dévotion

Le chapelet du Sacré-Coeur : 33 grains, et une disposition qui varie selon les modèles

33 petits grains pour les 33 années de la vie terrestre du Christ : c'est le seul fait commun à tous les modèles. Au-delà, cinq ou six gros grains selon les sources, et le texte auquel Pie VII a attaché une indulgence ne décrit aucun objet.

Mis à jour le 7 min de lecture

Fiche du chapelet

Nombre d'éléments
33 petits grains, cinq ou six gros selon les modeles.
Disposition
Forme des marchands, 6 gros grains et les 33 petits en 1 groupe de 3 puis 5 groupes de 6 ; forme dite la plus ancienne, 5 gros grains et les 33 petits entremeles ; couronne apostolique, 5 gros grains et 3 groupes de 11.
Sur chaque grain
Forme à six gros grains : « O doux Cœur de Jésus, faites que je vous aime de plus en plus » sur les gros grains, « Doux Cœur de Jésus, soyez mon amour » sur les petits. Forme dite la plus ancienne : le Magnificat sur la croix, le Notre Père sur les cinq gros grains.
Origine
Aucune date de composition n'est établie sur source d'Église : Traditions Monastiques situe le chapelet à la fin du dix-septième ou au début du dix-huitième siècle, par déduction et non par un acte.
Statut ecclésial
L'indulgence de Pie VII, en 1815, portait sur un texte de prières qui ne décrit aucun objet, pas sur le chapelet à 33 grains, et ces indulgences en jours n'existent plus depuis 1967. Aucune apparition publique reconnue n'est en jeu, la dévotion repose sur des révélations privées, et aucun imprimatur n'a été identifie pour le chapelet lui-même.
Objet requis
Un objet portant 33 petits grains groupes, qu'un chapelet ordinaire de 59 grains en 5 dizaines ne porte pas ; le texte indulgencie de la Raccolta, lui, ne suppose aucun objet.
Sommaire
  1. Ce qui varie d'un modèle à l'autre
  2. Ce qui se dit sur les grains
  3. Le chapelet indulgencié n'est pas l'objet à 33 grains
  4. L'origine, et le statut ecclésial
  5. Quel objet il faut
  6. Ce que cette page ne dit pas

Un seul fait est commun à tous les modèles : 33 petits grains, pour les 33 années de la vie terrestre du Christ.

Leur groupement, lui, change d'un modèle à l'autre.

Le nombre de gros grains change aussi. Et le chapelet auquel une indulgence pontificale a été attachée n'est pas l'objet à 33 grains.

Cette page dit ce qui est établi, et s'arrête là où les sources s'arrêtent.

Ce qui varie d'un modèle à l'autre

Forme décrite Gros grains Répartition des 33 petits grains Pièces
Forme décrite par les marchands et les sites de dévotion consultés 6 1 groupe de 3, puis 5 groupes de 6 Crucifix, un centre, une ou deux médailles selon les fiches
Forme dite la plus ancienne, selon Traditions Monastiques 5 33 petits grains entremêlés aux gros Une croix
« Couronne apostolique », dix-neuvième siècle, rattachée à un couvent de la Visitation du Mans 5 : 2 gros grains initiaux, puis 1 par groupe 3 groupes de 11 Une médaille

Cette page ne tranche pas entre cinq et six gros grains, ni entre la répartition en 3 plus cinq fois 6 et celle en trois fois 11.

Aucune source d'Église ne fixe la disposition de cet objet.

Deux des sources se contredisent d'ailleurs elles-mêmes, ce qui invite à recompter plutôt qu'à recopier :

  • seigneurjesus.free.fr décrit un groupe de 3 puis cinq groupes de 6, puis parle de « chaque dizaine d'invocations (3 au total) » ;
  • Traditions Monastiques décrit « trois dizaines formées d'un gros grain et de onze plus petits », soit trente-trois petits grains, puis fait réciter l'oraison « sur les trente et un petits grains ».

Ce qui se dit sur les grains

Deux traditions, attribuées plutôt que fondues.

Forme à six gros grains. Sur le crucifix, l'Anima Christi (« Âme du Christ, sanctifie-moi »).

Sur les gros grains : « Ô doux Cœur de Jésus, faites que je vous aime de plus en plus ».

Sur les petits grains : « Doux Cœur de Jésus, soyez mon amour ». En fin de groupe : « Doux Cœur de Marie, soyez mon salut ».

Forme dite la plus ancienne. Sur la croix, le Magnificat. Sur les cinq gros grains, le Notre Père.

Sur les 33 petits : « Ô Amour qui brûlez toujours, sans vous éteindre jamais, Charité, mon Dieu, embrasez-moi ».

Le chapelet indulgencié n'est pas l'objet à 33 grains

C'est le point qui compte pour savoir quel objet acheter, et il demande de lire la source elle-même.

La Raccolta, recueil des prières indulgenciées, porte à sa section sur le Sacré-Cœur un numéro 67 intitulé « Little Chaplet and Prayers ».

Ce texte est fait de cinq méditations, chacune suivie d'un Notre Père et de cinq Gloria Patri, avec l'aspiration « Sweet Heart of my Jésus, make me love Thee ever more and more », soit « Doux Cœur de mon Jésus, faites que je vous aime de plus en plus ».

La Raccolta ne décrit aucun objet. Elle parle de « the following little Chaplet, or rather prayers », et ne donne ni nombre de grains, ni disposition.

