq groupes de dix grains séparés par un gros grain. Seules les paroles changent. Un dizainier convient aussi, en faisant cinq tours.

C'est donc le même objet que pour le rosaire : si vous n'en avez pas encore, nos chapelets de cinq dizaines conviennent tous à cette prière. Le chapelet blanc nacre, par exemple, ferme chaque dizaine par un grain à peau grenue : la main sait où elle en est pendant qu'on lit le texte.

Demain à 15h, vous saurez quoi dire

Vous avez le texte, le déroulé et la durée. Reste le plus difficile : s'arrêter. Mettez une alarme à 15h pendant une semaine, et prenez le chapelet même les jours sans envie, quitte à n'en dire qu'une dizaine. C'est la régularité qui installe une prière.

Pour l'ensemble de cette dévotion, voir notre page de fond sur le chapelet de la divine miséricorde.