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Le dizainier scout : d'où il vient, comment il se porte, comment on en refait un

Le dizainier scout remonte au Père Doncoeur et aux Scouts de France. Son origine, sa place sur l'uniforme, sa fabrication, et ce que son statut ecclésial a d'établi.

Mis à jour le 8 min de lecture

Sommaire
  1. D'où il vient
  2. Une demande à Rome en 1939, et une réponse que nous n'avons pas trouvée
  3. Comment il se porte
  4. Ce qui n'est écrit dans aucun règlement que nous ayons lu
  5. Ses formes
  6. En fabriquer un
  7. Ce que nous n'avons pas pu établir

Un dizainier scout est un dizainier : dix grains et une croix, une seule dizaine.

Ce qui lui est propre tient à son histoire, à sa place sur l'uniforme, et au fait qu'on le fabrique souvent soi-même.

La structure et l'usage de l'objet sont détaillés dans notre page sur le dizainier.

Une précision qui vaut ici aussi : Scoutopedia, qui décrit l'objet, donne le Notre Père sur la croix comme un usage et non comme une règle.

Les dix « Je vous salue Marie » « peuvent être précédées d'un Notre Père, correspondant à la croix ». Cette page traite du reste.

D'où il vient

Scoutopedia fait remonter l'objet moderne aux Scouts de France : « Le dizainier est un objet de prière chrétien, remis à l'honneur au début du XXe siècle par le Père Doncoeur et les Scouts de France. » Elle date une fabrication : « En 1927, à l'instigation du père Doncoeur, un de ses cadets élève ingénieur fabrique des anneaux dizainiers scouts. »

Paul Doncœur est un jésuite, né à Nantes le 6 septembre 1880 et mort à Troussures le 21 avril 1961.

Wikipédia le donne aumônier des clans d'Île-de-France à partir de 1924, puis aumônier national de la route des Scouts de France à partir de 1940.

La date de 1927 tombe donc dans la période où il était déjà aumônier de clans.

Nous n'avons pas trouvé de source primaire pour la fabrication de 1927.

Nous reprenons la date avec son attribution, pas comme un fait établi.

Une demande à Rome en 1939, et une réponse que nous n'avons pas trouvée

La même page écrit : « Le cardinal Verdier en 1939, sur l'initiative des pères Doncoeur et Forestier, introduit à Rome une demande pour que les indulgences du rosaire soient étendues au dizainier. »

Jean Verdier a été archevêque de Paris à partir du 18 novembre 1929, cardinal le 16 décembre suivant, jusqu'à sa mort le 9 avril 1940.

Une démarche de sa part en 1939 est chronologiquement possible.

Ce qui n'est pas établi, et que nous n'écrivons donc pas : que Rome ait répondu, ni ce qu'elle aurait répondu. Une demande introduite n'est pas une concession obtenue.

Le régime des indulgences a changé depuis, et nous avons lu le texte en vigueur.

C'est le Manuel des indulgences (Enchiridion indulgentiarum, 4e édition, donnée à Rome le 16 juillet 1999, Pénitencerie apostolique).

Il ne connaît que deux indulgences, la partielle et la plénière (norme 2), et ne compte plus en jours comme les catalogues anciens : la partielle remet une peine « de la même valeur » que celle que l'acte lui-même obtient déjà (norme 4).

Voici ce qu'on y lit, dans nos traductions, le texte étant en latin.

  • Le dizainier n'y est pas nommé. La norme 15 énumère les objets de piété auxquels une indulgence peut être attachée : « crucifix ou croix, chapelet, scapulaire, médaille », le latin disant corona pour le chapelet.
  • Cinq dizaines d'affilée. La concession 17 § 1 attache l'indulgence plénière à la récitation du Rosaire marial dans les conditions de lieu et de compagnie qu'elle énumère. Elle définit le Rosaire comme quinze dizaines, puis précise que « la récitation du tiers seulement suffit, mais les cinq dizaines doivent être récitées d'affilée ».
  • La part accomplie compte. Le préambule des « Autres concessions », au numéro 6, pose que si une œuvre enrichie d'une indulgence plénière se divise en parties, « par exemple le Rosaire marial en dizaines », celui qui, pour une cause raisonnable, ne l'accomplit pas en entier obtient une indulgence partielle pour la part qu'il accomplit.

Ce que ce texte de 1999 ne dit pas, c'est ce que la demande de 1939 est devenue.

Son silence sur le mot « dizainier » ne vaut pas réponse à cette demande.

Comment il se porte

Scoutopedia décrit deux places sur l'uniforme : « soit accroché à leur ceinturon, soit enfilé sur leur foulard, au-dessus de la bague de foulard ».

Les deux se comprennent en regardant l'uniforme.

Chez les Guides et Scouts d'Europe, le ceinturon est commun à toutes les branches, « fermé par une boucle spéciale, avec la croix du mouvement ».

Et la bague de foulard des éclaireurs et des éclaireuses est un « lien de cuir formant un nœud de tête de turc à trois torons » : un anneau de dizainier passe au-dessus sans glisser.

Une troisième place a existé, et elle était cousue.

La même page ajoute qu'« il existait aussi des culottes réglementaires avec un porte-dizainier intégré », en renvoyant à l'uniforme de l'éclaireur des Scouts de France en 1948.

Cette page de renvoi le confirme : la culotte de l'éclaireur y est décrite comme « réglementaire bleu-marine, drap cuir, 6 passants tronconiques, fourreau pour patte de ceinturon, porte-dizainier, poches devant en biais (1 bouton), 2 poches revolver plaquées avec rabats et boutons ».