Le mot chapelet y désigne une suite de prières.

Ce sont les reprises qui ajoutent l'objet.

Virgo Sacrata, qui publie le même texte, y intercale des rubriques supposant un chapelet ordinaire : « On the beads on the outside, say: An Our Father, three Hail Marys, and a Glory Be », puis « (On the large beads of each decade) ».

Ces rubriques sont de Virgo Sacrata, elles ne figurent pas dans la Raccolta.

Ce qui a été accordé, et quand.

Selon la Raccolta, Pie VII a attaché à ces prières, par un décret de la Sacrée Congrégation des Indulgences du 20 mars 1815 et un rescrit du 26 septembre 1817, une indulgence de 300 jours une fois par jour, et une indulgence plénière une fois par mois pour qui les récitait chaque jour pendant un mois, avec confession, communion et prière aux intentions du Souverain Pontife.

Trois réserves.

  1. La date et la nature de l'acte divergent. 20 mars 1815 selon la Raccolta et selon Virgo Sacrata, 5 mars 1815 selon Traditions Monastiques. Décret de la Sacrée Congrégation des Indulgences pour la Raccolta, rescrit pour Virgo Sacrata, à la même date. Et seule la Raccolta mentionne le second acte, celui de 1817.
  2. Le texte indulgencié n'est pas l'objet à 33 grains. Attacher cette indulgence au chapelet vendu aujourd'hui est un raccourci que la source ne permet pas.
  3. Ces indulgences en jours n'existent plus. La constitution apostolique Indulgentiarum doctrina de Paul VI, du 1er janvier 1967, dispose à sa norme 4 qu'une indulgence partielle se désigne désormais par ces seuls mots, sans détermination de jours ni d'années. Écrire « 300 jours d'indulgence » au présent est une erreur de fait. Au passé et daté, c'est un fait historique.

L'origine, et le statut ecclésial

La dévotion au Sacré-Cœur se diffuse à partir des révélations privées faites à sainte Marguerite-Marie Alacoque (1647-1690), au monastère de la Visitation de Paray-le-Monial.

Ces dates sont celles que donne Traditions Monastiques ; elles n'ont pas été revues sur source primaire dans ce travail.

Le chapelet lui-même, c'est autre chose. Aucune date de composition n'est établie sur source d'Église. Traditions Monastiques le situe « à la fin du XVIIe s. ou début XVIIIe s. », et la déduction est explicite dans le texte : l'indulgence de Pie VII permet d'écrire « ainsi nous pouvons conclure qu'il date au moins du XVIIIe s. ».

Ce n'est pas un acte, il n'y a ni auteur nommé, ni lieu.

La couronne apostolique est datée du dix-neuvième siècle et rattachée à un couvent de la Visitation du Mans, par la même source et avec la même absence de preuve.

Le statut, en une ligne : aucune apparition publique reconnue en jeu, la dévotion reposant sur des révélations privées, aucun imprimatur ni approbation diocésaine identifiés pour le chapelet, et une indulgence pontificale historique de Pie VII qui portait sur un texte de prières et non sur l'objet à 33 grains.

Le lien entre les révélations de Paray-le-Monial et la naissance de cet objet n'apparaît dans aucune source lue.

Il est plausible, il n'est pas documenté.

La boutique de la Garde d'honneur du Sacré-Cœur, tenue au monastère de la Visitation de Paray-le-Monial, ne permet pas de le vérifier : elle ne vend qu'au magasin sur place et ne publie pas de catalogue détaillé en ligne.

Quel objet il faut

Pour suivre la prière sur les grains, il vous faut un objet portant 33 petits grains groupés.

Un chapelet ordinaire ne l'a pas : il compte 59 grains en 5 dizaines, le compte ne tombe pas.

Le texte indulgencié de la Raccolta, lui, ne suppose aucun objet particulier : il est donné comme une suite de prières.

Rien n'oblige à posséder un objet : faut-il un chapelet pour prier. La bénédiction se demande à un prêtre et elle est gratuite : faire bénir un chapelet. Nous ne proposons pas de chapelet du Sacré-Cœur à ce jour. Voir les chapelets et les dizainiers.

Le reste de la documentation est sur le blog.

Ce que cette page ne dit pas

  • Un total de grains, tout compris. Les 33 petits grains sont établis, le nombre de gros grains ne l'est pas.
  • La forme dite « de Paray-le-Monial », à 33 grains et cinq marques. Une seule fiche marchande la mentionne, elle n'a pas pu être lue, et le monastère ne la confirme pas.
  • La date de composition du chapelet.
  • Le lien entre les révélations de Paray-le-Monial et la naissance de cet objet.
  • Les dates d'institution de la fête du Sacré-Cœur. Deux années circulent couramment, elles n'ont pas été vérifiées ici.

L’objet

Ce que cette dévotion demande comme objet

33 petits grains, cinq ou six gros selon les modeles.

Forme des marchands, 6 gros grains et les 33 petits en 1 groupe de 3 puis 5 groupes de 6 ; forme dite la plus ancienne, 5 gros grains et les 33 petits entremeles ; couronne apostolique, 5 gros grains et 3 groupes de 11.

Ce qu’il vous faut

Un objet portant 33 petits grains groupes, qu'un chapelet ordinaire de 59 grains en 5 dizaines ne porte pas ; le texte indulgencie de la Raccolta, lui, ne suppose aucun objet.

Voir les chapelets

Nos sources

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