Ce qui n'est écrit dans aucun règlement que nous ayons lu

Voici le point que nous tenons à poser.

Le dizainier n'apparaît pas dans la description de l'uniforme des Guides et Scouts d'Europe telle que Scoutopedia la publie. Nous avons lu cette page le 5 août 2026 : le couvre-chef, la chemise ou le chemisier, le pull, le foulard, la bague de foulard, le ceinturon, les insignes, les brevets et les badges y sont détaillés branche par branche, pour les louvettes, les louveteaux, les éclaireuses, les éclaireurs, les guides-aînées et les routiers.

Le mot « dizainier » n'y apparaît pas une seule fois, ni le mot « chapelet ».

La formule de Scoutopedia est d'ailleurs prudente : le dizainier « est utilisé et porté par de nombreux scouts catholiques ».

C'est un usage répandu, pas une pièce d'uniforme prescrite, en tout cas pas dans les textes que nous avons pu lire.

Nous n'avons pas lu les textes propres des mouvements, ni le Directoire religieux de l'Union internationale des guides et scouts d'Europe, ni les manuels de branche.

Ils pourraient mentionner le dizainier là où la page d'uniforme ne le fait pas.

Ses formes

Scoutopedia en décrit deux : « soit d'une seule pièce métallique entourée de 10 grains ou créneaux, soit d'un petit collier de 10 perles, souvent en bois ».

Elle ajoute que « des dizainiers métalliques sont fabriqués avec une croix potencée ou une croix pattée à l'intention des scouts ».

En fabriquer un

La fabrication est documentée comme une activité de mouvement, et Scoutopedia commence par cadrer l'intention : « Fabriquer un dizainier ne se fait pas "juste" pour l'activité en elle-même.

Elle entre dans le cadre d'une démarche spirituelle et de prière dans laquelle les chefs souhaitent impliquer les jeunes. »

Le matériel tient en une phrase : « Prendre du fil (de pêche : pour qu'il ne se voie pas et soit solide) ou une ficelle, dix perles (en bois, ou selon les goûts des jeunes), et une croix. »

Deux prolongements sont proposés sur la même page.

Une visite chez des religieux, qui expliquent pourquoi ils portent un dizainier ou un chapelet sur eux.

Et une réflexion : « il peut être proposé aux jeunes de relier chaque perle à une personne ; lors de la prière ils pourront ainsi penser à dix personnes croisées dans la journée ».

Scoutopedia référence enfin cette activité dans plusieurs badges d'habileté manuelle, de bricolage et d'artisanat, en France comme à l'étranger.

C'est aussi la réponse au dizainier cassé.

Un objet porté au ceinturon sous la pluie, au fond d'un sac, dans la poche d'un short, se perd, et un fil finit par céder. On en refait un.

Dix perles, un fil, une croix.

Un dizainier béni qui casse pose une autre question, et le Manuel des indulgences y répond sur un point.

Sa norme 16 § 2 pose que « l'indulgence attachée à l'usage d'un objet de piété cesse seulement lorsque cet objet cesse entièrement d'exister ou qu'il est vendu ».

Un objet abîmé qui existe toujours n'a donc rien perdu de ce côté.

Ce que le texte ne dit pas, c'est comment se défaire d'un objet béni devenu inutilisable : c'est le Code de droit canonique qui pose la règle de traitement, et l'usage qui donne le reste.

Le détail est dans un chapelet cassé, que faire.

Ce que nous n'avons pas pu établir

  • La fabrication de 1927 : aucune source primaire, seule Scoutopedia l'affirme.
  • La réponse de Rome à la demande d'extension des indulgences de 1939.
  • Le statut propre du dizainier dans le régime actuel des indulgences. Le Manuel des indulgences de 1999 nomme le chapelet parmi les objets de piété. Il ne nomme pas le dizainier.
  • Les textes propres des mouvements n'ont pas été lus. Le site officiel des Guides et Scouts d'Europe nous a refusé l'accès les 4 et 5 août 2026, toutes nos sources scoutes sont donc collaboratives.

Nous écrivons le nombre de grains et leur disposition partout où nous décrivons un chapelet ou un dizainier.

Nos rayons : dizainiers et chapelets. Les autres pages de documentation sont sur le blog.

En trois questions

Chapelet ou dizainier ?

Trois questions sur votre façon de prier, et le rayon qui vous correspond.

  1. Où priez-vous le plus souvent ?

  2. Combien de temps avez-vous, d’habitude ?

  3. Qu’attendez-vous de l’objet ?

Ce qu’il vous faut

Un chapelet de cinq dizaines

Les cinquante-neuf grains comptent à votre place : la main sait toujours où elle en est, et les cinq dizaines se suivent sans y penser. C’est l’objet fait pour une prière posée, d’une traite.

Comptez vingt minutes pour les prières seules, davantage avec l’annonce des mystères.

Voir les chapelets

Ce qu’il vous faut

Un dizainier

Dix grains et une croix, dans une poche. Une dizaine se dit en trois minutes et demie, et cinq passages font le chapelet entier : c’est l’objet de ceux qui prient par morceaux, là où ils sont.

Il ne se voit pas, et il ne casse pas au fond d’un sac.

Voir les dizainiers

Ce qu’il vous faut

Les deux, et ce n’est pas un compromis

Vos réponses ne penchent d’aucun côté, et c’est l’usage le plus répandu : le chapelet reste à la maison pour le temps qu’on lui donne, le dizainier suit dans la poche pour celui qu’on prend en route.

Si vous devez commencer par un seul, prenez le dizainier : il ne vous empêchera jamais de dire les cinq dizaines.

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Nos sources

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